Dans l'Allemagne de la Seconde Guerre mondiale, Jojo est un jeune garçon solitaire embrigadé par les Jeunesses hitlériennes. Sa vision du monde est totalement bouleversée lorsqu'il découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans leur grenier. Avec l'aide de son ami imaginaire, une version loufoque d'Adolf Hitler, Jojo doit faire face à ses propres préjugés. Entre satire politique et drame intime, le parcours de cet enfant l'amènera à choisir la voie de l'humanité.
Le scénario est librement inspiré du roman Le Ciel en cage de Christine Leunens, un livre dramatique qui a profondément marqué le réalisateur Taika Waititi. L'idée originelle est venue de la volonté du cinéaste de traiter l'endoctrinement de la jeunesse sous un angle satirique et absurde. Waititi a puisé son inspiration dans ses propres origines juives et maories pour confronter l'horreur du nazisme par l'humour. Il a retravaillé l'histoire pour y ajouter une dimension poétique et décalée, propre à son univers cinématographique habituel.
La critique internationale a salué l'audace du ton, qualifiant le film de comédie anti-haine à la fois percutante, drôle et profondément émouvante. Certains journalistes ont toutefois émis des réserves sur le mélange des genres, jugeant parfois la satire trop légère face à la tragédie historique. Le public mondial a massivement plébiscité cette œuvre, touché par la performance désarmante des jeunes acteurs et le message de tolérance universel. Les spectateurs ont été séduits par la capacité du film à faire rire tout en brisant le cœur l'instant d'après. Le long-métrage a couronné sa carrière en remportant l'Oscar du meilleur scénario adapté en 2020.
Taika Waititi s'est inspiré du style visuel des films de Wes Anderson pour créer une Allemagne nazie paradoxalement colorée et enfantine. La production a rencontré des difficultés pour tourner en République tchèque dans des villages historiques sans altérer les structures locales. Pour la scène mémorable de la danse finale dans la rue, les acteurs ont dû improviser une grande partie de leurs mouvements pour garder une authenticité totale. Le casting initialement prévu pour le rôle de la mère comprenait d'autres actrices hollywoodiennes avant que Scarlett Johansson ne s'impose comme une évidence.
Le film aborde de front l'endoctrinement idéologique des enfants et le pouvoir destructeur de la propagande. Il traite également de la résilience à travers l'art, de la force de l'amour maternel et de l'importance de la désobéissance civile face à la tyrannie.
La fin du film montre Jojo et Elsa dansant librement dans la rue après la libération de la ville, célébrant la fin de la terreur. Cette danse symbolise le retour à la vie, la liberté retrouvée et le triomphe de l'innocence sur la haine idéologique qui les entourait.
Le titre fait référence au surnom moqueur donné au jeune héros par les adolescents plus âgés parce qu'il a refusé de tuer un lapin. Ce nom symbolise à la fois sa prétendue lâcheté aux yeux des fanatiques et sa véritable nature profondément douce.
La bande originale est remarquable pour ses versions allemandes de classiques pop, notamment Helden de David Bowie, qui apporte un anachronisme joyeux et puissant aux scènes de liberté.
Le film est régulièrement projeté dans les établissements scolaires américains et européens pour ouvrir le débat sur les dangers du totalitarisme.
La Vie est belle de Roberto Benigni, Le Dictateur de Charlie Chaplin, Le Tambour de Volker Schlöndorff.