Il y a plus de cinq mille trois cents ans, dans les Alpes de l'Ötztal, Kelab, chef d'une petite tribu néolithique, mène une existence paisible au bord d'un ruisseau avec les siens. De retour d'une expédition de chasse, il découvre son campement entièrement décimé, incendié par des assaillants inconnus qui ont également dérobé un précieux coffret sacré. Seul son bébé a survécu au massacre. Déterminé à retrouver les coupables et à venger les siens, Kelab entame alors, avec son enfant, une traque impitoyable à travers les montagnes glacées.
Iceman s'inspire de la découverte, le 19 septembre 1991, de la momie naturelle d'un homme préhistorique dans les Alpes de l'Ötztal, rapidement surnommé Ötzi par les médias et les scientifiques du monde entier. Le réalisateur Felix Randau, également scénariste du film, s'est appuyé sur les données archéologiques disponibles concernant la mort violente de cet homme, notamment la présence d'une pointe de flèche dans son corps et de traces de sang appartenant à quatre personnes différentes sur ses vêtements, pour imaginer une fiction plausible des derniers jours de sa vie. Randau a fait le choix radical de tourner la quasi-totalité du film sans dialogues traduits, ayant recours à une reconstitution linguistique du rhétique élaborée spécialement pour l'occasion par un linguiste. Ce parti pris cherche à renforcer l'immersion du spectateur dans un monde primitif dénué de toute médiation langagière familière. Le tournage s'est déroulé dans les Alpes tyroliennes et bavaroises, offrant des décors naturels d'une grande authenticité visuelle.
Résumé des critiques professionnelles : La critique salue l'ambition visuelle et la rigueur historique relative du projet, tout en reconnaissant une intrigue relativement simple, construite comme un classique récit de vengeance. Le magazine Variety évoque un western néolithique aux beaux paysages mais à la texture dramatique limitée, comparant le film à Apocalypto de Mel Gibson en moins frénétique. Le film obtient un taux d'approbation de 86 pour cent sur l'agrégateur Rotten Tomatoes, signe d'un accueil globalement favorable malgré ces réserves. Réception du public : Le public se montre séduit par l'immersion visuelle et sonore proposée par le film, saluant notamment la performance intense de Jürgen Vogel dans le rôle principal. Le pari du dialogue en langue reconstituée sans sous-titres est généralement salué comme une expérience de cinéma originale, renforçant le sentiment d'étrangeté et d'authenticité recherché par le réalisateur. Récompenses obtenues : Le film n'a pas obtenu de récompense internationale majeure, mais a été bien accueilli lors de sa présentation au festival de Locarno en 2017.
Inspirations du réalisateur : Felix Randau s'est directement appuyé sur les découvertes scientifiques concernant la momie d'Ötzi pour construire une fiction plausible de ses derniers jours, notamment les traces de violence retrouvées sur son corps et ses effets personnels. Anecdote sur une scène particulière : Bien que l'analyse ADN de la véritable momie ait révélé des yeux marron, le film choisit de conserver les yeux bleus de l'acteur principal Jürgen Vogel, le réalisateur expliquant simplement ne pas avoir voulu modifier cette caractéristique naturelle de son interprète. Difficultés de production : Le choix de tourner en langue rhétique reconstituée, sans traduction à l'écran, a représenté un défi de mise en scène important, contraignant les acteurs à s'appuyer presque exclusivement sur le langage corporel et les expressions pour transmettre les émotions du récit.
Iceman explore la vengeance comme moteur de survie dans un monde préhistorique d'une extrême dureté, où la violence apparaît comme une constante intemporelle de la nature humaine. Le film interroge également la paternité et la responsabilité de transmettre la vie face à l'adversité la plus totale, à travers la relation entre Kelab et son bébé rescapé. La spiritualité et le sacré, incarnés par le mystérieux coffret dérobé au clan, traversent tout le récit comme un enjeu aussi important que la vengeance elle-même. Le film questionne enfin la persistance de la nature humaine, violente autant que profondément attachée à ses rites et croyances, à travers les âges.
Au terme d'une traque acharnée à travers les montagnes glacées, Kelab parvient à retrouver et affronter les responsables du massacre de son clan, récupérant au passage le coffret sacré volé. Le film choisit de conclure sur l'image de la mort de son héros, en écho direct à la découverte archéologique réelle d'Ötzi, retrouvé mort dans la glace des Alpes des milliers d'années plus tard. Cette fin circulaire referme la boucle entre fiction et réalité scientifique, transformant la légende moderne de la momie en une histoire humaine tragique et universelle.
Le titre Iceman, littéralement l'homme des glaces, reprend le surnom donné par les scientifiques et les médias à la momie découverte en 1991 dans les Alpes de l'Ötztal, dont le film imagine les derniers jours de vie avant sa mort figée dans la glace pendant plus de cinq mille ans.
The Revenant d'Alejandro González Iñárritu, Apocalypto de Mel Gibson et La Guerre du feu de Jean-Jacques Annaud partagent avec Iceman cette même reconstitution immersive et violente de mondes préhistoriques ou primitifs marqués par la survie et la vengeance.