Dimanche, 12 juillet 2026
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Gangsterdam

Gangsterdam

2017 France, Pays-Bas
Synopsis

Ruben est un étudiant de dernière année qui peine à passer ses examens et n'ose pas avouer ses sentiments à Nora, la fille dont il est éperdument amoureux. Quand il découvre que celle-ci est dealleuse et s'apprête à rejoindre Amsterdam pour ramener un nouveau produit, il décide de l'accompagner avec son ami Durex. Mais dans la capitale néerlandaise, les trois compères tombent rapidement dans le monde ultraviolent des grands cartels criminels, et ce qui devait être une aventure romantique tourne au cauchemar rocambolesque.

Genèse du film

Gangsterdam s'inscrit dans la collaboration durable entre le réalisateur Romain Lévy et l'acteur Kev Adams, avec qui il avait déjà travaillé sur plusieurs projets. Le film avait pour ambition de mélanger deux genres — la comédie étudiante et le film de gangsters — en prenant Amsterdam comme terrain de jeu exotique et cinégénique. Romain Lévy, qui s'était fait remarquer avec Radiostars en 2012, voulait explorer un humour plus trash et plus décomplexé que dans ses films précédents. Le tournage s'est partagé entre Paris et Amsterdam, offrant un cadre visuel contrasté entre la vie étudiante française et l'univers interlope de la capitale néerlandaise. Avec un budget estimé à 13 millions d'euros, le film avait les moyens de ses ambitions visuelles, même si le résultat a divisé la presse et le public.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : Gangsterdam a essuyé des critiques sévères à sa sortie. Le Figaro l'a qualifié de «nanar de la semaine», tandis que Le Monde lui reprochait de «promouvoir un imaginaire aliéné» fondé sur des stéréotypes de genre et de race. Écran Large y voyait la continuation d'un cinéma de l'humiliation comme ressort comique. Seul L'Express a apporté une note discordante positive, saluant le côté «politiquement incorrect» du film. La controverse a notamment porté sur des dialogues jugés homophobes, racistes et sexistes, en particulier autour du personnage de Durex.

Réception du public : Malgré la polémique, le film a trouvé son public parmi les fans de Kev Adams. Il n'a cependant pas réalisé les scores espérés, terminant sa carrière en salles avec environ 370 000 entrées en six semaines — un résultat décevant pour une production à ce budget. Certains spectateurs ont défendu le film, estimant que son humour «quatrième degré» était mal compris par les critiques institutionnels.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Romain Lévy s'est nourri des codes du film de gangsters américain pour les détourner dans un registre comique français. L'idée de placer des personnages naïfs dans l'enfer des cartels néerlandais puise dans la tradition de la comédie d'escalade, où des personnages dépassés par les événements courent d'une catastrophe à l'autre.

Anecdote sur une scène particulière : L'actrice Manon Azem, qui incarne Nora, en était à son tout premier rôle au cinéma. Elle était jusqu'alors surtout connue comme voix française officielle d'Emma Watson, qu'elle double depuis ses dix ans — un détail amusant, sachant que La Belle et la Bête avec Watson sortait en salles une semaine avant Gangsterdam. Pour Manu Payet, habituel partenaire de Lévy dans des rôles proches du sien, le film représentait une rupture : il y incarne cette fois un mafieux, rôle aux antipodes de ses emplois habituels.

Thèmes abordés

Gangsterdam s'inscrit dans la tradition de la comédie d'action potache où des amis se retrouvent projetés dans un monde qui les dépasse totalement. Le film joue sur le choc culturel entre la France et les Pays-Bas, exploitant les clichés liés à Amsterdam — café-shops, canaux, permissivité — pour en tirer un parti comique. La séduction maladroite et l'amitié virile sont des ressorts centraux, le film s'intéressant à des personnages immatures contraints de grandir sous la pression des événements. Il aborde aussi, de façon plus ou moins volontaire, la question des stéréotypes sociaux et leur instrumentalisation dans la comédie populaire française, sujet qui a largement alimenté les débats à sa sortie.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

La fin de Gangsterdam repose sur une résolution classique de la comédie d'action : après moult péripéties, Ruben parvient à sauver Nora et à exprimer ses sentiments. L'aventure amère à Amsterdam se termine par une rédemption sentimentale qui ferme la boucle du récit. Plus profondément, la conclusion suggère que Ruben a gagné en confiance au contact du danger et de l'adversité — un ressort narratif hérité des comédies de maturité américaines, même s'il est ici traité avec légèreté.

Signification du titre

Gangsterdam est un mot-valise fusionnant «gangster» et «Amsterdam», la capitale néerlandaise. Ce titre résume en un mot l'argument central du film : des personnages ordinaires qui plongent dans le milieu criminel de la ville aux canaux. Le ton volontairement décalé du titre, presque cartoonesque, annonce la couleur d'une comédie qui ne se prend pas au sérieux.

Actualités

Gangsterdam reste dans les mémoires comme l'un des films les plus polémiques de sa génération, cristallisant les débats sur les limites de l'humour dit «potache» dans le cinéma populaire français. Kev Adams a depuis continué à tourner des comédies grand public, tandis que Romain Lévy n'a pas réitéré ce type de production à grand budget. Le film est disponible en VOD.

Films Similaires

Gangsterdam rappelle la tradition des comédies d'aventures lycéennes ou étudiantes comme Projet X (2012) ou Very Bad Trip (2009), tous deux centrés sur des personnages débordés par une escapade qui tourne à l'excès. En France, on pense aux Profs (2013) également avec Kev Adams, ou à Les Gorilles (2015) de Romain Lévy lui-même. Pour le mélange comédie/crime dans un décor étranger, Notre jour viendra (2010) ou Eurotrip (2004) jouent dans des registres proches.