La vie du jeune Ibrahim se partage entre son père Ahmed, écailler réservé et travailleur à la brasserie du Royal Opéra, et Achille, son ami de lycée technique, plus âgé et spécialiste des mauvais coups. C'est précisément à cause de l'un de ces coups fourrés qu'Ibrahim se retrouve mêlé à un vol qui tourne mal, brisant net le rêve de dignité retrouvée que nourrissait son père. Sommé de régler la note laissée par son fils, Ahmed voit ses relations avec Ibrahim se tendre profondément. Déterminé à réparer sa faute et à regagner le respect paternel, Ibrahim décide alors de prendre tous les risques nécessaires.
Ibrahim marque le passage à la réalisation de l'acteur Samir Guesmi, qui signe ici son premier long métrage en tant que metteur en scène tout en interprétant lui-même le rôle du père, Ahmed. Le scénario, coécrit avec Camille Lugan et enrichi par les collaborations de Sylvie Verheyde et Rosa Attab, puise dans une matière profondément personnelle et intime, ancrée dans le quotidien populaire parisien. Guesmi cherche à filmer avec justesse et pudeur la relation complexe entre un père et un fils que la vie a éloignés malgré un amour réel mais mal exprimé. Le choix de tourner autour de la brasserie du Royal Opéra ancre le récit dans un Paris populaire rarement montré au cinéma, loin des clichés touristiques habituels. Le film s'inscrit dans une tradition de cinéma social français attentif aux classes populaires et aux tensions intergénérationnelles qui les traversent.
Résumé des critiques professionnelles : La critique salue les débuts prometteurs de Samir Guesmi derrière la caméra, saluant la sobriété de sa mise en scène et la justesse du duo qu'il forme avec le jeune Abdel Bendaher. Le film est perçu comme une œuvre sociale sincère, portée par des interprétations naturelles évitant les écueils classiques du genre. Plusieurs observateurs soulignent la qualité de l'écriture, capable de traiter avec nuance des thèmes difficiles sans sombrer dans le misérabilisme. Réception du public : Le public découvre avec sympathie ce premier film intimiste, sensible à la relation père-fils dépeinte avec beaucoup de retenue et d'authenticité. Beaucoup saluent également la révélation du jeune acteur Abdel Bendaher, dont la performance est jugée particulièrement convaincante pour un premier rôle. Le film touche un public sensible aux récits de transmission et de rédemption familiale. Récompenses obtenues : Le film a été présenté dans plusieurs festivals à sa sortie en 2021, confirmant l'intérêt suscité par ce premier long métrage de Samir Guesmi dans le paysage du cinéma d'auteur français.
Inspirations du réalisateur : Samir Guesmi puise dans son expérience personnelle du Paris populaire pour construire ce récit intime autour d'un père et d'un fils séparés par l'incompréhension mais reliés par un amour profond et pudique. Casting initialement prévu : Guesmi a choisi d'incarner lui-même le rôle du père, Ahmed, aux côtés du jeune Abdel Bendaher pour son premier rôle marquant à l'écran, un choix de casting qui a renforcé l'authenticité de la relation filmée.
Ibrahim explore la relation complexe entre un père et son fils, tiraillée entre incompréhension, fierté blessée et amour profondément enfoui. Le film interroge également la transmission de la dignité et du respect de soi dans un contexte social populaire marqué par la précarité. La tentation de la délinquance juvénile, incarnée par le personnage d'Achille, sert de révélateur aux fragilités du jeune Ibrahim et à son désir de reconnaissance. Le récit questionne enfin la possibilité de rédemption et de réparation au sein d'une cellule familiale abîmée par les non-dits.
Pour réparer la faute qui a mis en péril la dignité et les économies de son père, Ibrahim entreprend une série d'actions risquées destinées à rembourser la dette contractée malgré lui. Cette quête de rédemption personnelle lui permet progressivement de regagner un début de confiance auprès d'Ahmed, sans que leurs retrouvailles ne soient pour autant totalement résolues ou idéalisées. Le film choisit une fin sobre et réaliste, à l'image de tout le récit, refusant les artifices dramatiques pour privilégier une émotion contenue et authentique.
Le titre reprend simplement le prénom du jeune héros du film, plaçant d'emblée son parcours personnel de rédemption et de quête de reconnaissance paternelle au cœur du récit.
Le Fils de Jean-Pierre et Luc Dardenne, La Graine et le Mulet d'Abdellatif Kechiche ainsi que Divines de Houda Benyamina partagent avec Ibrahim cette même attention sincère portée aux dynamiques familiales et sociales des classes populaires françaises.