Trois sœurs que la vie a éloignées se retrouvent confrontées à de douloureux souvenirs d'enfance liés à leur père et aux drames familiaux qu'elles ont vécus. Chacune porte à sa manière les séquelles d'un passé traumatique qu'elles ont longtemps tenté d'enterrer. Leurs retrouvailles forcées ravivent rancœurs, blessures et secrets longtemps tus. Le film explore avec gravité les liens fraternels abîmés par la souffrance partagée.
Le film s'inspire d'un roman de l'écrivain hongrois Lajos Zilahy, dont l'intrigue familiale dramatique a séduit Bruno Chiche pour sa profondeur psychologique. Le réalisateur souhaitait explorer la manière dont un traumatisme familial commun peut éloigner des sœurs autant qu'il continue secrètement à les lier. Le scénario a nécessité une adaptation importante pour transposer le récit dans un contexte contemporain français. Bruno Chiche a voulu confier ce rôle choral à des actrices capables d'incarner des blessures intimes très différentes les unes des autres. Le projet, plus intimiste que commercial, s'est appuyé sur la force du casting féminin pour porter cette histoire douloureuse. Le tournage s'est concentré sur des décors familiaux propices à l'intimité dramatique recherchée par le réalisateur.
La critique a salué l'intensité dramatique du film ainsi que la performance habitée des trois actrices principales. Plusieurs observateurs ont souligné la justesse avec laquelle le film traite des traumatismes familiaux sans jamais tomber dans le mélodrame facile. D'autres critiques ont jugé le rythme parfois inégal sur la durée du récit. Le film a globalement été perçu comme une œuvre exigeante portée par un casting féminin remarquable. Le public, plus restreint en raison de la gravité du sujet traité, a néanmoins salué l'intensité émotionnelle du film. Le succès commercial est resté modeste, le film s'inscrivant davantage dans le circuit du cinéma d'auteur français. Il a trouvé un écho favorable auprès d'un public sensible aux récits familiaux complexes. Le film reste apprécié pour la qualité de son interprétation collective. Le film n'a pas reçu de récompense majeure lors des grandes cérémonies françaises. Il a néanmoins été salué dans certains festivals pour la qualité de son interprétation féminine. Sa reconnaissance reste essentiellement liée aux performances des actrices principales. Il demeure une œuvre discrète mais marquante du cinéma d'auteur français des années 2000.
Bruno Chiche s'est appuyé sur le roman original tout en l'adaptant pour ancrer le récit dans un cadre français contemporain. Le tournage s'est concentré sur une intimité de jeu intense entre les trois actrices principales, essentielle à la crédibilité du lien fraternel abîmé. Emmanuelle Béart, Karin Viard et Marina de Van ont longuement échangé avant le tournage pour construire une véritable complicité malgré la gravité de leurs personnages respectifs. Le réalisateur a voulu préserver une certaine pudeur dans la mise en scène des traumatismes évoqués, refusant tout sensationnalisme. Plusieurs scènes ont nécessité une préparation émotionnelle particulière en raison de la lourdeur des sujets abordés. Le tournage s'est globalement déroulé dans une ambiance de grande concentration, portée par l'exigence artistique du projet.
Le film aborde le traumatisme familial, la difficulté de pardonner et la manière dont la souffrance partagée peut paradoxalement éloigner des sœurs autant qu'elle continue à les lier.
Les retrouvailles douloureuses entre les trois sœurs permettent finalement une forme de réconciliation partielle, sans pour autant effacer totalement les blessures du passé, soulignant la complexité durable des liens familiaux abîmés par un traumatisme commun.
Le titre, qui signifie littéralement enfer en anglais, évoque directement le traumatisme familial vécu par les trois sœurs et la souffrance intérieure qu'elles portent depuis l'enfance.
Le film reste peu diffusé mais demeure cité dans les analyses du cinéma français traitant des traumatismes familiaux.
La Question humaine, Les Diables, Un secret.