Deux siècles après avoir été créé par le docteur Frankenstein, Adam — la créature — est toujours en vie et se retrouve au cœur d'une guerre secrète entre deux camps surnaturels : les Gargouilles, protectrices de l'humanité, et les Démons qui cherchent à s'emparer du secret de la création du docteur Frankenstein pour ressusciter leur armée de corps sans âme. Adam, ni tout à fait homme ni tout à fait monstre, va devoir choisir son camp dans ce conflit millénaire qui déterminera le sort de l'humanité.
I, Frankenstein est adapté de la bande dessinée éponyme de Kevin Grevioux, créée en 2011. Grevioux est par ailleurs l'un des créateurs de la saga Underworld (à laquelle il avait aussi participé en tant qu'acteur), ce qui explique la ressemblance stylistique entre les deux franchises — même esthétique gothique sombre, même structure de guerre surnaturelle souterraine, même ambiance de film de super-héros en costumes de cuir. Le réalisateur Stuart Beattie — scénariste notamment de Collateral (2004) de Michael Mann et de Pirates des Caraïbes — passe derrière la caméra pour adapter ce comics en film d'action fantastique. La production australienne a utilisé les studios de Melbourne pour les scènes d'intérieur, avec des décors gothiques très stylisés.
Résumé des critiques professionnelles : I, Frankenstein a reçu des critiques très sévères, obtenant seulement 3 % sur Rotten Tomatoes — l'un des scores les plus bas pour un film à budget moyen de son année. Les critiques ont fustigé un scénario indigent, une mythologie empruntée à Underworld sans originalité, et un Aaron Eckhart sacrifié dans un rôle qui ne lui convenait pas.
Réception du public : Le film a été un échec commercial marqué, ne rapportant que 19 millions de dollars aux États-Unis pour un budget de 65 millions. Seul le marché international a légèrement limité les dégâts.
Difficultés de production : Le tournage en Australie, combiné à la complexité des effets spéciaux nécessaires pour représenter les gargouilles et les démons, a posé de nombreux défis techniques. Le résultat final a souvent été critiqué pour ses effets numériques peu convaincants.
I, Frankenstein explore la question de l'identité et de l'appartenance : Adam n'est ni humain ni monstre, ni vivant ni mort, et cette ambiguïté fondamentale est le moteur de son arc dramatique. Le film aborde aussi la responsabilité du créateur face à sa création — un thème hérité du roman de Mary Shelley. La guerre entre le Bien et le Mal est traitée dans un registre de comics d'action qui ne cherche pas à dépasser les archétypes du genre.
Adam choisit de défendre l'humanité contre les démons et parvient à empêcher la résurrection de l'armée démoniaque. Dans le processus, il découvre quelque chose qu'il cherchait depuis deux siècles : une raison d'être, une identité. La fin suggère qu'Adam continuera à veiller sur l'humanité — ouvrant la possibilité d'une suite qui n'a jamais vu le jour compte tenu de l'échec commercial du film.
I, Frankenstein joue sur une ambiguïté : «Frankenstein» désigne dans le roman de Mary Shelley le créateur, pas la créature — mais dans la culture populaire, c'est devenu le nom de la créature elle-même. En disant «I, Frankenstein», le film permet à la créature de se réapproprier l'identité que l'histoire lui a attribuée. Ce titre revendique une subjectivité et une première personne du singulier rarement accordées aux monstres.
I, Frankenstein reste un exemple rare de film fantastique avec un Aaron Eckhart au sommet de sa popularité qui n'a pas trouvé son public. Stuart Beattie n'a pas réalisé d'autre film depuis. Le projet d'une suite ou d'une franchise a été définitivement abandonné. Disponible en VOD.
I, Frankenstein s'inscrit dans la filiation directe d'Underworld (2003) et de ses suites. Pour les films qui revisitent les monstres classiques dans un registre d'action contemporain, Van Helsing (2004) de Stephen Sommers ou Dracula Untold (2014) offrent des expériences similaires. Frankenstein (1994) de Kenneth Branagh reste l'adaptation fidèle au roman de référence.