Sir Richard McCreadie, milliardaire de la mode surnommé Greedy, s'apprête à fêter en grande pompe son soixantième anniversaire sur l'île grecque de Mykonos. Fraîchement humilié par une audition parlementaire sur les pratiques douteuses de son empire commercial, il compte bien éblouir ses détracteurs avec une fête pharaonique inspirée de la Rome antique, arène et lion compris. Pendant que Nick, son biographe timide, enquête sur son ascension fulgurante, les préparatifs chaotiques de la soirée révèlent les coulisses peu reluisantes de son succès. L'arrivée impromptue de réfugiés syriens sur la plage voisine vient rappeler, avec une ironie mordante, le monde bien réel que McCreadie préfère ignorer.
Greed est écrit et réalisé par Michael Winterbottom, cinéaste britannique prolifique connu pour ses nombreuses collaborations avec l'acteur Steve Coogan sur des projets comme 24 Hour Party People ou la série The Trip. Le projet est annoncé pour la première fois en 2016, avec Sacha Baron Cohen initialement pressenti pour le rôle principal avant que Steve Coogan ne le remplace en 2018. Le personnage de Richard McCreadie s'inspire très librement de Sir Philip Green, magnat britannique du prêt-à-porter connu pour des pratiques commerciales controversées, sans que le film ne prétende être une biographie fidèle. Winterbottom co-écrit le scénario avec Sean Gray, scénariste de séries satiriques comme Veep et The Thick of It, pour construire une satire mordante du monde de la mode et des inégalités économiques qu'il génère. Le tournage se déroule au Royaume-Uni et en Grèce, où l'équipe reconstitue un amphithéâtre romain grandeur nature pour les besoins de la fête d'anniversaire du personnage principal. Winterbottom voulait dénoncer, à travers le prisme de la comédie satirique, les conditions de travail des ouvrières du textile dans les pays en développement, un sujet qu'il documente également à travers un montage de statistiques en fin de film. Le film clôt une trilogie informelle de biopics satiriques entamée par Winterbottom et Coogan avec 24 Hour Party People et The Look of Love.
La critique a réservé un accueil partagé à Greed, saluant l'interprétation de Steve Coogan tout en pointant un scénario jugé inégal et parfois trop démonstratif dans son message social. Plusieurs observateurs ont apprécié l'ambition satirique du film ainsi que sa mise en scène flamboyante, mêlant flashbacks, fausses interviews et séquences de reportage. D'autres critiques ont estimé que le film peinait à trouver l'équilibre entre comédie et dénonciation sociale, jugeant certaines séquences trop appuyées pour convaincre pleinement. La presse britannique a également relevé les nombreuses références évidentes à Sir Philip Green, alimentant les discussions sur les limites de la satire inspirée de personnalités réelles.
Le public a réservé un accueil mitigé au film, certains spectateurs saluant la performance excessive et jubilatoire de Steve Coogan, quand d'autres ont trouvé le film trop long et répétitif dans sa dénonciation des inégalités. De nombreux spectateurs ont apprécié le message final du film, ponctué de statistiques sur les inégalités mondiales générées par l'industrie de la mode. Le film est sorti au Royaume-Uni seulement six jours après la mort de l'animatrice Caroline Flack, qui apparaît dans un caméo, ce qui a jeté une ombre particulière sur sa promotion. Le film a connu une performance commerciale modeste, davantage remarqué pour son propos que pour son succès en salles.
Inspirations du réalisateur : Michael Winterbottom s'est librement inspiré de Sir Philip Green, magnat britannique du prêt-à-porter, pour construire le personnage de Richard McCreadie, tout en assumant une dimension satirique plus large sur les excès du capitalisme contemporain.
Difficultés de production : La reconstitution d'un amphithéâtre romain grandeur nature en Grèce pour les besoins de la fête d'anniversaire du personnage principal a représenté un défi logistique et budgétaire important pour la production. La sortie du film au Royaume-Uni a coïncidé avec le décès de l'animatrice Caroline Flack, présente au casting dans un second rôle, ce qui a compliqué sa promotion.
Anecdote sur une scène particulière : Isla Fisher, qui interprète l'ex-épouse du personnage principal, est mariée dans la vraie vie à Sacha Baron Cohen, initialement pressenti pour incarner Richard McCreadie avant que le rôle ne soit confié à Steve Coogan.
Casting initialement prévu : Sacha Baron Cohen était initialement attaché au rôle principal dès l'annonce du projet en 2016, avant de quitter le projet et d'être remplacé par Steve Coogan en 2018, aux côtés de David Mitchell et Isla Fisher.
Greed explore les inégalités économiques béantes générées par l'industrie de la mode, entre les fortunes colossales des grands patrons et les conditions de travail précaires des ouvrières du textile. Le film aborde également la vacuité et le narcissisme d'une classe de super-riches obsédée par son image et sa reconnaissance sociale. La question de la responsabilité individuelle face aux systèmes économiques d'exploitation traverse aussi le récit, notamment à travers le personnage du biographe Nick, témoin passif de ces dérives. Le film met enfin en perspective, avec une ironie mordante, la crise des réfugiés syriens face à l'indifférence des élites économiques occidentales.
Le titre Greed, littéralement cupidité, désigne directement le trait de caractère central du personnage de Richard McCreadie, surnommé Greedy par ses proches et par la presse tout au long du récit. Ce titre simple et direct annonce d'emblée l'ambition satirique du film, qui entend dénoncer les excès d'un système économique fondé sur l'accumulation sans limite de richesses. Il souligne également, en creux, l'ironie du film qui montre comment cette cupidité individuelle a des conséquences bien réelles sur les populations les plus vulnérables.
Depuis Greed, Michael Winterbottom a poursuivi une carrière de réalisateur particulièrement prolifique, enchaînant les projets dans des genres variés. Steve Coogan a continué de collaborer régulièrement avec Winterbottom sur d'autres productions, prolongeant une association artistique entamée au début des années 2000. Le film reste régulièrement cité dans les discussions sur les inégalités économiques générées par l'industrie de la fast fashion.
Les amateurs de Greed pourront se tourner vers The Trip, série de films réunissant Steve Coogan et Michael Winterbottom dans un registre plus intimiste mais tout aussi mordant. The Wolf of Wall Street de Martin Scorsese partage avec le film une dénonciation similaire des excès et de la démesure du monde de la finance et des affaires. Le Loup de Wall Street et Le Diable s'habille en Prada évoquent, chacun à leur manière, cette même critique des industries dominées par l'appât du gain. Enfin, 24 Hour Party People, précédente collaboration entre Winterbottom et Coogan, permet de retrouver leur goût commun pour la satire biographique.