Paul Diallo, professeur d'histoire, part en vacances estivales en camping-car avec sa femme Chloé et leur fils, après avoir prêté leur maison à la nounou de l'enfant. À leur retour, ils découvrent les serrures changées et les occupants, la baby-sitter et son compagnon, refusant catégoriquement de quitter les lieux. La police, faute de preuve immédiate de propriété exploitable dans l'instant, se refuse à les aider à expulser les squatteurs par la force. Peu à peu, ce combat administratif absurde fait vaciller le couple, ses valeurs et l'équilibre psychologique de Paul.
Furie s'inspire d'un fait divers réel survenu à Port-Leucate, où un couple avait prêté sa maison à des amis en difficulté avant de la retrouver transformée en véritable camp retranché les empêchant d'y accéder à leur retour. Le scénario original a été écrit par Aurélien Molas, également scénariste de la série Maroni, avant qu'Olivier Abbou ne s'en empare et le retravaille pour son deuxième long métrage après Territoires. Le réalisateur explique avoir voulu confronter le spectateur à la part primitive et parfois violente qui sommeille en chacun, en interrogeant sa propre réaction face à un personnage principal poussé progressivement à bout. Pour ce nouveau film, Abbou a retrouvé les acteurs Adama Niane et Stéphane Caillard, déjà présents dans la série Maroni, en leur proposant des rôles radicalement différents de ceux qu'ils y tenaient.
La presse française s'est montrée largement déçue par le film, plusieurs critiques jugeant le postulat de départ, pourtant inspiré de faits réels, trop invraisemblable pour être pleinement crédible à l'écran. D'autres observateurs ont reproché au film de recycler un schéma classique de l'homme passif qui finit par exploser, sans apporter de réel supplément de sens à cette trame déjà largement exploitée par le cinéma de genre. Quelques critiques plus favorables ont néanmoins salué la première partie du film, jugée efficace et portée par de bonnes interprétations, avant un dernier acte jugé plus convenu. Le public s'est montré partagé, certains spectateurs saluant une proposition originale et rare dans le cinéma de genre français, notamment pour ses thèmes de société autour de la masculinité et de la violence, tandis que d'autres ont regretté un film qui perd en intensité et en cohérence à mesure qu'il avance vers sa conclusion.
Le scénario de Furie part d'un fait divers réel survenu à Port-Leucate, où un couple avait prêté sa maison à des amis en difficulté avant de se retrouver dans l'impossibilité d'y remettre les pieds, une situation kafkaïenne qui a directement inspiré Aurélien Molas puis Olivier Abbou. Avant de tourner la scène intime entre les personnages incarnés par Adama Niane et Stéphane Caillard, le réalisateur a demandé aux deux acteurs de jouer la situation de la façon la plus réaliste possible, sans toutefois montrer la scène de façon explicite à l'écran.
Furie interroge la violence tapie en chacun, celle que l'on subit de la part des autres mais aussi celle qui sommeille en soi-même et peut resurgir face à l'injustice. Le film aborde également la masculinité, entre virilité affichée et fragilité intérieure, ainsi que les rapports de couple mis à l'épreuve par une situation extrême, sans oublier une critique sous-jacente d'un système judiciaire parfois impuissant face à l'absurde.
Le titre Furie renvoie directement à la colère grandissante du personnage principal, poussé à bout par une situation qu'il ne parvient plus à maîtriser, jusqu'à laisser exploser une violence qu'il ignorait porter en lui.
Les Chiens de paille, Fight Club, Ghostland