Le paléontologue Alan Grant se consacre désormais exclusivement à ses recherches sur l'intelligence des raptors, loin des cauchemars passés d'Isla Nublar. En manque de financements, il accepte l'offre généreuse d'un couple de milliardaires excentriques, Paul et Amanda Kirby, pour survoler Isla Sorna, le second site d'InGen. Cependant, l'excursion tourne immédiatement au drame lorsque l'avion atterrit de force sur l'île sauvage infestée de créatures préhistoriques. Grant découvre alors la vérité : les Kirby cherchent en réalité leur jeune fils disparu, et ils vont devoir survivre face à un prédateur bien plus terrifiant que le T-Rex.
Contrairement aux deux premiers opus de la saga, ce troisième volet n'est pas directement adapté d'un roman de Michael Crichton, bien qu'il en reprenne certaines scènes inutilisées jusqu'alors. Steven Spielberg a choisi de passer la main à la réalisation tout en restant producteur exécutif, confiant les rênes à son ami Joe Johnston. L'idée originelle était de revenir à une structure de pur film de survie plus nerveuse et resserrée, rompant avec le gigantisme de l'épisode précédent. Le réalisateur s'est inspiré des films de monstres classiques des années 50 pour construire sa tension dramatique. L'inspiration est également venue des dernières découvertes paléontologiques de l'époque sur le Spinosaurus. Le scénario a connu d'immenses bouleversements et réécritures, l'équipe ayant même rejeté une première trame impliquant des adolescents rescapés sur l'île.
La presse professionnelle a accueilli ce troisième volet avec une certaine tiédeur, pointant du doigt un scénario un peu trop linéaire et court par rapport à ses illustres prédécesseurs. Les critiques ont toutefois salué l'efficacité redoutable de la mise en scène de Joe Johnston et la qualité des effets spéciaux, mêlant toujours habilement animatroniques et images de synthèse. Le rythme effréné des scènes d'action a été jugé divertissant, même si le film manquait selon eux de la profondeur philosophique du premier opus. L'interprétation solide de Sam Neill a été unanimement appréciée comme le pilier central du long-métrage.
Le grand public s'est déplacé en nombre dans les salles obscures, ravi de retrouver l'univers des dinosaures et l'emblématique professeur Grant. Bien que les recettes globales aient été inférieures à celles des deux premiers films, le projet a été un solide succès commercial au box-office mondial. Les amateurs d'action ont particulièrement plébiscité la confrontation dantesque entre le Tyrannosaure et le Spinosaurus. Le bouche-à-oreille a été globalement positif pour les spectateurs cherchant un divertissement estival sans prétention. Le film a conservé une place de choix dans le cœur des fans de la franchise.
Sur le plan des récompenses et distinctions, le long-métrage a principalement été nommé pour ses accomplissements techniques majeurs. Il a ainsi décroché des nominations aux Saturn Awards dans la catégorie du meilleur film de science-fiction et des meilleurs effets spéciaux. La performance sonore globale du film a également été mise en valeur dans plusieurs cérémonies spécialisées. L'industrie a ainsi salué le savoir-faire des studios ILM et de Stan Winston qui restaient au sommet de leur art. Le film n'a pas remporté de prix majeurs mais a confirmé sa solidité technique.
Joe Johnston a souhaité insuffler une atmosphère beaucoup plus organique et étouffante à la jungle en utilisant des décors naturels denses à Hawaï. Il s'est inspiré des récits d'aventures à la King Kong pour filmer la volière géante des Ptéranodons au milieu d'une brume artificielle permanente. Le cinéaste tenait à ce que la menace vienne de tous les angles, y compris du ciel ou des rivières brumeuses. Cette vision esthétique très sombre a donné une identité visuelle forte et singulière à cet épisode.
La production a été marquée par d'immenses difficultés puisque le tournage a débuté sans que le scénario final ne soit totalement validé par l'équipe. Les scénaristes retravaillaient les dialogues au jour le jour, ce qui provoquait un stress intense chez les acteurs et les techniciens sur le plateau. De plus, la construction de l'animatronique géant du Spinosaurus par les ateliers de Stan Winston a représenté un défi d'ingénierie colossal. Cette machine de plusieurs tonnes fonctionnait à l'aide de vérins hydrauliques ultra-puissants capables de détruire le décor d'un seul coup de mâchoire. Les caprices de la météo tropicale ont également perturbé le planning de manière significative.
Une scène particulière montre l'attaque du bateau sur la rivière par le Spinosaurus au milieu de la nuit sous une pluie battante. Pour ce moment crucial, l'équipe a dû immerger un immense réservoir de studio et coordonner les mouvements de l'animatronique dans l'eau profonde. Les acteurs étaient réellement frigorifiés et terrifiés par la puissance de la créature mécanique qui s'abattait sur leur embarcation. Le réalisateur a dû multiplier les prises pour obtenir l'intensité dramatique voulue sans noyer le matériel électronique sensible. Le rendu final reste l'une des séquences les plus mémorables et étouffantes du film.
Au niveau du casting initialement prévu, les rumeurs faisaient état d'un retour du personnage d'Ian Malcolm joué par Jeff Goldblum, mais l'acteur n'a finalement pas été retenu pour laisser toute la place à Sam Neill. De plus, le rôle de la jeune fille rescapée avait été proposé à plusieurs étoiles montantes d'Hollywood avant que le script ne soit modifié pour y inclure un petit garçon. Téa Leoni et William H. Macy ont été engagés tardivement pour apporter une touche de comédie dramatique humaine à ce huis clos sauvage. Cette dynamique de couple divorcé a permis d'ancrer le récit dans une réalité familiale touchante.
Le film explore de manière centrale la thématique de la parentalité et du sacrifice à travers la quête désespérée des Kirby pour retrouver leur enfant unique. Il aborde également l'éthique scientifique et l'illusion de contrôle de l'homme sur une nature préhistorique qui reprend inévitablement ses droits. L'intelligence animale et la communication sociale chez les raptors constituent un autre axe fort du récit. Enfin, le long-métrage propose une réflexion sur le traumatisme psychologique et la résilience face aux erreurs du passé.
Après avoir survécu aux attaques répétées des prédateurs et rendu les œufs volés aux raptors grâce à une ruse sonore, le groupe atteint enfin la plage de l'île. Ils y découvrent avec soulagement que l'armée américaine, prévenue par un appel de détresse désespéré, a déployé d'immenses moyens pour les secourir. Alan Grant regarde par le hublot de l'hélicoptère les Ptéranodons s'envoler librement vers de nouveaux horizons, acceptant l'idée que ces créatures appartiennent désormais au monde moderne. Cette conclusion marque la fin d'un cycle pour le paléontologue qui tire définitivement un trait sur son histoire avec les îles d'InGen.
Le titre s'inscrit dans la continuité directe de la franchise en affichant simplement son numéro pour annoncer un grand spectacle préhistorique. Il évoque immédiatement l'univers des dinosaures clonés et les dangers inhérents à ce parc d'attractions biologique qui a totalement échappé à ses créateurs. C'est une marque mondiale synonyme de grand frisson et d'aventure familiale.
La bande originale de cet opus a été confiée à Don Davis, qui succède ainsi au légendaire John Williams tout en réutilisant ses thèmes iconiques gravés dans l'histoire du cinéma. Davis apporte une touche beaucoup plus agressive, sombre et moderne aux compositions, utilisant des percussions lourdes pour coller au rythme effréné de la traque du Spinosaurus.
Le film continue de faire parler de lui auprès des passionnés de la saga de dinosaures en raison de son statut unique de film de transition très orienté action. Les éléments introduits dans cet opus, notamment l'intelligence avancée des raptors, ont posé les bases narratives exploitées quinze ans plus tard dans la trilogie Jurassic World.