Bruno et Malik sont les responsables de deux associations distinctes qui s'occupent depuis vingt ans d'enfants et d'adolescents autistes qualifiés de 'cas graves'. Refusés par toutes les structures médicales traditionnelles en raison de leur violence ou de leur complexité, ces jeunes trouvent auprès des deux hommes un refuge et une dignité. Pour faire fonctionner leurs structures, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces adolescents hors normes. Mais leurs méthodes d'éducation alternatives attirent l'attention d'une inspection gouvernementale qui menace de fermer l'association.
Le film s'inspire d'une histoire vraie et du travail quotidien de Stéphane Benhamou et Daoud Tatou, deux éducateurs que les réalisateurs connaissent depuis plus de vingt ans. L'idée originelle est née après le tournage d'un documentaire de commande sur ces associations exceptionnelles, les cinéastes s'étant promis d'en faire un jour une fiction. L'inspiration découle de l'admiration profonde pour ces hommes de l'ombre qui trouvent des solutions là où la société baisse les bras. Le duo Toledano-Nakache a passé de longs mois en immersion dans les structures d'accueil avant d'écrire la première ligne du scénario pour capter la réalité du terrain.
La presse française et internationale a salué ce film humaniste d'une puissance rare, saluant l'équilibre parfait entre l'humour délicat et l'émotion brute. Les critiques ont été impressionnées par les performances bouleversantes de Vincent Cassel et Reda Kateb, ainsi que par la présence de vrais jeunes autistes à l'écran. Le public a réservé un accueil triomphal en salles, le film cumulant des millions d'entrées et générant une immense vague d'émotion populaire. Les spectateurs ont applaudi la description sans fard mais lumineuse de la défaillance des institutions publiques. Le long-métrage a reçu le Prix du Public au Festival de San Sebastián et a cumulé de nombreuses nominations aux César.
L'inspiration de la mise en scène privilégie un style caméra à l'épaule très proche du documentaire pour capter l'urgence et l'énergie débordante du quotidien associatif. Les difficultés de production résidaient dans la direction d'acteurs non professionnels autistes, ce qui exigeait une patience infinie et une adaptation constante du plan de travail. Pour une scène particulière où le jeune Valentin s'enfuit sur le périphérique, le tournage a nécessité une logistique impressionnante pour assurer la sécurité de tous. Le casting initialement prévu s'est imposé naturellement autour de Vincent Cassel, qui a accepté le rôle immédiatement après avoir lu le scénario.
Le film traite de l'autisme sévère, de l'exclusion sociale et de l'engagement associatif face à la rigidité de l'administration d'État. Il aborde également la transmission entre des jeunes de banlieue en réinsertion et des adolescents handicapés, créant un pont de solidarité inattendu. La tolérance et le don de soi y sont célébrés avec force.
La fin émouvante voit le rapport des inspecteurs de l'État reconnaître l'utilité publique indispensable de l'association malgré l'absence de diplômes officiels des encadrants. Une trêve administrative est accordée, permettant à Bruno et Malik de continuer leur œuvre salutaire auprès des familles désespérées. La dernière scène montre une danse joyeuse des jeunes, symbolisant la victoire de l'amour humain sur la froideur bureaucratique.
Le titre souligne la marginalité positive des éducateurs et des enfants, qualifiant des êtres humains exceptionnels qui refusent de rentrer dans les cases standardisées de la société.
La musique délicate signée par le groupe de ambient allemand Grandbrothers apporte une poésie aérienne et une tension dramatique subtile qui magnifient les images du film.
Le long-métrage a permis d'ouvrir des débats politiques majeurs au gouvernement français concernant le budget alloué à la prise en charge de l'autisme sévère.
Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache, Rain Man de Barry Levinson, Vol au-dessus d'un nid de coucou.