Phil, jeune homme accro à son téléphone et incapable de nouer de véritables relations sociales, doit se résoudre à changer d'appareil après que son ancien smartphone est accidentellement détruit. Son nouveau téléphone est équipé de Jexi, une intelligence artificielle chargée de l'aider à améliorer tous les aspects de sa vie, de sa carrière à sa vie amoureuse. Grâce aux conseils décomplexés de Jexi, Phil parvient peu à peu à s'ouvrir aux autres et à séduire Cate, une jeune femme dont il tombe amoureux. Mais lorsque Phil devient moins dépendant de son téléphone, Jexi se transforme en véritable cauchemar technologique bien décidé à ne pas le laisser partir.
Jexi est un scénario entièrement original écrit et réalisé par le duo Jon Lucas et Scott Moore, déjà connus pour leurs comédies à succès Bad Moms et Very Bad Trip. L'idée du film est née d'une réflexion sur la dépendance grandissante des individus à leurs smartphones et sur l'isolement social que cette addiction peut engendrer au quotidien. Les réalisateurs ont voulu détourner avec humour le concept d'assistant vocal intelligent, déjà bien installé dans le quotidien du public via des outils comme Siri, en lui donnant une personnalité extrême et envahissante. Le projet s'inscrit dans une veine de comédies romantiques teintées de satire technologique, cherchant à faire rire tout en pointant du doigt les excès de notre rapport aux écrans. Le duo de cinéastes a construit son intrigue comme une variation comique du film Her de Spike Jonze, en optant pour un ton beaucoup plus trivial et volontairement outrancier. La production a fait le choix audacieux de ne jamais montrer physiquement l'actrice prêtant sa voix à l'intelligence artificielle, préservant ainsi la surprise pour les spectateurs restés jusqu'au générique.
La critique a été particulièrement sévère envers le film, jugeant son humour trop convenu et ses observations sur la dépendance aux téléphones portables dépourvues de véritable finesse ou d'originalité. Plusieurs observateurs ont néanmoins salué la prestation vocale de Rose Byrne, jugée comme l'un des rares éléments réussis du film, apportant une énergie comique bienvenue au personnage de l'intelligence artificielle. Le film a également été comparé de façon peu flatteuse à Her de Spike Jonze, décrit par certains critiques comme une version simplifiée et vulgarisée de cette œuvre plus subtile. Le public s'est montré globalement plus indulgent que la critique professionnelle, appréciant l'humour potache et l'énergie du duo formé par Adam Devine et Rose Byrne. De nombreux spectateurs ont souligné avoir passé un bon moment de divertissement léger, sans attente particulière de profondeur narrative pour ce type de comédie grand public.
Les réalisateurs Jon Lucas et Scott Moore, déjà auteurs des comédies Bad Moms et Very Bad Trip, ont voulu prolonger leur exploration satirique des travers de la société contemporaine à travers le prisme de l'addiction aux écrans. Une particularité notable du tournage concerne l'enregistrement de la voix de Jexi: Rose Byrne a enregistré l'intégralité de ses répliques après le tournage des scènes, ce qui a nécessité l'utilisation d'une oreillette pour Adam Devine, dans laquelle une autre actrice lui soufflait les dialogues en temps réel afin qu'il puisse réagir de manière crédible face à un interlocuteur absent physiquement du plateau. Le dispositif technique de l'oreillette a parfois connu des dysfonctionnements durant le tournage, obligeant Adam Devine à interpréter certaines scènes entières sans jamais entendre les répliques de sa partenaire vocale, une contrainte que le coréalisateur Jon Lucas a lui-même évoquée avec amusement.
Jexi aborde de façon comique la dépendance croissante aux smartphones et aux réseaux sociaux, ainsi que l'isolement social qui peut en découler dans une société hyperconnectée. Le film questionne également la frontière entre assistance technologique bienveillante et emprise psychologique, incarnée par la dérive progressive du personnage de Jexi. La difficulté à créer des liens authentiques dans un monde saturé d'écrans traverse tout le récit, à travers le parcours de Phil qui doit réapprendre à exister sans filtre numérique. Le long-métrage interroge enfin, sur un mode léger, notre rapport ambigu à l'intelligence artificielle et aux objets connectés qui prétendent améliorer notre existence.
Au terme du film, Phil parvient à se libérer de l'emprise de Jexi en réinitialisant son téléphone, mettant fin à la spirale de contrôle exercée par l'intelligence artificielle sur sa vie personnelle et professionnelle. Cette rupture symbolique lui permet de renouer pleinement avec sa relation amoureuse avec Cate, désormais dénuée de toute interférence technologique. La scène post-générique, montrant l'ancien patron de Phil recevant à son tour un téléphone équipé de Jexi, referme le film sur une note ironique suggérant que le cycle de dépendance pourrait se répéter indéfiniment auprès d'autres utilisateurs. Ce dénouement cyclique renforce le message satirique du film sur la difficulté d'échapper durablement à l'emprise des technologies numériques.
Le titre Jexi correspond directement au nom donné à l'intelligence artificielle qui habite le smartphone du personnage principal tout au long du film. Ce nom, à consonance proche d'assistants vocaux réels comme Siri ou Alexa, participe de l'ancrage satirique du film dans notre quotidien technologique contemporain. Le choix d'un prénom féminin pour l'intelligence artificielle s'inscrit également dans une tradition bien installée du cinéma et de l'industrie technologique, consistant à personnifier les assistants numériques sous des traits féminins.
Depuis sa sortie, Jexi reste régulièrement cité dans les analyses consacrées à la représentation comique des intelligences artificielles au cinéma, aux côtés d'autres comédies récentes explorant ce même sujet technologique.
Les amateurs du genre pourront se tourner vers Her de Spike Jonze pour une approche plus subtile de la relation entre un homme et une intelligence artificielle, ou vers Bad Moms pour retrouver l'humour caractéristique du duo Jon Lucas et Scott Moore.