Mike, jeune provincial naïf, débarque à Paris avec un rêve : entrer dans le monde fermé de la jet set. Il devient veilleur de nuit au Pulp, la boîte la plus branchée de la capitale. Il découvre un monde de paillettes, de drogue et de coups bas où l'apparence fait tout. Pour être accepté, il est prêt à tout, même à trahir. Il va vite comprendre que sous les strass, la jet set est un monde de requins.
Le film est né de l'expérience de Fabien Onteniente, qui fréquentait les nuits parisiennes. Il a co-écrit le scénario avec Bruno Solo d'après des anecdotes vraies de physionomistes et de clubbeurs. L'idée originelle était de faire un documentaire-fiction sur ce milieu fermé des années 90, celui des Bains Douches et du Queen. L'inspiration vient de La Boum pour le côté chronique d'une époque, mais version nuit et drogue. Le projet a mis 5 ans à se monter car personne ne croyait au potentiel comique de ce milieu. C'est une création originale, pas une adaptation.
Résumé des critiques professionnelles : La critique est surprise et plutôt séduite. On salue le regard quasi documentaire sur un milieu jamais filmé, les dialogues qui font mouche et la révélation Samuel Le Bihan. Le film est qualifié de 'chronique sociale acide' sous ses airs de comédie. Certains lui reprochent sa vulgarité et son montage épileptique. Mais il est vu comme un film qui capture l'esprit des années 90. Les Inrocks parlent d'un 'petit phénomène'. Réception du public : Gros succès surprise avec 2,5 millions d'entrées. Le public s'arrache le film pour découvrir les secrets des boîtes de nuit. Les répliques 'T'es qui toi ?' deviennent cultes. Le film lance la mode des films sur la nuit et révèle Samuel Le Bihan. Il devient un film générationnel pour ceux qui ont connu les années 90. Le bouche-à-oreille est excellent. Récompenses obtenues : Le film n'a aucune récompense majeure mais il est nommé au César du Meilleur premier film. Il remporte le Prix du Public au Festival de l'Alpe d'Huez. Sa vraie récompense est d'être devenu un film culte, symbole d'une époque. Il a lancé la carrière de Fabien Onteniente.
Inspirations du réalisateur : Onteniente s'est inspiré de Saturday Night Fever pour filmer la boîte comme un lieu de transcendance sociale. Il a tourné en caméra épaule dans de vraies boîtes parisiennes pour capter l'énergie. Il a demandé aux acteurs d'improviser beaucoup pour avoir un langage vrai. L'influence de Martin Scorsese pour les scènes de fête est revendiquée. Difficultés de production : Tourner de nuit avec des centaines de figurants a été épuisant. Le film avait un petit budget et a dû ruser : beaucoup de 'figurants' sont des vrais clubbeurs. Obtenir les autorisations pour filmer au Queen et aux Bains a été très dur. Samuel Le Bihan a dû apprendre à mixer pour de vrai. La scène de la coke a failli poser des problèmes avec la censure. Anecdote sur une scène particulière : La réplique 'T'es qui toi ? Non mais t'es qui toi ?' est devenue culte et a été improvisée par Bruno Solo. La scène où Mike se fait refouler de la boîte a été tournée avec un vrai physionomiste. Pour la scène du petit-déjeuner, ils ont tourné à 6h du matin avec des gens qui sortaient vraiment de boîte. Casting initialement prévu : Yvan Attal a refusé le rôle de Mike. Pour le rôle de Arthus, Lambert Wilson n'était pas le premier choix mais il a accepté pour s'amuser. Estelle Larrivaz sortait du conservatoire. De vrais DJ comme David Guetta font des caméos. Le film a failli s'appeler 'Gueule de nuit'.
Le film est une satire féroce du paraître et de la société du spectacle. Il montre comment le désir d'appartenance peut pousser à renier ses valeurs. Il parle de la solitude au milieu de la foule, de la vacuité des relations dans la nuit. C'est une chronique sur les années 90, l'arrivée de l'ecstasy, la fin de l'insouciance des années 80. Le film aborde la lutte des classes : le provincial qui veut entrer dans le cercle des parisiens branchés. C'est l'histoire d'une ascension et d'une chute.
Mike a réussi : il est devenu le roi de la nuit, mais il a tout perdu. Il a trahi ses amis, il est seul et accro à la coke. Lors de la dernière soirée, il hallucine et voit le vide de sa vie. Il quitte la boîte au petit matin, seul, pendant que les éboueurs nettoient la rue. Il a compris que la jet set n'existe pas, ce n'est qu'un jeu de rôle. La fin est amère : il a eu ce qu'il voulait et ça ne valait rien. Il retourne à sa vie d'avant, mais marqué à vie. La gloire est éphémère.
La 'Jet Set' désigne l'ensemble des personnes riches et célèbres qui se déplacent en jet privé pour faire la fête dans le monde entier. Le titre est ironique car le film montre l'envers du décor : les videurs, les serveurs, ceux qui rêvent d'en faire partie. Le film ne parle pas de la vraie jet set, mais de ceux qui gravitent autour et qui sont prêts à tout pour y entrer. C'est la jet set vue d'en bas.
La BO est un best-of de la house et de la dance des années 90. Avec des titres de Gala, Modjo, Stardust et David Guetta, elle capture le son des boîtes de l'époque. L'album s'est vendu à 700 000 exemplaires et a été un des plus gros succès de BO française. Elle a participé au succès du film et reste un témoignage musical de la fin des années 90.
Jet Set 2, People, La Vérité si je mens !, 99 Francs, Le Péril jeune