À Gaza, Issa, un pêcheur de soixante ans, est secrètement amoureux de sa voisine Siham, couturière au marché, et souhaite enfin la demander en mariage. Une nuit, il découvre dans ses filets une statue antique du dieu Apollon, qu'il décide de cacher chez lui plutôt que de la déclarer aux autorités. Lorsque ces dernières apprennent l'existence du mystérieux trésor, les ennuis commencent pour Issa, qui doit composer avec la pression administrative tout en tentant de déclarer sa flamme. Le film mêle avec tendresse une chronique amoureuse et le quotidien contraint des habitants de Gaza.
Arab et Tarzan Nasser, jumeaux palestiniens nés à Gaza en 1988, ont voulu déjouer les clichés attendus du cinéma palestinien en signant une comédie romantique plutôt qu'un drame supplémentaire sur la guerre. L'un des deux frères explique leur démarche en rappelant que les Gazaouis connaissent la souffrance et une vie difficile, mais qu'ils continuent malgré tout à vivre, aimer, rêver et espérer, une réalité que le duo souhaitait filmer sans l'enjoliver ni l'assombrir artificiellement. Tarzan Nasser souligne la difficulté pour des personnes âgées de vivre une histoire d'amour à Gaza, estimant que cette génération continue de nourrir l'espoir d'un avenir meilleur là où la jeunesse se sent davantage perdue. Le film est présenté en première mondiale à la Mostra de Venise 2020.
Gaza mon amour reçoit un accueil très favorable de la critique internationale, saluée comme une comédie dramatique tendre, drôle et bouleversante qui parvient à montrer la vie quotidienne à Gaza sans jamais sombrer dans le misérabilisme habituel des films sur le conflit israélo-palestinien.
Le public découvre avec enthousiasme cette histoire d'amour entre deux sexagénaires, jugée touchante et pleine de subtilité, portée par l'interprétation remarquée de Hiam Abbass et Salim Daw.
Le film remporte le Coup de cœur du Festival de Cinéma d'Alès 2021 et figure parmi les révélations les mieux accueillies de sa tournée en festivals internationaux.
Arab et Tarzan Nasser, habitués à réaliser leurs films en duo depuis leurs débuts, ont délibérément choisi de centrer leur histoire d'amour sur des personnages âgés plutôt que sur de jeunes protagonistes, estimant qu'une romance entre sexagénaires révélait davantage la dureté du quotidien à Gaza qu'une histoire d'amour adolescente. Les réalisateurs se sont inspirés de leur propre entourage pour construire leurs personnages, en particulier la figure d'Issa, pêcheur solitaire porté par un espoir tranquille.
Gaza mon amour explore l'amour tardif et la timidité de deux êtres qui n'osent pas se déclarer, sur fond de vie quotidienne sous occupation. Le film aborde en filigrane les conséquences du blocus de Gaza, notamment à travers les coupures d'électricité régulières qui rythment la vie des habitants, sans jamais en faire le sujet frontal du récit. Il interroge aussi le poids de la bureaucratie et de la surveillance sur les gestes les plus intimes, la découverte de la statue d'Apollon devenant prétexte à une intrusion des autorités dans la vie privée d'Issa. Enfin, le film célèbre la capacité des Gazaouis à continuer de rêver, d'aimer et de rire malgré des conditions de vie extrêmement difficiles.
Le film ne révèle jamais ce que devient la statue d'Apollon découverte par Issa, ni dans la fiction ni dans la réalité qui l'a inspirée : à ce jour, seules des photographies témoignent de l'existence de ce légendaire "Apollon de Gaza", disparu sans que l'on sache ce qu'il est advenu de lui, ce qui donne à la fin du film une dimension à la fois mélancolique et mystérieuse, en écho au sort incertain de la ville elle-même.
Le titre Gaza mon amour joue sur la résonance avec Hiroshima mon amour d'Alain Resnais, et affirme une déclaration d'amour autant envers Siham qu'envers la ville de Gaza elle-même, filmée par les deux frères avec une tendresse rare loin des représentations misérabilistes habituelles.
La musique originale composée par Andrew Matthias a été saluée par la critique anglophone comme un apport discret mais précieux, apportant une touche légère et raffinée qui accompagne avec justesse l'humour tendre du film sans jamais l'appuyer.
En 2025, Arab et Tarzan Nasser ont remporté le prix Un Certain Regard de la meilleure réalisation au Festival de Cannes pour leur film suivant, Once Upon a Time in Gaza, confirmant la reconnaissance internationale de leur cinéma.
Gaza mon amour est régulièrement cité aux côtés du court métrage The Present de Farah Nabulsi et du film Eyes of a Thief de Najwa Najjar comme l'une des œuvres qui renouvellent le regard porté sur la Palestine au cinéma, loin des représentations uniquement tragiques du conflit.