Rob, disquaire passionné et propriétaire d'un magasin de vinyles à Chicago, vient de se faire quitter par sa compagne Laura. Rongé par ce nouvel échec sentimental, il décide de revisiter ses cinq plus grandes ruptures amoureuses pour comprendre ce qui cloche chez lui. Entre confidences directes au spectateur, souvenirs et discussions sans fin sur la musique avec ses employés excentriques, il tente de se réconcilier avec son passé. Ce voyage introspectif le pousse à réévaluer sa façon d'aimer et de vivre.
Le film est une adaptation du roman britannique éponyme de Nick Hornby, publié en 1995, dont l'action est transposée de Londres à Chicago pour le grand écran américain. John Cusack, grand admirateur du livre, a coécrit le scénario et produit le film, porté par son envie personnelle d'incarner ce personnage obsédé par les listes et la musique. Stephen Frears, réalisateur britannique reconnu pour ses portraits de personnages complexes, a été choisi pour diriger cette adaptation transatlantique. L'équipe a cherché à préserver l'ironie et l'autodérision propres au roman original tout en l'ancrant dans la culture musicale américaine des disquaires indépendants.
La critique salue largement le film pour son ton mordant, l'alchimie de son casting et sa capacité à parler avec justesse de l'immaturité affective masculine. La performance de John Cusack est particulièrement appréciée pour son mélange de charme et d'auto-dérision. Jack Black, dans un second rôle mémorable, est également remarqué comme une révélation comique. Le public répond favorablement au film, qui devient rapidement un favori culte auprès des cinéphiles et des passionnés de musique. Son ton mêlant humour et mélancolie séduit un large public au-delà des seuls amateurs de rock. Il continue aujourd'hui d'être régulièrement redécouvert par de nouvelles générations de spectateurs. Le film n'a pas obtenu de grandes récompenses lors des cérémonies majeures, mais il figure régulièrement dans les classements des meilleures comédies romantiques du tournant des années 2000.
Stephen Frears et John Cusack se sont beaucoup inspirés du monde réel des disquaires indépendants pour donner de l'authenticité au magasin fictif de Championship Vinyl et à ses habitués obsessionnels. Le tournage à Chicago a nécessité de reconstituer soigneusement l'ambiance particulière des boutiques de disques des années 1990, alors en pleine mutation face à l'arrivée du CD puis d'internet. Trouver le juste équilibre entre les scènes où Cusack s'adresse directement à la caméra et la continuité narrative du récit a représenté un défi de mise en scène. La scène où le personnage de Jack Black humilie un client venu acheter un disque pour sa fille est devenue culte et a largement contribué à révéler l'acteur au grand public. Plusieurs musiciens, dont Bruce Springsteen, apparaissent en caméo dans le film, un clin d'œil apprécié des cinéphiles mélomanes.
Le film explore la difficulté à grandir affectivement et à s'engager véritablement en amour, à travers un personnage englué dans la nostalgie et les classements de disques. La musique y occupe une place centrale, presque comme un langage à part entière permettant d'exprimer ce que les mots ne peuvent dire. Le film aborde également l'amitié masculine, souvent maladroite mais sincère, ainsi que le passage parfois douloureux de l'adolescence prolongée à l'âge adulte.
Après avoir revisité ses échecs amoureux passés, Rob comprend que le problème ne venait pas seulement des femmes qu'il a aimées mais de sa propre incapacité à s'investir pleinement. Il se réconcilie avec Laura et choisit consciemment de s'engager cette fois sans fuir, symbolisé par la compilation musicale personnalisée qu'il lui offre en cadeau. Le film se termine sur une note d'espoir mesuré, celle d'un homme enfin prêt à accepter la vulnérabilité de l'amour véritable.
Le titre High Fidelity renvoie littéralement à la haute-fidélité, terme technique désignant une reproduction sonore de grande qualité, mais joue aussi sur le double sens de fidélité amoureuse que le personnage principal peine à assumer dans ses relations.
La bande originale, savamment composée de morceaux rock et soul choisis avec soin par les personnages eux-mêmes, occupe une place centrale dans le film au point de devenir un véritable personnage à part entière, incarnant l'art de la mixtape cher à Nick Hornby.
Une série télévisée adaptée du même roman, portée par Zoë Kravitz, a été diffusée en 2020, relançant l'intérêt pour l'œuvre originale de Nick Hornby et pour ce film devenu culte.
Les amateurs de ce film pourront apprécier Empire Records pour son cadre similaire de disquaire, Garden State pour son ton mélancolique et musical, ou encore Say Anything, autre film culte de John Cusack sur les affres du cœur.