Une expédition scientifique et militaire américaine découvre en Arctique un vaisseau spatial enfoui sous la glace ainsi que son occupant extraterrestre, congelé depuis une période indéterminée. Accidentellement décongelée, la créature végétale humanoïde commence à se nourrir du sang des humains présents dans la base isolée. L'équipe est contrainte de trouver un moyen de détruire cet être indestructible tout en survivant aux températures glaciales qui les coupent du reste du monde. Le film est considéré comme l'un des films de science-fiction les plus influents de l'histoire du cinéma américain.
Le film est adapté de la nouvelle Who Goes There? de John W. Campbell Jr., publiée en 1938 dans un magazine de science-fiction, dont le matériau a été profondément modifié pour l'adaptation cinématographique de 1951. Le producteur Howard Hawks a exercé une influence créative déterminante sur le projet, au point que certains historiens du cinéma lui attribuent la véritable paternité artistique du film malgré la signature officielle de Nyby. Le film s'inscrit dans le contexte de la guerre froide, la créature extraterrestre froide et inexorable fonctionnant comme une métaphore transparente de la menace communiste. L'idée d'une chose venue d'ailleurs et impossible à négocier ou à raisonner correspondait parfaitement aux angoisses collectives américaines de l'époque. Le tournage s'est appuyé sur des décors de studio glaciaux reconstitués pour reproduire l'isolement arctique. Le film a profondément inspiré la quasi-totalité des films d'invasion extraterrestre qui lui ont succédé.
La critique de l'époque a salué l'efficacité narrative et la tension bien entretenue du film, construit autour d'une menace soigneusement dissimulée plutôt qu'exhibée. Plusieurs observateurs ont souligné la qualité de la mise en scène, attribuée en grande partie à l'influence de Howard Hawks. Le film a été considéré comme une référence fondatrice du genre du film d'invasion extraterrestre américain. D'autres critiques ont salué la sobriété visuelle du film, qui suggère davantage la créature qu'il ne la montre. Le public américain a été fasciné et effrayé par ce film qui incarnait parfaitement les angoisses géopolitiques de l'époque. Le succès commercial a été solide, confirmant l'engouement du public pour les films de science-fiction paranoïaques. De nombreux spectateurs ont été marqués par la tension permanente entretenue malgré l'absence de véritable spectacle gore. Le film est devenu une référence culturelle durable, régulièrement redécouvert par de nouvelles générations. Le film n'a pas reçu de récompense institutionnelle majeure à sa sortie. Il a néanmoins été préservé au Registre national du film américain pour son importance culturelle. Sa reconnaissance critique s'est considérablement renforcée au fil des décennies suivantes. Il reste l'une des références les plus citées de l'histoire du film de science-fiction américain.
Howard Hawks, producteur officiel du film, aurait exercé une influence créative si déterminante sur le tournage que Christian Nyby, alors jeune monteur travaillant pour Hawks, est souvent considéré comme un réalisateur de façade par les historiens du cinéma. Le tournage en studio a nécessité la création de décors de neige et de glace artificielle pour reproduire l'isolement arctique de manière convaincante. La créature extraterrestre, délibérément peu montrée dans le film, a été interprétée par l'acteur James Arness, futur star de la série télévisée Gunsmoke. Cette décision de ne montrer la créature qu'en de rares instants a renforcé considérablement la tension et l'efficacité horrifique du film. John Carpenter s'est ouvertement référé à ce film pour son propre remake de 1982, The Thing, déclarant que l'original l'avait profondément marqué.
Le film aborde la menace de l'inconnu radical face à laquelle aucune négociation n'est possible, ainsi que la tension entre approche scientifique et réponse militaire face à une crise existentielle.
L'équipe parvient à détruire la créature grâce à l'électricité, le film se concluant sur le célèbre avertissement lancé à la radio invitant le monde à surveiller le ciel, soulignant que cette menace pourrait n'être que la première d'une série.
Le titre désigne l'entité extraterrestre à l'origine de la menace, cette chose innommable venue d'un autre monde, dont l'altérité radicale est soulignée par l'impossibilité de lui donner un nom plus précis.
Le film reste une référence fondatrice régulièrement étudiée dans l'histoire du cinéma de science-fiction américain.
The Thing (1982), Alien, L'Invasion des profanateurs de sépultures.