Le temps détruit tout. L'histoire est racontée à rebours, commençant par la vengeance sanglante d'un homme suite au viol de sa compagne. Le film remonte jusqu'au traumatisme initial, nous forçant à voir les conséquences avant les causes. C'est une expérience sensorielle éprouvante qui interroge la fatalité et la nature de la violence. Le spectateur est confronté à une réalité insoutenable.
Gaspar Noé a voulu créer un film qui soit une expérience purement physique, utilisant le montage inversé pour briser la linéarité du temps. L'inspiration est venue de son désir d'explorer la fatalité. Le réalisateur voulait que le spectateur se sente piégé dans les événements, incapable de détourner le regard. L'écriture a été centrée sur l'intensité des émotions brutes. Le projet a été conçu pour être le plus radical possible. Le tournage a utilisé des techniques de caméra novatrices pour renforcer le malaise. La volonté était de montrer que le temps est un cycle destructeur. C'est un projet qui a été porté par une équipe restreinte et dévouée. Le film est une œuvre testament sur la violence.
Le film a provoqué des évanouissements et des départs en masse dans les salles de cinéma, ce qui a largement contribué à sa légende. La critique a été tétanisée par la scène du viol et la scène de la vengeance, jugées insoutenables de réalisme. Certains ont crié au génie pour la maîtrise technique et le montage inversé, d'autres ont dénoncé une pornographie de la violence gratuite. Le débat sur la responsabilité du cinéaste a été houleux.
Le public a été profondément traumatisé par ce film, qui reste l'un des plus difficiles à oublier. Le statut de "film maudit" est devenu une évidence. Les spectateurs qui l'ont vu en gardent un souvenir impérissable, souvent mêlé de répulsion. C'est une œuvre qui est aujourd'hui étudiée pour sa forme cinématographique unique et audacieuse, tout en étant déconseillée aux personnes sensibles. Le film a réussi à marquer l'histoire du cinéma français comme peu d'autres.
Le temps, la fatalité, la violence vengeresse, le viol, la destruction, et la fragilité du bonheur.
La fin du film, qui est chronologiquement le début de l'histoire, montre le bonheur simple et innocent avant le drame. Cette fin est d'autant plus déchirante qu'elle contraste radicalement avec toute la violence vue précédemment. Elle confirme le message central : tout est déjà écrit, et le bonheur n'était qu'un sursis avant l'inéluctable.
Le titre affirme la nature irréversible du temps et des actes humains, que rien ne peut effacer ou réparer.
La bande originale de Thomas Bangalter utilise des basses fréquences censées provoquer un malaise physique chez le spectateur, une expérience sonore unique.
Enter the Void, Funny Games.