Dans un Japon uchronique de l'ère Edo envahi par des extraterrestres appelés Amanto, le samouraï désargenté Gintoki Sakata dirige une agence de petits boulots improbables avec ses deux jeunes acolytes, Shinpachi et Kagura. Quand un mystérieux complot menace de raviver une vieille vengeance liée à leur passé de guerriers, le trio loufoque va devoir reprendre les armes. Adaptation flamboyante et hilarante du manga culte de Hideaki Sorachi, le film mêle action spectaculaire, humour absurde et émotion avec une énergie communicative.
Gintama est l'adaptation cinématographique en prises de vues réelles du manga éponyme de Hideaki Sorachi, publié depuis 2003 et devenu un phénomène culturel majeur au Japon, déjà adapté en une série animée à très grand succès. Le défi pour Yûichi Fukuda, réalisateur reconnu pour ses adaptations live-action de mangas comme Tonkatsu DJ Agetarō, consistait à transposer à l'écran l'humour absurde et l'esthétique extravagante propres à l'œuvre originale sans en trahir l'esprit. Sorachi lui-même a supervisé de près l'adaptation, soucieux de préserver le ton si particulier de son manga, mélange unique de parodie, d'action et de mélodrame. Le choix de Shun Oguri pour incarner Gintoki Sakata, déjà habitué des adaptations de mangas, s'est imposé comme une évidence tant sa gestuelle et son énergie correspondaient au personnage. Fukuda a voulu créer un film capable de fonctionner à la fois pour les fans de longue date du manga et pour de nouveaux spectateurs, en s'appuyant sur l'un des arcs narratifs les plus appréciés de l'œuvre originale, le Benizakura.
Résumé des critiques professionnelles : Gintama a été salué par la critique japonaise comme l'une des adaptations live-action de manga les plus réussies de la décennie, parvenant à retranscrire avec brio l'humour décalé et le rythme effréné de l'œuvre originale. Les critiques ont particulièrement loué la performance de Shun Oguri, capable de jongler entre comédie pure et instants de gravité avec une aisance remarquable. Quelques voix ont noté que l'humour très spécifiquement japonais du film pouvait dérouter un public international non familier des codes du genre.
Réception du public : Le film a connu un grand succès au box-office japonais, porté par la base de fans extrêmement fidèle du manga et de l'anime. Le bouche-à-oreille extrêmement positif a permis au film de dépasser les attentes commerciales initiales, confirmant la place de Gintama parmi les franchises les plus rentables du cinéma japonais de genre.
Récompenses obtenues : Le film a été récompensé dans plusieurs cérémonies japonaises dédiées au cinéma populaire et de genre, saluant notamment la qualité de son adaptation et les performances de son casting.
Inspirations du réalisateur : Yûichi Fukuda s'est plongé dans l'intégralité du manga et de l'anime pour s'assurer de retranscrire fidèlement les tics de langage, les gags récurrents et l'esthétique si reconnaissable de l'univers de Sorachi. Il a cherché à préserver l'équilibre fragile entre absurdité comique et moments de tension dramatique propre à l'œuvre originale.
Difficultés de production : Adapter un univers aussi foisonnant en personnages secondaires et en running gags a représenté un défi d'écriture considérable, l'équipe devant choisir avec soin les éléments à conserver pour un film de durée standard. Les scènes de combat chorégraphiées avec un mélange de sabre et d'éléments de science-fiction ont nécessité un travail technique important.
Anecdote sur une scène particulière : La scène de combat final contre l'épée maléfique Benizakura est devenue virale au Japon pour son mélange unique d'action sérieuse et de gags absurdes intercalés en plein cœur de la bataille, fidèle à l'esprit si particulier du manga.
Gintama explore avec un humour permanent la question de l'identité et de la fidélité à soi-même dans un monde qui a changé trop vite, les samouraïs y étant devenus obsolètes face à l'occupation extraterrestre. L'amitié et la loyauté envers ceux que l'on a choisis comme famille, malgré les origines et les passés très différents, traverse tout le récit. Le film joue également sur la déconstruction des codes du genre samouraï traditionnel, mélangeant avec audace références culturelles modernes et tradition historique japonaise. La nostalgie d'un Japon disparu, traitée avec autant de tendresse que de dérision, donne au film sa tonalité unique entre rire et émotion.
Gintoki et ses compagnons parviennent à vaincre la menace de l'épée maudite Benizakura, confrontant au passage les fantômes du passé de Gintoki liés à son ancien maître et à la guerre contre les Amanto. La victoire est autant celle des armes que celle de l'amitié : c'est en s'appuyant sur ses compagnons que Gintoki parvient à surmonter ses propres démons. Le film se conclut sur le ton habituel de la série, mêlant émotion sincère et retour immédiat à l'humour absurde, refusant de se prendre trop au sérieux même dans ses moments les plus graves.
"Gintama" est la contraction de "Gin", diminutif du prénom du héros Gintoki, et de "tama", qui signifie "âme" ou "boule" en japonais, mais qui est également un jeu de mots faisant référence aux "tamago" (œufs) et à diverses expressions argotiques japonaises. Le titre joue ainsi sur plusieurs niveaux de lecture, à l'image de l'humour multicouche qui caractérise toute l'œuvre de Sorachi.
Le succès du premier film a donné naissance à une suite, Gintama 2, sortie en 2018 et également bien accueillie par les fans. La franchise Gintama continue d'être très populaire au Japon, le manga original s'étant achevé en 2019 après seize années de publication. Les adaptations live-action restent une référence dans le genre pour leur fidélité et leur inventivité.