Juliette est une adolescente de quatorze ans, ronde, drôle et un brin effrontée, qui entame sa dernière année de secondaire au Québec. Entre les moqueries de ses camarades, ses premiers émois amoureux et la gestion d'une famille excentrique, elle tente de trouver sa place. Heureusement, elle peut compter sur l'appui indéfectible de son meilleur ami et sur son sens de la répartie pour faire face aux épreuves. Ce film raconte avec tendresse et humour ce passage délicat et universel vers l'âge adulte.
La genèse de ce projet s'avère profondément intime pour la réalisatrice Anne Émond, qui a choisi de s'inspirer directement de ses propres souvenirs d'adolescence. Après avoir réalisé plusieurs drames sombres et psychologiques, elle ressentait le besoin viscéral de revenir à une œuvre plus lumineuse, tendre et teintée d'autodérision. L'inspiration lui est venue en retombant sur ses vieux journaux intimes et ses photos de classe des années quatre-vingt-dix. Elle a souhaité livrer un portrait de jeune fille loin des stéréotypes de papier glacé d'Hollywood, en célébrant les corps atypiques et les personnalités fortes. L'écriture du scénario s'est faite avec un grand souci d'authenticité dans les dialogues et les expressions de la jeunesse québécoise. Le projet a rapidement trouvé un écho favorable auprès des institutions culturelles canadiennes pour son approche rafraîchissante de l'adolescence.
La presse canadienne et internationale a accueilli le long-métrage avec un bel enthousiasme, louant la fraîcheur du ton et l'absence de cynisme. Les critiques ont particulièrement applaudi la performance lumineuse de la jeune révélation Alexane Jamieson, qui porte le film sur ses épaules. Le traitement du deuil de l'enfance et des complexes physiques a été jugé d'une grande justesse, sans jamais tomber dans le pathos. Le public québécois s'est immédiatement reconnu dans cette chronique douce-amère, saluant la drôlerie des situations et l'émotion des scènes familiales. Les spectateurs ont souligné la bienveillance du regard de la cinéaste sur ses personnages secondaires. Le film a connu un beau succès en festival et a remporté plusieurs distinctions, notamment pour son scénario et l'interprétation de sa jeune actrice principale.
Anne Émond a choisi de tourner le film dans des décors de banlieue qui rappellent sa propre jeunesse pour renforcer l'aspect réaliste du récit. Les difficultés de production ont été minimes, le tournage s'étant déroulé dans une ambiance très estivale et bienveillante, presque comme une colonie de vacances. Pour une scène particulière de bal de fin d'année, de nombreux figurants locaux ont été invités à venir avec leurs propres vêtements de fête pour donner un aspect naturel à la séquence. Concernant le casting initialement prévu, la réalisatrice a auditionné des centaines de jeunes filles avant de flasher instantanément sur Alexane Jamieson, dont c'était le tout premier rôle au cinéma.
Le film traite avec finesse de l'acceptation de soi et de la grossophobie ordinaire en milieu scolaire au cours de l'adolescence. Il explore les dynamiques complexes de l'amitié exclusive et l'éveil parfois douloureux mais nécessaire des premiers sentiments amoureux. La reconstruction familiale après le départ d'un parent est également un thème central de l'intrigue. Enfin, l'œuvre célèbre l'humour et l'autodérision comme des armes de défense massives contre la cruauté du monde extérieur.
La fin du film se déroule lors de la fête de fin d'année, où Juliette décide d'assumer pleinement qui elle est, sans se soucier du regard des autres. Elle renoue des liens forts avec son meilleur ami après une dispute, comprenant la valeur de la loyauté. Le plan final la montre marchant vers l'avenir avec un sourire confiant, symbolisant qu'elle a réussi à transformer ses complexes en force. C'est une conclusion résolument optimiste qui marque la fin d'un cycle et l'entrée sereine dans l'âge de la maturité.
Le titre met l'accent sur la jeunesse du personnage principal tout en lui conférant une dimension presque littéraire ou théâtrale. En associant l'adjectif « Jeune » au prénom « Juliette », la réalisatrice insiste sur le caractère transitoire de cette période de la vie où l'identité est encore en pleine construction. C'est une manière de désigner l'héroïne à l'aube de ses futures transformations de femme.
Le film est régulièrement utilisé dans les écoles secondaires au Canada pour ouvrir des discussions sur l'intimidation, l'estime de soi et la diversité corporelle chez les jeunes.
Ce film rappelle par sa sensibilité et son humour d'autres chroniques de l'adolescence au féminin comme Lady Bird de Greta Gerwig ou le film québécois 1981 de Ricardo Trogi. On y retrouve également le parfum de liberté et la mélancolie douce des films comme The Edge of Seventeen.