Belle, jeune femme cultivée et rêveuse dans un village provincial, devient prisonnière du mystérieux château d'une Bête — un prince ensorcelé condamné à prendre forme animale jusqu'à ce qu'il soit aimé malgré son apparence. À travers leur coexistence forcée, entre méfiance et découverte mutuelle, naît peu à peu une affection sincère qui seule peut rompre le sort. Un chef-d'œuvre de l'animation Disney adapté du conte classique de Madame de Beaumont, premier film d'animation jamais nominé aux Oscars dans la catégorie meilleur film, et l'un des sommets de la Renaissance Disney.
La Belle et la Bête est adapté du conte français du même nom attribué à Madame de Beaumont (1756), lui-même inspiré d'une version antérieure de Madame de Villeneuve. Disney avait tenté plusieurs fois de porter ce conte à l'écran depuis les années 1930 sans jamais trouver la bonne approche jusqu'à ce que les succès de La Petite Sirène (1989) donnent au studio la confiance nécessaire pour relancer la Renaissance Disney avec des projets encore plus ambitieux. L'idée décisive qui a débloqué le projet a été de traiter le film comme une comédie musicale de Broadway — un choix qui a révolutionné l'approche de l'animation Disney et a conduit à l'embauche des compositeurs Alan Menken et Howard Ashman, déjà auteurs de La Petite Sirène. Howard Ashman, qui souffrait déjà de la maladie du sida pendant la production, a apporté une profondeur émotionnelle et une sensibilité particulière au projet qu'il percevait comme une histoire sur l'acceptation de la différence — une dimension qui lui était très personnelle. Gary Trousdale et Kirk Wise avaient été promus réalisateurs après leurs travaux sur La Grande Souris Détective, et ont bénéficié du soutien de Jeffrey Katzenberg qui avait imposé un rythme de production ambitieux pour livrer le film dans les délais. La décision révolutionnaire de créer la scène de bal en images de synthèse 3D — première utilisation significative de la CGI dans un film Disney — marquait l'avènement d'une nouvelle ère.
Résumé des critiques professionnelles : La Belle et la Bête a reçu un accueil critique triomphal, les journalistes saluant unanimement un chef-d'œuvre absolu de l'animation qui rivalisait avec les grandes productions cinématographiques tout public. La qualité musicale exceptionnelle — les chansons d'Alan Menken et Howard Ashman — et l'animation d'une beauté et d'une expressivité sans précédent ont été célébrées comme une renaissance de l'art de l'animation américaine. Le film a été qualifié par de nombreux critiques de meilleur film d'animation de l'histoire à sa sortie.
Réception du public : Le film a connu un succès commercial extraordinaire, dépassant deux cent cinquante millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de vingt-cinq millions. Il est rapidement devenu l'un des films Disney les plus aimés de tous les temps, chaque génération d'enfants redécouvrant avec émerveillement son universalité et sa beauté. Le film a relancé durablement l'intérêt mondial pour l'animation américaine.
Récompenses obtenues : La Belle et la Bête a remporté deux Oscars — meilleure musique originale pour Alan Menken et meilleure chanson originale pour Be Our Guest — et est entré dans l'histoire comme le premier et unique film d'animation nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur film avant la création de la catégorie spécifique. Il a également remporté deux Golden Globes, dont celui du meilleur film musical ou comédie.
Inspirations du réalisateur : Gary Trousdale et Kirk Wise se sont inspirés des grands musicals de Broadway des années 1950 et 1960 — notamment ceux de Rodgers et Hammerstein — pour donner au film son rythme et sa structure musicale, chaque chanson devant faire avancer la narration et révéler un aspect du caractère des personnages plutôt que simplement décorer le film.
Difficultés de production : La mort prématurée d'Howard Ashman en mars 1991, quelques mois avant la sortie du film, a été un deuil profond pour toute l'équipe Disney qui lui devait tant. La production a été marquée par son combat contre la maladie et par l'urgence créative qu'il lui communiquait — il était présent aux enregistrements jusqu'à ses dernières forces. Le film lui est dédié.
Anecdote sur une scène particulière : La séquence de la scène de bal, entièrement réalisée en CGI, a nécessité le développement d'un logiciel spécifique par les équipes de Pixar pour créer la sensation d'un espace architectural en trois dimensions que l'animation traditionnelle n'aurait pas pu restituer. Cette scène est restée pendant des années l'exemple le plus cité de l'intégration réussie de la CGI dans l'animation traditionnelle.
Casting initialement prévu : La voix de la Bête avait été enregistrée initialement par Richard White avant que Robby Benson ne soit choisi pour apporter au personnage une qualité à la fois imposante et vulnérable. Paige O'Hara a été sélectionnée pour Belle après des centaines d'auditions — Disney cherchait une voix qui soit à la fois puissante et accessible, intellectuelle mais chaleureuse.
La Belle et la Bête est une méditation sur la beauté intérieure contre la beauté superficielle — le conte originel, et sa version Disney, affirme que l'amour véritable se développe sur la connaissance de l'autre et non sur son apparence. L'anticonformisme de Belle, qui préfère ses livres à l'amour conventionnel proposé par Gaston, représente une célébration de l'indépendance intellectuelle féminine rare dans les films d'animation de l'époque. La monstruosité comme condition de celui qui n'est pas aimé est explorée avec une profondeur psychologique remarquable — la Bête est victime d'une malédiction mais aussi de son propre caractère, et sa transformation intérieure est aussi importante que la transformation physique attendue. Le film aborde la question du jugement sur les apparences et de ce qu'on perd en ne regardant pas au-delà de la surface. Enfin, La Belle et la Bête est une réflexion sur ce que signifie être humain, la Bête devenant progressivement plus humaine à mesure qu'elle apprend à aimer et à être aimée.
Le sacrifice de Belle — son retour volontaire auprès de la Bête mourante pour lui déclarer son amour — rompt le sortilège et restaure le prince dans son humanité originelle. Cette résolution ne rend pas seulement Belle heureuse dans un sens romantique conventionnel : elle révèle que Belle a accompli quelque chose que personne d'autre n'avait pu faire, apprendre à voir l'être humain derrière le monstre. La transformation physique de la Bête en prince est la conséquence extérieure d'une transformation intérieure — l'apprentissage de l'amour, de la patience et de la générosité — qui est le vrai sujet du film. La fin est célébration de deux personnes qui se sont mutuellement transformées.
La Belle et la Bête — titre repris directement du conte de Madame de Beaumont — désigne les deux protagonistes dans leurs identités apparentes : Belle, belle par définition et par prénom, et la Bête, monstrueuse en surface. Mais le titre contient en germe toute la dialectique du conte : quelle est la vraie Belle et quel est le vrai monstre ? Belle est belle en dedans autant qu'en dehors, la Bête cache un prince derrière son masque terrifiant, et Gaston — beau en apparence — est la véritable bête morale du récit.
La bande originale de La Belle et la Bête, composée par Alan Menken sur des paroles d'Howard Ashman et Tim Rice, est l'une des partitions les plus célébrées et les plus importantes de l'histoire de l'animation. Les chansons — Belle, Something There, Be Our Guest, et surtout le thème principal Beauty and the Beast interprété par Celine Dion et Peabo Bryson — ont toutes atteint le statut de classiques instantanés et continuent d'être chantées dans le monde entier des décennies après la sortie du film. Alan Menken a remporté l'Oscar de la meilleure partition originale, confirmant son statut de compositeur le plus important de l'histoire de l'animation Disney. La chanson titre, interprétée dans le film par Angela Lansbury, est souvent citée comme l'une des plus belles chansons du cinéma américain de tous les temps.
La Belle et la Bête est aujourd'hui considéré comme l'un des films d'animation les plus importants de l'histoire du cinéma et continue d'être vu et aimé par de nouvelles générations d'enfants. L'adaptation en comédie musicale de Broadway a été l'une des plus longues de l'histoire de Broadway avec une incroyable course de treize ans. La version live-action de 2017 avec Emma Watson et Dan Stevens a généré plus d'un milliard de dollars de recettes mondiales. Le film reste régulièrement au sommet des classements des meilleurs films d'animation de tous les temps.
La Petite Sirène de Ron Clements et John Musker (1989) est le film précédent de la Renaissance Disney qui a ouvert la voie. Aladdin de John Musker et Ron Clements (1992) est le film suivant de la même époque dorée. La Belle et la Bête en prises de vues réelles de Bill Condon (2017) est l'adaptation live-action qui a rendu hommage à l'original avec un succès commercial colossal. Cendrillon de Walt Disney (1950) est l'ancêtre direct dans la tradition des princesses Disney. Enfin, Le Roi Lion (1994) est l'autre sommet de la Renaissance Disney avec la même profondeur émotionnelle et musicale.