Lundi, 13 juillet 2026
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Il était une fois en Chine

Il était une fois en Chine

1991 Hong Kong
Synopsis

À Canton à la fin du XIXe siècle, alors que les puissances étrangères imposent leur loi et que la Chine vit une période de bouleversements profonds, le maître des arts martiaux Wong Fei-hung cherche à concilier la tradition chinoise et la modernité occidentale. Face au trafic d'esclaves mené par des gangsters locaux en complicité avec des étrangers, il doit protéger sa communauté tout en s'interrogeant sur l'avenir de sa culture. Tsui Hark livre une fresque martiale et patriotique majestueuse, qui inaugure l'une des plus grandes sagas du cinéma de Hong Kong et révèle au monde le talent exceptionnel de Jet Li.

Genèse du film

Il était une fois en Chine s'inspire de la vie réelle de Wong Fei-hung, médecin et maître de kung-fu cantonais du XIXe siècle considéré comme un héros national en Chine et qui avait déjà fait l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques cantonaises depuis les années 1940. Tsui Hark, l'un des cinéastes les plus importants de Hong Kong, voulait créer une version moderne et spectaculaire de cette légende qui soit à la fois un film de kung-fu exaltant et une réflexion sérieuse sur l'identité chinoise face à l'impérialisme occidental. Le projet s'inscrivait dans un contexte politique chargé — quelques années avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997 — et les questions d'identité nationale et culturelle que le film soulevait résonnaient avec une intensité particulière pour le public hongkongais. Tsui Hark souhaitait renouveler le genre des films de kung-fu en lui donnant une dimension épique et politique qui dépasse le simple spectacle martial, en montrant comment les arts martiaux peuvent être une expression de la résistance culturelle face à l'envahisseur. Jet Li, qui avait connu le succès dans des films de kung-fu précédents, était le choix évident pour incarner la noblesse et la puissance martiale de Wong Fei-hung tout en lui donnant une vulnérabilité humaine rare dans le genre.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : Il était une fois en Chine a reçu un accueil critique exceptionnel à Hong Kong et dans les circuits du cinéma asiatique international, les journalistes saluant l'ambition et la réussite d'un film qui révolutionnait le genre du film de kung-fu. Les chorégraphies de Yuen Woo-Ping ont été unanimement célébrées comme parmi les plus inventives et les plus spectaculaires jamais filmées. La dimension politique et historique du film lui conférait une profondeur peu commune dans le genre.

Réception du public : Le film a été un triomphe commercial monstre à Hong Kong et dans tout l'Asie du Sud-Est, devenant l'un des plus grands succès de l'histoire du cinéma hongkongais. Il a également lancé une passion mondiale pour le cinéma d'action asiatique qui ne ferait que croître dans les années suivantes. La saga Il était une fois en Chine est devenue l'une des franchises les plus importantes de l'histoire du cinéma de Hong Kong.

Récompenses obtenues : Le film a remporté plusieurs Hong Kong Film Awards, notamment pour les meilleurs effets spéciaux et la meilleure chorégraphie de combat. Il est régulièrement cité dans les classements des meilleurs films d'action asiatiques de tous les temps.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Tsui Hark s'est nourri à la fois de la tradition des films de Wong Fei-hung cantonais des années 1950 et 1960 — notamment ceux avec Kwan Tak-hing — et du cinéma d'arts martiaux des années 1970 de Bruce Lee et Chang Cheh pour créer quelque chose qui synthétise ces héritages tout en les dépassant. Il voulait que le film soit visuellement et dramatiquement à la hauteur de la stature mythologique du personnage.

Difficultés de production : La coordination des séquences de combat, qui mêlaient des acrobaties extraordinaires, des câbles permettant des mouvements impossibles et une action caméra très exigeante, représentait un défi technique considérable. Yuen Woo-Ping et son équipe de cascadeurs ont dû développer de nouvelles techniques pour réaliser des séquences qui dépassaient tout ce qui avait été fait auparavant dans le genre.

Anecdote sur une scène particulière : La scène du duel final sur les échafaudages de bambou, dans laquelle Jet Li combat son adversaire à une hauteur vertigineuse avec une agilité et une précision stupéfiantes, est souvent citée comme l'une des plus grandes scènes de combat de l'histoire du cinéma asiatique. Elle a nécessité des semaines de préparation et de tournage en raison de sa complexité technique exceptionnelle.

Thèmes abordés

Il était une fois en Chine est une réflexion profonde sur l'identité culturelle chinoise confrontée à l'impérialisme occidental — Wong Fei-hung incarne la Chine traditionnelle dans sa grandeur et ses limites, forcée de s'adapter à un monde qui change radicalement sans trahir ses valeurs fondamentales. La modernité comme menace et comme opportunité est au cœur du dilemme du personnage : les armes à feu rendent les arts martiaux obsolètes, mais la supériorité morale de la culture chinoise reste intacte. Le patriotisme et la résistance comme formes d'expression culturelle sont célébrés sans excès nationaliste, le film cherchant à distinguer la fierté culturelle légitime du chauvinisme simpliste. La relation entre maître et disciples illustre la transmission des valeurs et des savoirs comme condition de la survie culturelle. Enfin, le film questionne ce qui fait la grandeur d'une civilisation — est-ce sa puissance militaire ou ses valeurs ?

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

La résolution du film voit Wong Fei-hung vaincre les trafiquants et les corrompus qui exploitaient sa communauté, non pas par la seule supériorité de ses arts martiaux mais par une combination de courage moral, d'intelligence tactique et de solidarité communautaire. La victoire est réelle mais le film ne cache pas que la menace des puissances étrangères et de la modernité armée reste entière — Wong Fei-hung a gagné une bataille dans une guerre qui durera des décennies. La fin est donc à la fois triomphante et mélancolique, confirmant que le vrai héros est celui qui combat même quand il sait que la lutte sera longue.

Signification du titre

Il était une fois en Chine — Once Upon a Time in China — s'inscrit délibérément dans la tradition des titres de contes et de récits épiques, "Il était une fois" signalant immédiatement que l'on entre dans le registre de la légende autant que de l'histoire. La référence à "Il était une fois dans l'Ouest" de Sergio Leone est implicite mais réelle — Tsui Hark proposait son propre western asiatique, avec ses propres codes et sa propre mythologie. La Chine du titre n'est pas simplement un lieu mais un état d'esprit, une civilisation en train de se chercher face à l'adversité.

Actualités

Il était une fois en Chine reste l'une des franchises les plus importantes de l'histoire du cinéma de Hong Kong et un film fondateur pour toute une génération de cinéastes et de fans d'arts martiaux. Jet Li est devenu une star mondiale dont la carrière hollywoodienne doit beaucoup à la reconnaissance qu'il a acquise dans cette saga. Tsui Hark continue d'être l'un des cinéastes les plus prolifiques et les plus influents du cinéma asiatique contemporain. Un remake ou une suite moderne a régulièrement été évoqué sans jamais se concrétiser de façon satisfaisante.

Films Similaires

Les cinq suites d'Il était une fois en Chine forment avec ce premier film une saga indispensable pour comprendre l'évolution du personnage et du genre. Hero de Zhang Yimou (2002) partage la même ambition de film d'arts martiaux à dimension philosophique et politique. Tigre et Dragon d'Ang Lee (2000) a porté le cinéma d'arts martiaux asiatique à sa plus haute reconnaissance internationale. Les films de Bruce Lee — notamment La Fureur du Dragon (1972) — sont les ancêtres directs de ce film. Enfin, The Raid de Gareth Evans (2011) représente l'héritier le plus direct de la tradition des films d'arts martiaux asiatiques dont Il était une fois en Chine est un jalon fondateur.