Ce thriller psychologique et politique retrace minutieusement les mois qui ont précédé l'assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin en 1995, à travers les yeux de son meurtrier, Yigal Amir. Le film explore l'engrenage de la radicalisation idéologique et religieuse d'un jeune étudiant en droit brillant mais influençable. Porté par un climat de tension nationale extrême, le récit plonge dans les coulisses de l'extrémisme politique. C'est une œuvre historique percutante sur un traumatisme national majeur.
Le projet est le fruit d'un travail de recherche documentaire colossal mené par le réalisateur pendant plusieurs années pour comprendre comment un tel acte a pu se produire. L'idée originelle était de décortiquer le processus psychologique et sociétal qui mène à l'assassinat politique au sein d'une démocratie. Le cinéaste s'est basé sur les transcriptions d'interrogatoires, les journaux intimes et les entretiens avec les proches de Yigal Amir. L'inspiration est venue de la nécessité de confronter la société israélienne à ses propres démons contemporains.
La critique internationale a acclamé la rigueur quasi documentaire du film et l'interprétation magistrale et glaçante de Yehuda Nahari Halevi. Les spécialistes ont salué l'audace du cinéaste qui évite le piège du sensationnalisme pour livrer une analyse clinique de la haine fanatique. Le film a été qualifié d'œuvre d'utilité publique indispensable pour comprendre l'histoire contemporaine du Moyen-Orient. La tension dramatique constante a également été saluée comme un coup de force cinématographique. En Israël, le film a suscité d'intenses débats de société et une vive controverse politique dès sa présentation dans les festivals. Si une grande partie du public a salué le courage de l'œuvre, certains milieux conservateurs ont exprimé leur malaise face au choix de centrer le récit sur le tueur. Malgré les tensions, le long-métrage a attiré un public nombreux et curieux, désireux de lever le voile sur cette page sombre de l'histoire. Les débats post-projection ont témoigné de la cicatrice toujours ouverte laissée par cet événement national. Le film a remporté le prestigieux Prix Ophir du meilleur film en Israël, ce qui lui a permis de représenter officiellement son pays dans la course aux Oscars.
Yaron Zilberman s'est inspiré des thrillers politiques des années 1970, comme Les Hommes du président, adoptant une caméra objective et une colorimétrie froide et réaliste. Le tournage s'est déroulé sous haute sécurité en raison de la sensibilité extrême du sujet traité, l'équipe craignant des perturbations de la part de groupuscules radicaux. Les décors ont été reconstitués avec une précision maniaque pour correspondre exactement à l'ambiance visuelle du Tel Aviv du milieu des années 1990. L'acteur principal a dû s'isoler socialement pendant le tournage pour maintenir l'état d'esprit sombre et obsessionnel de son personnage. La reconstitution du discours final et du meurtre sur la place publique a été un moment d'une charge émotionnelle écrasante pour toute l'équipe technique. De nombreux figurants présents ce jour-là avaient assisté au véritable rassemblement de 1995, provoquant des larmes spontanées durant les prises.
Le film décortique les thèmes du fanatisme religieux, de la manipulation politique par la rhétorique de la haine et de la faillite des services de sécurité. Il pose une question fondamentale sur la fragilité des processus de paix face à l'extrémisme idéologique et examine la psychologie de l'endoctrinement chez les jeunes adultes.
Le film s'achève de manière abrupte sur le moment fatidique des coups de feu, suivi d'images d'archives réelles de l'annonce officielle de la mort de Yitzhak Rabin. Cette conclusion tragique rappelle au spectateur que la fiction s'efface devant la réalité irréversible de l'histoire. La fin souligne les conséquences géopolitiques incalculables de ce geste, qui a changé à jamais le destin de toute une région.
Le titre original fait référence à la provocation, à l'incitation à la haine et au harcèlement moral systématique qui ont pavé la voie vers le meurtre. Il met en accusation non pas seulement le bras armé, mais tout l'écosystème de discours radicaux qui a rendu l'acte légitime aux yeux du tueur.
Le film continue d'être projeté dans les universités et les écoles de sciences politiques comme un cas d'école sur la radicalisation et les dangers du populisme rhétorique.
Z, Munich, Omar