Justine Lacroix, jeune journaliste télé cantonnée à la rubrique des chiens écrasés, tombe sous le charme de Djalil Boudaoud, séduisant chirurgien urgentiste d'origine algérienne. Leur histoire d'amour, d'abord idyllique, se heurte bientôt aux préjugés tenaces de leurs familles respectives, les Lacroix et les Boudaoud, que tout semble opposer. Entre clichés culturels et incompréhensions mutuelles, le jeune couple va devoir affronter le poids des traditions pour faire triompher leur amour.
Il reste du jambon ? est le premier long-métrage réalisé par Anne Depétrini, ancienne chroniqueuse télévisée, qui s'inspire directement de sa propre relation avec l'acteur Ramzy Bedia, coscénariste et coproducteur du film. L'anecdote qui donne son titre au film est authentique : Ramzy aurait un jour piqué une véritable crise à cause d'un paquet de jambon retrouvé dans leur réfrigérateur commun, symbole du choc culturel vécu au quotidien par le couple. Depétrini a voulu, à travers cette comédie, démystifier les couples mixtes et déconstruire les préjugés réciproques qu'elle avait elle-même pu observer au sein de son propre entourage familial.
Le film reçoit un accueil très mitigé de la critique, régulièrement qualifié de comédie accumulant les clichés culturels les plus lourds sans jamais véritablement les dépasser. Plusieurs observateurs reprochent au film des gags répétitifs et prévisibles, ainsi qu'un traitement caricatural des deux familles, jugé contre-productif au regard du message de tolérance affiché par le film. D'autres critiques saluent cependant la justesse de jeu d'Anne Marivin et quelques répliques bien senties qui font mouche malgré la lourdeur générale de l'ensemble. Le public se montre également partagé, certains spectateurs appréciant sincèrement une comédie familiale sans prétention, d'autres la jugeant sévèrement en deçà d'autres comédies françaises abordant un sujet similaire, comme Tout ce qui brille.
Le scénario du film s'inspire directement de la vie personnelle de la réalisatrice, le personnage de Justine, interprété par Anne Marivin, étant en grande partie calqué sur Anne Depétrini elle-même. Ramzy Bedia, alors compagnon de la réalisatrice à la ville, interprète ici l'un de ses rares rôles dramatiques après des années de carrière essentiellement comique.
Le film explore les préjugés culturels au sein des couples mixtes, le poids des traditions familiales face au désir d'émancipation individuelle, la confrontation entre deux visions différentes de l'identité française, ainsi que la difficulté à s'affranchir du regard de sa propre famille par amour.
Le titre, tiré d'une anecdote authentique vécue par la réalisatrice et son compagnon à propos d'un paquet de jambon retrouvé dans leur réfrigérateur, symbolise avec humour les petits chocs culturels du quotidien qui, accumulés, peuvent mettre à l'épreuve même les couples les plus amoureux.
Tout ce qui brille (2010, Géraldine Nakache et Hervé Mimran) et Mauvaise foi (2006, Roschdy Zem), autre comédie française centrée sur un couple mixte confronté aux préjugés familiaux.