Lise est une adolescente de dix-sept ans sans histoire apparente, accusée du meurtre sauvage de sa meilleure amie survenu deux ans plus tôt. Le film se déroule presque intégralement au tribunal durant son procès d'assises, où sa vie intime est passée au crible. Ses parents, aimants mais déstabilisés, assistent impuissants aux révélations troublantes sur la vie secrète de leur fille. Face aux magistrats, la personnalité complexe et le mutisme de Lise sèment le doute dans les esprits. La justice doit trancher entre culpabilité évidente et mystère adolescent insondable.
L'idée originale s'inspire en partie d'un fait divers argentin et d'un film ibérique, mais le réalisateur a choisi d'ancrer le récit en France. Le cinéaste Stéphane Demoustier a trouvé l'inspiration en assistant à de véritables procès d'assises pour observer la théâtralité de la justice. L'idée originelle était d'analyser la fracture générationnelle à travers le regard de parents projetés dans l'intimité numérique de leur enfant. Il a construit son intrigue comme une autopsie de la cellule familiale face à l'incompréhension.
La presse a encensé ce drame judiciaire rigoureux, saluant le brio de la mise en scène clinique et captivante de Stéphane Demoustier. Les critiques ont particulièrement loué la révélation Melissa Guers, ainsi que la sobriété impeccable de Roschdy Zem et Chiara Mastroianni. Le public a répondu présent, fasciné par le suspense psychologique maintenant une ambiguïté constante jusqu'au verdict final. Les spectateurs ont discuté du film bien après la séance, s'interrogeant sur les secrets de la jeunesse actuelle. L'œuvre a remporté le César du meilleur scénario adapté et a connu un succès d'estime remarquable à l'international.
Le réalisateur s'est inspiré du style épuré du cinéaste Robert Bresson pour diriger la jeune Melissa Guers afin d'éviter tout mélodrame excessif. La production a loué un véritable tribunal en activité le temps des week-ends pour garantir un réalisme total des espaces judiciaires. Pour la longue scène de l'interrogatoire sur les mœurs de l'héroïne, l'actrice a volontairement gardé un visage impassible pour déstabiliser ses partenaires. Le casting initialement prévu comprenait des comédiens plus exubérants avant que le choix ne se porte sur ce trio minimaliste.
Le long-métrage traite du mystère de l'adolescence, de la virtualité des relations modernes et de l'incapacité des parents à connaître réellement leurs enfants. Il interroge la morale bourgeoise face aux réalités sexuelles contemporaines et la mécanique froide de l'institution judiciaire.
La fin montre Lise acquittée par la cour, sortant du tribunal libre mais marquée à jamais par le soupçon et l'exposition publique. L'ambiguïté demeure totale sur sa culpabilité réelle, rappelant que la vérité judiciaire n'est pas toujours synonyme de vérité absolue.
Le titre évoque un accessoire banal, le bracelet électronique que l'héroïne porte à la cheville, symbole de sa privation de liberté et stigmate de sa culpabilité présumée aux yeux de tous.
Le film est cité en exemple dans les écoles de droit pour illustrer le fonctionnement des cours d'assises et les dérives de l'intime au tribunal.
Anatomie d'une chute de Justine Triet, La Vérité de Henri-Georges Clouzot, Le Pull-over rouge de Michel Drach.