Dans une petite ville américaine du Midwest, la disparition soudaine de Carolyn Harper, lycéenne populaire, plonge toute la communauté dans un climat de tension et de fantasme collectif. Tandis que la police mène une enquête peu concluante, les proches de Carolyn, sa mère effondrée, ses camarades de classe et leurs propres mères, voient chacun leurs failles intimes et leurs désirs refoulés remonter violemment à la surface. La ville tout entière semble hantée par une atmosphère onirique et inquiétante, où les frontières entre réalité, cauchemar et chorégraphie musicale collective se brouillent progressivement, révélant les secrets les mieux gardés de chaque famille.
Knives and Skin est réalisé et écrit par Jennifer Reeder, cinéaste américaine déjà reconnue dans le circuit des courts métrages expérimentaux, qui s'inspire ici librement des codes du teen drama américain et du mystère à la Twin Peaks pour construire un univers résolument onirique et féministe. La réalisatrice a construit son récit choral autour de la disparition d'une adolescente comme simple prétexte narratif, préférant explorer en profondeur les dynamiques intimes et souvent toxiques des personnages féminins qui l'entourent, mères et filles confondues. Jennifer Reeder a intégré à son film plusieurs séquences musicales stylisées, les personnages féminins interprétant a cappella des reprises de tubes pop des années 1980, un dispositif narratif singulier renforçant la dimension à la fois nostalgique et étrange du récit. Le film a été présenté en première mondiale au Festival de Sundance 2019, confirmant la reconnaissance grandissante de Jennifer Reeder au sein du cinéma indépendant américain après plusieurs années consacrées principalement au format court.
Knives and Skin a suscité des critiques particulièrement clivées, une partie saluant l'audace formelle et la singularité visuelle du film, capable de mêler mystère adolescent, onirisme et satire féministe des dynamiques familiales américaines, une autre jugeant l'ensemble confus et trop dispersé pour véritablement tenir sur la durée d'un long métrage. Plusieurs observateurs ont particulièrement apprécié les séquences musicales a cappella disséminées tout au long du film, jugées à la fois surprenantes et porteuses d'une émotion sincère malgré leur étrangeté formelle. D'autres critiques ont souligné la parenté du film avec l'univers de David Lynch, tout en regrettant que Jennifer Reeder n'atteigne pas toujours la même maîtrise de l'ambiguïté narrative que son illustre référence. Le public s'est montré tout aussi partagé face à ce film résolument atypique, une partie des spectateurs saluant son audace visuelle et sa représentation nuancée de personnages féminins complexes, une autre se disant déroutée par sa structure narrative éclatée et son refus des codes classiques du genre du mystère adolescent. Le film a néanmoins trouvé un public fidèle au sein du cinéma indépendant américain friand d'œuvres formellement audacieuses. Knives and Skin n'a pas été distingué par une récompense majeure lors de sa présentation au Festival de Sundance 2019, mais a confirmé la reconnaissance grandissante de Jennifer Reeder au sein du paysage du cinéma indépendant américain contemporain.
Jennifer Reeder a intégré à son film plusieurs séquences musicales stylisées, les personnages féminins interprétant a cappella des reprises de tubes pop des années 1980, un dispositif narratif singulier directement issu de son travail antérieur dans le format du court métrage expérimental. La réalisatrice a construit son récit choral en s'inspirant librement des codes du teen drama américain et du mystère à la Twin Peaks, tout en détournant volontairement ces références pour proposer une lecture résolument féministe des dynamiques familiales et sociales dépeintes. Le tournage s'est déroulé dans le Midwest américain, un cadre géographique choisi pour son ancrage dans l'imaginaire collectif des petites villes américaines traditionnelles, dont le film détourne progressivement les codes visuels pour en révéler les failles et les secrets dissimulés.
Knives and Skin explore les dynamiques féminines intergénérationnelles au sein d'une petite communauté américaine, la disparition de Carolyn agissant comme catalyseur révélant les failles, les désirs et les frustrations refoulées de chaque personnage féminin du récit. Le film interroge également la sexualité adolescente et ses zones d'ombre, plusieurs personnages devant composer avec des expériences intimes complexes et parfois traumatisantes. La solitude et l'incommunicabilité au sein des cellules familiales traversent également le récit, chaque mère et chaque fille semblant enfermée dans son propre monde intérieur malgré leur proximité physique. Le film aborde enfin, par le biais de son onirisme musical, la nostalgie d'une culture populaire américaine des années 1980, tout en en révélant simultanément les aspects les plus sombres et les plus toxiques pour les femmes qui y ont grandi.
Le titre Knives and Skin, littéralement « couteaux et peau », évoque à la fois la violence latente qui traverse le récit et la vulnérabilité physique et émotionnelle des personnages féminins mis en scène par Jennifer Reeder. Ce titre à la fois tranchant et sensoriel reflète la tension constante du film entre danger et intimité, entre menace extérieure et fragilité intérieure des corps et des cœurs de ses protagonistes.
Knives and Skin a confirmé la reconnaissance de Jennifer Reeder au sein du cinéma indépendant américain contemporain, la réalisatrice ayant depuis poursuivi son exploration formelle singulière des dynamiques féminines à travers d'autres projets cinématographiques et télévisuels.
Twin Peaks de David Lynch, référence explicitement revendiquée pour l'atmosphère de mystère onirique enveloppant une petite communauté américaine après la disparition d'une adolescente, constitue la comparaison la plus évidente pour situer Knives and Skin. Heathers, comédie noire culte des années 1980 sur la cruauté sociale adolescente, partage avec le film de Jennifer Reeder cette même exploration satirique des dynamiques toxiques du lycée américain. The Virgin Suicides de Sofia Coppola, autre film choral centré sur des adolescentes américaines et le mystère qui les entoure, offre une résonance thématique forte avec l'atmosphère élégiaque de Knives and Skin.