Alain et Marie emménagent dans un pavillon de banlieue qui semble parfait à tous points de vue. Mais l'agent immobilier leur révèle, avant la vente, un secret étonnant caché dans la cave : une trappe aux propriétés proprement extraordinaires. Alors que le couple explore les conséquences vertigineuses de cette découverte, leurs amis Gérard et Jeanne, eux, s'enfoncent dans une tout autre quête, celle de la performance à tout prix. Entre fantaisie et mélancolie, Incroyable mais vrai interroge avec un humour très noir notre rapport obsessionnel au temps qui passe.
Fidèle à sa méthode habituelle, Quentin Dupieux a construit Incroyable mais vrai autour d'un postulat unique et absurde, cette fois une trappe magique nichée dans la cave d'un pavillon de banlieue. Le réalisateur, également connu sous le nom de scène Mr. Oizo, a voulu s'éloigner de la pure comédie potache de ses précédents films pour aller vers quelque chose de plus mature et de plus mélancolique, une réflexion sur l'érosion du couple et l'angoisse du temps qui passe. Il retrouve pour l'occasion Alain Chabat, qu'il avait déjà dirigé dans Réalité, ainsi qu'Anaïs Demoustier, abonnée à son univers depuis Au poste !.
La critique salue un Quentin Dupieux plus mature qu'à l'accoutumée, capable de faire cohabiter des scènes franchement drôles avec une tonalité plus sombre et parfois même poignante. Plusieurs observateurs regrettent cependant un rythme un peu mou et un humour potache jugé plus inégal que dans ses précédents films, tout en saluant unanimement des interprètes injustement écartés du haut de l'affiche, à commencer par Benoît Magimel, hilarant en patron obsédé par sa virilité. D'autres critiques soulignent la réussite du dispositif narratif, qui distille son mystère avec une grande économie de moyens et récompense la patience du spectateur dans son dernier quart d'heure. Le film réalise un démarrage solide au box-office français, se plaçant en tête des nouveautés dès sa sortie avec plus de 200 000 entrées cumulées en deux semaines d'exploitation. Incroyable mais vrai a reçu le prix du meilleur scénario, ex æquo avec Fumer fait tousser du même réalisateur, au Festival international du film fantastique de Catalogne 2022.
Le film a été présenté en avant-première à la Mostra de Venise 2021, plusieurs mois avant sa sortie en salles françaises, puis projeté hors compétition à la Berlinale 2022. Léa Drucker et Benoît Magimel tournaient tous deux pour la première fois sous la direction de Quentin Dupieux, le second racontant avoir été contacté par le réalisateur une dizaine d'années plus tôt, impressionné par sa performance dans La Fille coupée en deux de Claude Chabrol.
Le film explore l'obsession contemporaine de la jeunesse éternelle, l'usure du couple avec le temps, la pression sociale de la performance professionnelle et sexuelle, ainsi que les névroses individuelles qui trouvent des exutoires de plus en plus absurdes.
Le titre met l'accent sur le "mais vrai" plutôt que sur l'"incroyable", signalant que Quentin Dupieux ancre ici son postulat fantastique dans un rapport au réel plus marqué que dans ses films précédents, où l'absurde se glisse discrètement dans un quotidien banal plutôt que de le submerger entièrement.
Mandibules (2020, Quentin Dupieux) et Le Daim (2019, Quentin Dupieux), deux autres comédies absurdes du même réalisateur construites autour d'un objet ou d'un postulat unique.