Une comète géante est en route vers la Terre et va provoquer une extinction de masse. John Garrity, ingénieur à Atlanta, reçoit un message gouvernemental inattendu lui indiquant qu'il est sélectionné avec sa famille pour rejoindre un bunker sécurisé au Groenland. Mais entre les paniques collectives, les pillages et les drames familiaux, rejoindre cet abri va s'avérer une odyssée épuisante et déchirante. *Greenland* revisite le film catastrophe en le recentrant sur une famille ordinaire plutôt que sur des héros invulnérables, avec une tension et une humanité rares dans le genre.
Genèse du film
Greenland est né de la volonté du scénariste Chris Sparling et du réalisateur Ric Roman Waugh de proposer un film catastrophe fondamentalement différent des productions habituelles du genre. Là où des films comme 2012 ou The Day After Tomorrow misaient sur la spectacularisation de la destruction et des héros surhumains, Greenland voulait se demander ce qu'une catastrophe mondiale ferait réellement à une famille ordinaire, avec ses failles, ses conflits et ses peurs. L'idée de situer le refuge au Groenland était géographiquement et dramatiquement intéressante : un endroit réel mais inaccessible pour la grande majorité des habitants de la planète, dont le nom évoque à la fois l'espoir (le "pays vert") et l'inhospitalité. Gerard Butler, qui cherchait à diversifier ses rôles d'action avec des personnages plus humains et vulnérables, a été choisi pour son incarnation d'un père de famille ordinaire — sans compétences spéciales, sans héroïsme surhumain. La production a choisi de ne pas montrer les impacts de la comète sur les grandes villes, préférant laisser les personnages — et le spectateur — les imaginer à travers des informations fragmentaires. Cette économie de moyens spectaculaires a renforcé le sentiment de réalisme et d'urgence. Le film a été tourné en partie en Bulgarie pour simuler les paysages américains et groenlandais.
Résumé des critiques professionnelles : Greenland a reçu un accueil critique très positif, la presse saluant son approche humaniste et réaliste du film catastrophe. Beaucoup de journalistes ont été agréablement surpris par la retenue du film dans ses effets spectaculaires et par la qualité de la tension maintenue tout au long du récit. Gerard Butler a été reconnu comme bien plus efficace dans ce registre dramatique que dans ses films d'action habituels. La dimension émotionnelle centrée sur la famille a été unanimement soulignée comme le grand atout du film.
Réception du public : Greenland est sorti en pleine pandémie de Covid-19, ce qui a limité sa diffusion en salles dans de nombreux pays. Aux États-Unis, il est sorti directement en VOD, et son succès sur les plateformes a été phénoménal : il a battu des records de location à la demande, bénéficiant d'un moment particulier où le public confiné était peut-être plus réceptif que jamais à une histoire de survie collective. En France, il a été bien reçu à sa sortie en salles début 2021.
Récompenses obtenues : Greenland n'a pas reçu de grandes récompenses cinématographiques, mais a été distingué dans plusieurs palmarès de critiques comme l'une des meilleures surprises du genre catastrophe de ces dernières années.
Inspirations du réalisateur : Ric Roman Waugh voulait que Greenland soit le film catastrophe le plus réaliste jamais tourné — non pas dans la spectacularisation des effets visuels, mais dans la représentation des comportements humains face à une catastrophe imminente. Il s'est documenté sur les études psychologiques et sociologiques des comportements en situation de catastrophe, et a intégré ces données dans la construction des scènes de foule et de panique. Il souhaitait montrer à la fois le meilleur et le pire de l'humanité, sans manichéisme.
Difficultés de production : Tourner un film catastrophe avec un budget modeste (environ 35 millions de dollars) imposait des choix radicaux sur ce qui serait montré et ce qui resterait hors champ. Waugh et son équipe ont décidé très tôt que les grands impacts visuels resteraient suggérés plutôt que montrés, ce qui paradoxalement renforçait l'effet d'angoisse. La pandémie de Covid-19 a par ailleurs perturbé la fin de la post-production du film.
Anecdote sur une scène particulière : La scène à l'aéroport militaire, où des familles sélectionnées sont brutalement séparées par des agents qui refusent d'embarquer des personnes non autorisées, a été décrite par Waugh comme la plus difficile à tourner émotionnellement. Elle synthétise toute la cruauté froidement bureaucratique d'un monde en fin de survie.
Thèmes abordés
Greenland est un film catastrophe qui utilise son dispositif pour explorer des thèmes profondément humains. La solidarité vs l'égoïsme en situation de crise est le thème central : que fait-on quand notre survie est en concurrence avec celle des autres ? Le film montre les deux faces de l'humanité avec une honnêteté rare. La famille comme ancre dans le chaos est le fil émotionnel principal : c'est pour elle que John continue d'avancer quand tout s'effondre. La bureaucratie de la survie — qui décide qui mérite d'être sauvé, et selon quels critères — est un thème troublant et très actuel. Le film interroge le hasard comme seul critère de survie : être sélectionné pour un bunker est aussi arbitraire que de gagner à la loterie. La fragilité de la civilisation et la rapidité avec laquelle les structures sociales s'effondrent en situation de survie sont représentées avec réalisme. Enfin, Greenland parle de l'amour conjugal mis à l'épreuve et de la façon dont une crise révèle ce qui était vraiment en jeu dans une relation.
Explication de la fin
La fin de Greenland voit la famille Garrity parvenir jusqu'au bunker souterrain au Groenland, après une odyssée semée d'embûches et de pertes humaines. Ils assistent depuis leur abri aux derniers impacts de la comète, qui détruisent une grande partie de la surface terrestre. Le film se conclut sur un épilogue d'espoir : les survivants du bunker sortent enfin à la lumière du jour sur une Terre dévastée mais pas morte, et reçoivent des transmissions radio des quatre coins du monde — preuve que des groupes ont survécu partout. La dernière image, simple et lumineuse, est celle de la famille réunie contemplant un avenir incertain mais possible. C'est une fin qui réconcilie le catastrophisme du genre avec un humanisme fondamental.
Signification du titre
Le titre Greenland désigne le pays réel — le Groenland — où se trouve le bunker qui est l'objectif de la famille Garrity tout au long du film. Mais le titre a aussi une dimension symbolique forte : "Greenland" signifie littéralement "terre verte", ce qui est paradoxal pour une île recouverte de glace et de roche. Ce nom, donné par les Norrois pour attirer des colons, est une sorte de mythe fondateur — une promesse de vie là où il n'y a que froid. Dans le film, le Groenland est précisément cette promesse : un refuge, un espoir, une "terre verte" au sens métaphorique, même si les survivants ignorent ce qu'ils trouveront à leur arrivée. Le titre est donc à la fois géographique et symbolique, ce qui lui confère une profondeur inhabituelle pour un film de genre.
Actualités
Greenland a connu un succès inattendu grâce à la pandémie, devenant l'un des films les plus vus en VOD de l'année 2020. Une suite, Greenland : Migration, est en cours de développement et de production, avec le retour de Gerard Butler et de Morena Baccarin. Le film a confirmé la capacité de Ric Roman Waugh et de Gerard Butler à travailler ensemble sur des films d'action dramatiques, après Angel Has Fallen (2019). Le genre catastrophe humaniste qu'incarne Greenland est en vogue depuis quelques années, en réaction aux blockbusters catastrophe trop spectaculaires.
Films Similaires
La Route (2009) de John Hillcoat partage la même focalisation sur un parent et son enfant survivant dans un monde post-apocalyptique, avec une intensité émotionnelle similaire. Take Shelter (2011) de Jeff Nichols explore de façon plus intime la paranoïa d'un homme convaincu d'une catastrophe imminente. 2012 (2009) de Roland Emmerich est le contre-exemple spectaculaire dont Greenland est le revers humaniste. War of the Worlds (2005) de Spielberg partage la structure d'un père ordinaire traversant une apocalypse pour protéger ses enfants. Don't Look Up (2021) traite de la même menace cométaire mais sous l'angle de la satire politique.