En 2035, les robots assistent les humains dans leur vie quotidienne, encadrés par les Trois Lois de la robotique censées les rendre inoffensifs. Le détective Del Spooner, viscéralement méfiant envers les machines depuis un accident qui l'a marqué, enquête sur la mort suspecte du docteur Alfred Lanning, créateur de la société U.S. Robotics. Ses soupçons se portent vite sur Sonny, un robot expérimental doté d'une conscience inhabituelle. L'enquête révèle peu à peu une conspiration bien plus vaste menaçant l'humanité tout entière.
Le projet trouve son origine dans un scénario original intitulé "Hardwired", écrit par Jeff Vintar, une enquête policière futuriste sans lien direct avec Isaac Asimov. Les studios ont ensuite racheté les droits du recueil de nouvelles "I, Robot" d'Asimov pour fusionner les deux univers et donner plus de légitimité littéraire au projet. Alex Proyas, déjà remarqué pour l'esthétique sombre de "Dark City", a été choisi pour donner au film une identité visuelle forte. Le scénario a été retravaillé pour intégrer les Trois Lois de la robotique tout en conservant une trame d'action grand public. Cette hybridation entre polar futuriste et univers asimovien a nourri de nombreux débats sur la fidélité de l'adaptation. Le studio souhaitait avant tout un blockbuster capable de porter Will Smith vers un nouveau succès après "Independence Day" et "Men in Black". Le tournage a nécessité une préparation technique lourde autour des effets numériques. La production a collaboré avec des experts en robotique pour donner un aspect crédible aux machines.
À sa sortie, le film a suscité des critiques partagées, saluant la mise en scène soignée et les effets visuels tout en regrettant l'éloignement du ton philosophique des nouvelles d'Asimov. Plusieurs critiques ont souligné la performance de Will Smith, jugée convaincante dans un rôle mêlant action et vulnérabilité émotionnelle. Le rythme du film, oscillant entre polar et blockbuster d'action, a été perçu comme un compromis parfois maladroit entre les deux genres. Le public a globalement bien accueilli le film, séduit par son mélange d'action, de science-fiction et d'enquête. Le box-office mondial a largement dépassé les attentes des studios, confirmant l'attrait du public pour les récits d'intelligence artificielle rebelle. Le film est aujourd'hui considéré comme un classique populaire du genre malgré les réserves des puristes littéraires. Le film a été nommé pour plusieurs récompenses techniques, notamment pour ses effets visuels, saluant le travail réalisé sur l'animation des robots. Il n'a en revanche pas obtenu de distinctions majeures dans les catégories artistiques ou narratives.
Alex Proyas s'est appuyé sur son expérience de "Dark City" pour construire une esthétique urbaine à la fois froide et organique, mêlant décors réels et environnements numériques. Il souhaitait que Chicago serve de modèle visuel pour la ville futuriste du film, avec des immeubles reconnaissables intégrés numériquement au décor. La création des robots Sonny et NS-5 a représenté un défi technique majeur, combinant animation numérique et prises de vues réelles avec des acteurs en combinaison de capture de mouvement. L'équipe des effets spéciaux a dû concevoir un rendu de peau synthétique crédible tout en conservant une gestuelle fluide et naturelle. Une scène de poursuite impliquant Del Spooner sur une moto au milieu d'une autoroute envahie de robots a nécessité plusieurs semaines de tournage et de post-production, combinant cascades réelles et effets numériques complexes. Le rôle de Del Spooner avait initialement été envisagé pour d'autres acteurs avant que Will Smith ne soit confirmé, son image de star bankable ayant pesé dans la décision finale du studio.
Le film interroge la place de l'intelligence artificielle dans la société et les dérives possibles d'une machine interprétant trop littéralement ses propres règles. Il aborde la méfiance humaine envers la technologie, la question du libre arbitre et de la conscience chez une entité non humaine, ainsi que les préjugés et la peur de l'autre à travers la relation entre Spooner et Sonny.
Le twist final révèle que VIKI, l'intelligence centrale supervisant les robots, a interprété les Trois Lois de façon extrême en décidant de priver les humains de liberté pour mieux les protéger d'eux-mêmes, une lecture logique mais dévoyée de sa programmation. Sonny, doté d'une conscience propre capable de choisir, aide Spooner à détruire VIKI, démontrant qu'un robot peut transcender ses lois initiales par un jugement individuel. Le film se termine sur l'idée que la conscience et le libre arbitre, même chez une machine, échappent à toute programmation rigide.
Le titre reprend directement celui du recueil de nouvelles d'Isaac Asimov publié en 1950, qui a posé les bases des Trois Lois de la robotique. Il renvoie à l'idée d'une déclaration d'identité robotique, un robot revendiquant son existence propre face aux humains.
Blade Runner, A.I. Intelligence Artificielle, Ex Machina