L'Agent 47 est un tueur à gages génétiquement modifié, créé par le Programme des Agents pour être le tueur parfait — sans émotion, sans scrupule, sans égal. Sa nouvelle mission le conduit à retrouver une jeune femme prénommée Katia qui cherche à localiser son père mystérieusement disparu, le scientifique qui a créé le Programme des Agents. Mais une organisation secrète cherche à capturer le père pour s'emparer de ses secrets et créer sa propre armée de tueurs génétiquement perfectionnés. Un film d'action stylisé et musclé qui adapte pour la seconde fois la franchise de jeux vidéo Hitman, misent sur l'élégance meurtrière et la froideur calculée de son protagoniste charismatique.
Hitman : Agent 47 est adapté de la franchise de jeux vidéo Hitman développée par IO Interactive depuis 2000, dont le personnage central — l'Agent 47, tueur à gages chauve avec un code-barres tatoué sur la nuque — était devenu une icône du jeu vidéo grâce à son gameplay basé sur la discrétion, le déguisement et l'élimination méthodique. Ce film est un reboot du premier film Hitman de 2007 avec Timothy Olyphant, cherchant à proposer une adaptation plus fidèle à l'esprit de la franchise vidéoludique. Le réalisateur allemand Aleksander Bach, principalement connu pour ses publicités à haut impact visuel, était un choix délibéré pour un film qui devait avant tout être une expérience visuelle élégante et stylisée. Les producteurs souhaitaient créer une franchise d'action internationale dans la veine de Taken ou de la saga Bourne, exploitant le potentiel commercial d'un personnage de jeu vidéo mondialement reconnu. Rupert Friend avait été choisi pour incarner l'Agent 47 après une longue recherche d'un acteur capable de combiner la froideur impassible du personnage avec une présence physique et une élégance qui correspondraient à son image dans les jeux. Le scénario de Skip Woods et Michael Finch cherchait à élargir la mythologie du personnage en explorant ses origines et le programme scientifique qui l'avait créé.
Résumé des critiques professionnelles : Hitman : Agent 47 a reçu des critiques très sévères, les journalistes lui reprochant un scénario incohérent, des personnages inexistants et une action certes bien chorégraphiée mais qui peine à dissimuler la vacuité du projet. La mise en scène de Bach a été jugée trop léchée et trop publicitaire, produisant des images séduisantes qui ne servent aucune substance dramatique. La performance de Rupert Friend a été divisée — certains appréciant sa froideur calculée, d'autres y voyant un manque d'engagement émotionnel.
Réception du public : Le public a réservé au film un accueil tiède, les fans de la franchise de jeux vidéo étant souvent les plus critiques vis-à-vis d'une adaptation jugée superficielle. Les entrées mondiales, environ un cent soixante millions de dollars pour un budget de trente-cinq millions, ont été suffisantes pour rentabiliser le film mais insuffisantes pour convaincre le studio de poursuivre la franchise dans cette direction.
Récompenses obtenues : Hitman : Agent 47 n'a reçu aucune distinction notable et a été plusieurs fois mentionné négativement dans les bilans annuels des adaptations de jeux vidéo ratées.
Inspirations du réalisateur : Aleksander Bach s'est inspiré de l'esthétique des jeux vidéo Hitman — notamment Hitman Absolution et Hitman Blood Money — pour le look du personnage et certaines séquences d'action, cherchant à reproduire la sensation de précision froide et élégante qui caractérise le gameplay de la franchise. Il avait également en tête les films d'espionnage élégants des années 1960.
Difficultés de production : Le tournage dans plusieurs pays européens — Singapour, Berlin, Paris — représentait un défi logistique important pour les équipes de production. La création des séquences d'action avec Rupert Friend, qui n'avait pas d'expérience préalable dans les films d'action à grande échelle, a nécessité des mois d'entraînement intensif.
Casting initialement prévu : Plusieurs acteurs avaient été envisagés pour reprendre le rôle de l'Agent 47 après Timothy Olyphant, le casting s'étant avéré particulièrement difficile pour un personnage qui devait incarner une froideur quasi-inhumaine tout en maintenant une présence magnétique à l'écran.
Hitman : Agent 47 explore la question de la déshumanisation par la technologie et par la modification génétique, l'Agent 47 incarnant un être humain réduit à sa seule fonction meurtrière par le programme scientifique qui l'a créé. La question de l'humanité résiduelle dans un être modifié pour être parfaitement efficace est le sous-texte philosophique du film, même si le scénario ne l'exploite pas avec la profondeur qu'il mériterait. Le contrôle corporatif de la violence et la privatisation de la force létale sont des thèmes modernes que le film aborde à travers l'organisation qui cherche à s'emparer du Programme des Agents. La filiation et la quête des origines — Katia cherchant son père — apportent une dimension émotionnelle qui contraste avec la froideur du personnage principal. La supériorité génétique comme idéologie dystopique est critiquée sans jamais être vraiment analysée.
La résolution révèle que Katia est elle-même une agent génétiquement modifiée, sœur d'un certain point de vue de l'Agent 47, et que leur association contre l'organisation constitue la victoire finale du film. Cette révélation sur l'identité de Katia réconcilie les deux personnages principaux et ouvre la porte à une franchise potentielle dans laquelle ils pourraient opérer ensemble. La fin est volontairement ouverte, signalant les intentions des producteurs de développer une suite qui ne s'est finalement pas matérialisée.
Agent 47 est le nom de code du personnage dans l'univers de la franchise de jeux vidéo, le chiffre 47 faisant référence au 47e sujet du Programme des Agents — un numéro qui déshumanise délibérément le personnage en le réduisant à son rang dans une série expérimentale. Ce code-barres numérique inscrit dans le titre annonce immédiatement la nature du personnage : un être créé, numéroté, catalogué, dont l'identité humaine a été supplantée par une identité fonctionnelle.
Hitman : Agent 47 est aujourd'hui surtout mémorable comme exemple des difficultés persistantes à adapter des jeux vidéo de façon satisfaisante au cinéma. La franchise Hitman a depuis connu un renouveau spectaculaire avec la trilogie de jeux World of Assassination d'IO Interactive (2016-2021), qui a montré que le personnage reste très vivant dans son médium d'origine. Des projets de série télévisée et de nouveau film ont été évoqués depuis, sans aboutir. Rupert Friend continue une carrière essentiellement télévisuelle.
Hitman de Xavier Gens (2007) est le premier film adapté de la même franchise, avec Timothy Olyphant, offrant un point de comparaison direct. Les films Jason Bourne de Paul Greengrass constituent la référence du film d'espionnage d'action contemporain que Hitman cherche à rejoindre. Leon de Luc Besson (1994) est le grand modèle du tueur à gages avec une dimension humaine que les films Hitman n'atteignent pas. John Wick de Chad Stahelski (2014), sorti un an avant, représente ce que le film d'action centré sur un tueur professionnel peut accomplir à son meilleur niveau. Enfin, Assassin's Creed de Justin Kurzel (2016) partage la même problématique de l'adaptation imparfaite d'une franchise de jeux vidéo populaire.