Valentin D. est un designer d'architecture parisien très en vogue, snob et branché, qui mène une vie luxueuse aux côtés de sa compagne et associée Constance. Par pure honte de ses origines populaires et prolétaires, Valentin ment effrontément à son entourage huppé en affirmant être un enfant trouvé orphelin originaire du monde entier. Son mensonge s'effondre brutalement le jour où sa mère authentique, son frère et sa belle-sœur débarquent sans prévenir au vernissage de sa grande rétrospective au Palais de Tokyo. Pour couronner le tout, Valentin est victime d'un accident de voiture qui lui fait perdre la mémoire immédiate, le ramenant trente ans en arrière à l'époque où il parlait un ch'ti patois incompréhensible.
Cette comédie populaire française n'est pas l'adaptation d'un livre ou d'une pièce de théâtre, mais s'inspire en grande partie du vécu personnel et de la carrière de son auteur-réalisateur Dany Boon. L'idée originelle est née du désir du cinéaste de célébrer le dixième anniversaire du triomphe historique de son film culte "Bienvenue chez les Ch'tis" sorti en 2008. L'inspiration est venue d'une réflexion intime sur le syndrome de l'imposteur social et sur la manière dont les artistes issus de milieux modestes effacent parfois leurs racines régionales pour s'intégrer dans la bourgeoisie intellectuelle parisienne. Dany Boon a voulu utiliser le rire pour raconter sa propre trajectoire d'enfant du Nord débarquant dans le milieu artistique huppé de la capitale. Le processus d'écriture a consisté à imaginer une satire féroce du monde de l'art contemporain et du design minimaliste face au bon sens et à la chaleur humaine du terroir nordiste. Le script a été conçu pour offrir une réunion de famille d'acteurs complices fidèles à son univers affectif.
Résumé des critiques professionnelles : Lors de sa sortie nationale au début de l'année 2018, la presse cinématographique française s'est montrée divisée, accueillant le long-métrage comme une comédie populaire traditionnelle efficace mais conventionnelle. Les journalistes ont salué la tendresse de l'écriture, l'hommage vibrant rendu à la langue ch'ti et la performance éblouissante de Line Renaud en mère courage. La satire amusante du milieu snob des architectes parisiens a suscité de bons retours critiques. Quelques médias d'auteur ont néanmoins déploré des ficelles comiques un peu trop grosses et un dénouement mélodramatique attendu.
Réception du public : Le public a répondu présent de manière massive et enthousiaste dans les salles de cinéma, confirmant la popularité intacte de Dany Boon auprès des spectateurs français. Les spectateurs ont beaucoup ri des quiproquos linguistiques causés par l'amnésie du héros et ont été touchés par la sincérité des valeurs familiales mises en avant par le récit. Les projections dans la région des Hauts-de-France ont donné lieu à de véritables rassemblements festifs très chaleureux. Le long-métrage a terminé sa belle carrière au box-office national avec près de six millions d'entrées vendues.
Récompenses obtenues : S'agissant d'un divertissement grand public destiné à la comédie de masse, le film n'a pas concouru pour les prix artistiques majeurs au sein des festivals internationaux d'art et d'essai. Il a néanmoins reçu le prix du public ou des distinctions de comédie populaire lors de cérémonies nationales dédiées au cinéma grand public français. Sa véritable consécration demeure son immense succès populaire auprès des spectateurs des salles obscures et son impact commercial lors de ses futures diffusions sur le petit écran.
Inspirations du réalisateur : Dany Boon s'est inspiré du design minimaliste des créateurs contemporains comme Philippe Starck pour imaginer l'appartement parisien absurde et inconfortable de son personnage. Pour les scènes se déroulant dans le Nord, il a privilégié une lumière chaleureuse et dorée pour rendre hommage aux briques rouges et à la convivialité des maisons ouvrières.
Difficultés de production : Le tournage des séquences parisiennes au Palais de Tokyo a exigé d'importantes autorisations de sécurité pour déplacer et installer de fausses œuvres d'art contemporain excentriques et fragiles au milieu des galeries réelles. L'équipe technique a dû jongler avec la météo capricieuse du Nord de la France lors des prises de vues extérieures dans la région de la banlieue de Valenciennes. Les acteurs parisiens comme Laurence Arné ont dû suivre des cours intensifs de patois ch'ti auprès de Dany Boon pour maîtriser l'accent et le vocabulaire spécifique requis pour les dialogues de la seconde moitié du film. De plus, la gestion des scènes de cascades de l'accident de voiture a demandé une coordination minutieuse pour assurer la sécurité des comédiens principaux.
Anecdote sur une scène particulière : La scène hilarante où Valentin, devenu amnésique, tente d'expliquer à sa compagne Constance des mots en ch'ti a donné lieu à de nombreuses crises de fous rires incontrôlables sur le plateau de tournage. Laurence Arné devait répéter des expressions régionales absurdes avec un sérieux absolu, ce qui déstabilisait constamment Dany Boon. Le réalisateur a dû refaire la prise plus de quinze fois pour obtenir une séquence exploitable sans éclats de rire des techniciens. La complicité naturelle entre les deux acteurs est restée palpable à l'écran.
Casting initialement prévu : Le script a été écrit sur mesure pour réunir les figures historiques du cinéma et de la culture du Nord de la France, notamment Line Renaud qui incarne la mère de Dany Boon pour la seconde fois de sa carrière. Pour le rôle du père excentrique en fauteuil roulant, Dany Boon a immédiatement sollicité l'icône Pierre Richard, dont le génie de la comédie burlesque convenait parfaitement au personnage. Le rôle du frère a été confié à Guy Lecluyse après que d'autres acteurs de stand-up régionaux ont été envisagés au début du développement de la production.
Le film explore en profondeur le reniement de ses origines sociales, la honte sociale et la réconciliation nécessaire avec son histoire familiale. Il aborde de manière satirique les dérives superficielles du snobisme intellectuel parisien, la perte de repères culturels face au succès matériel et la force de l'amour maternel capable de surmonter les mensonges les plus ancrés.
Le dénouement montre Valentin retrouvant la mémoire complète mais décidant de ne plus jamais cacher ses origines populaires auprès de son entourage professionnel et médiatique. Il présente ses excuses publiques à sa mère et à son frère lors d'un grand événement mondain, assurant fièrement son accent et son histoire ch'ti devant le tout-Paris ébahi. Constance accepte cette part de vérité et s'intègre avec joie au sein de cette belle-famille excentrique mais aimante. La scène finale montre la famille réunie dans le Nord pour un banquet joyeux et authentique, célébrant les valeurs de la simplicité et de la fidélité à soi-même.
Le titre est un clin d'œil direct et affectueux à l'expression "La petite famille" couramment utilisée dans le Nord pour désigner le cercle familial proche. L'orthographe régionale "Ch'tite" annonce immédiatement au spectateur le ton de la comédie locale et l'hommage rendu au terroir nordiste.
Le film est régulièrement diffusé avec un immense succès d'audience sur les grandes chaînes de télévision françaises, s'imposant comme une comédie réconfortante incontournable du cinéma populaire contemporain appréciée de toutes les générations.
Bienvenue chez les Ch'tis, Rien à déclarer, Supercondriaque, Raid dingue, Le Dîner de cons.