Dimanche, 12 juillet 2026
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La gloire de mon père

La gloire de mon père

1990 France
Synopsis

Marcel Pagnol se souvient de son enfance à Marseille au début du XXe siècle. Fils de l'instituteur Joseph, il voue une admiration sans borne à son père laïc et républicain. Ses plus beaux souvenirs sont les vacances d'été dans les collines du Garlaban. Avec son père, son oncle Jules et son ami Lili, il découvre la nature, la chasse et l'amitié. L'épisode de la chasse aux bartavelles, où son père abat deux perdrix d'un coup de fusil, devient pour lui un moment de gloire absolue.

Genèse du film

Le film est l'adaptation du premier tome des 'Souvenirs d'enfance' de Marcel Pagnol, publié en 1957. Yves Robert, réalisateur de La Guerre des boutons, rêvait depuis 20 ans d'adapter Pagnol. L'idée a mis du temps à se concrétiser car les ayants droit de Pagnol étaient méfiants. L'inspiration de Robert était de faire un film lumineux sur l'enfance, à l'opposé du cinéma sombre des années 80. Il voulait retrouver l'esprit du livre : la tendresse, l'humour et la nostalgie d'un monde disparu. Le film est donc tiré d'une histoire vraie, celle de l'enfance de Pagnol.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : Triomphe critique unanime. La presse salue l'adaptation fidèle et respectueuse, la lumière de Robert Alazraki et la justesse des acteurs. Le film est qualifié de 'chef-d'œuvre de tendresse' et de 'madeleine de Proust'. On loue la capacité de Yves Robert à filmer l'enfance sans mièvrerie. Quelques rares critiques trouvent le film trop académique et nostalgique. Mais il fait l'unanimité et réconcilie critique et public. Il est considéré comme la meilleure adaptation de Pagnol. Réception du public : Énorme succès avec 6,2 millions d'entrées en France. Le public, toutes générations confondues, est bouleversé par ce retour en enfance. Les familles se ruent au cinéma. Le film devient un phénomène de société et relance les ventes des livres de Pagnol. Il est depuis diffusé chaque été à la télévision et vu comme le film du patrimoine français par excellence. Il a marqué toute une génération. Récompenses obtenues : Le film est nommé 4 fois aux César 1991 : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleure actrice dans un second rôle pour Nathalie Roussel et Meilleure musique. Il ne gagne rien, ce qui créa une polémique. Il remporte le Prix du Public au Festival de Moscou. Sa plus grande récompense est son inscription dans le cœur des Français. Il a reçu le 7 d'Or du Meilleur film.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Yves Robert s'est inspiré des films de Jean Renoir pour la lumière et l'humanisme. Il a voulu filmer la Provence comme un paradis perdu. Il a travaillé avec le fils de Pagnol pour être au plus près des souvenirs. Il a refusé tout effet de style pour laisser parler la nature et les acteurs. Son inspiration était de faire un film que Pagnol lui-même aurait aimé. Difficultés de production : Trouver les décors a été très dur car la Provence de 1990 n'était plus celle de 1900. Il a fallu masquer les poteaux électriques et les routes. Le tournage avec des enfants et des animaux, notamment les chèvres, a été chaotique. La scène de la chasse a nécessité des semaines de préparation pour être crédible. Le plus dur a été de trouver le petit Marcel, le casting a duré 6 mois. Anecdote sur une scène particulière : La scène où le père tue les deux bartavelles a été tournée sans trucage. Un vrai chasseur a tiré et il a fallu 17 prises pour avoir le bon plan. La joie de Philippe Caubère est réelle. Pour la scène du pipi au lit, le petit Julien Ciamaca était vraiment mort de honte. La voix off est celle de Jean-Pierre Darras, qui est mort avant la sortie du film. Casting initialement prévu : Yves Robert voulait Philippe Noiret pour le père, mais il a choisi Philippe Caubère pour son côté solaire. Pour la mère, Sophie Marceau a été envisagée mais jugée trop jeune. Le petit Marcel, Julien Ciamaca, a été trouvé dans une école de Marseille et n'avait jamais joué. L'oncle Jules devait être joué par Michel Galabru avant que Didier Pain ne soit choisi.

Thèmes abordés

Le film est une ode à l'enfance, à l'innocence et à la découverte du monde. Il traite de l'admiration d'un fils pour son père, figure héroïque et parfaite. Il parle de la famille, de l'amour et de la transmission. La nature provençale est un personnage à part entière, lieu de tous les apprentissages. Le film aborde aussi la laïcité et l'école de la République à travers le père instituteur. C'est une réflexion sur la mémoire et la façon dont les souvenirs d'enfance construisent un homme. La gloire n'est pas celle des batailles mais celle des petits moments familiaux.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Le film se termine sur le retour à Marseille à la fin de l'été. Le petit Marcel est triste de quitter les collines mais il est heureux car il a vécu les plus belles vacances de sa vie. La voix off de Pagnol adulte conclut que c'est à ce moment qu'il a décidé qu'il serait heureux. La fin n'est pas une fin, car elle annonce Le Château de ma mère. Elle signifie que l'enfance est un âge d'or dont les souvenirs nous nourrissent toute la vie. La 'gloire' du père n'est pas d'avoir tué deux oiseaux, mais d'avoir offert ce bonheur à son fils.

Signification du titre

'La gloire de mon père' fait référence à l'épisode de la chasse où Joseph Pagnol, instituteur de la ville moqué par son beau-frère pour sa maladresse, abat deux bartavelles royales d'un coup de fusil. Pour le petit Marcel, son père devient un héros, un dieu. Le titre est ironique et tendre : la 'gloire' est celle, modeste et familiale, d'un homme ordinaire aux yeux de son fils. C'est la gloire de l'amour filial.

Bande Originale

La musique de Vladimir Cosma est devenue aussi célèbre que le film. Le thème principal à la flûte de pan et à la mandoline est immédiatement associé à la Provence et à l'enfance. La BO est lumineuse, nostalgique et d'une simplicité bouleversante. Elle est jouée dans toutes les écoles de musique de France. Cosma a su traduire en musique la lumière du Sud et la tendresse du récit. C'est l'une des plus belles BO du cinéma français.

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