Une nuit à Tokyo, Leo, jeune boxeur atteint d'une tumeur au cerveau incurable qui vient de lui apprendre qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre, croise le chemin de Monica, une prostituée toxicomane involontairement mêlée à un vaste trafic de drogue. N'ayant plus rien à perdre, Leo décide de la protéger alors que la nuit se transforme en une course effrénée à travers la ville, impliquant un policier corrompu, un yakuza renégat, son ennemi juré et une tueuse envoyée par les triades chinoises, tous à la poursuite d'un sac contenant une importante quantité de drogue. Entre chorégraphies de combat, humour noir et poésie inattendue, cette rencontre fortuite va bouleverser le destin de chacun des protagonistes.
First Love, le dernier yakuza marque les retrouvailles du réalisateur japonais Takashi Miike avec le scénariste Masaru Nakamura, avec lequel il n'avait plus collaboré depuis God's Puzzle en 2008, une association ayant déjà donné naissance à plusieurs films marquants de sa filmographie comme Sukiyaki Western Django ou Dead or Alive 2. Le film renoue avec le genre du polar centré sur les yakuzas qui a longtemps fait la réputation internationale de Miike, tout en y mêlant une histoire d'amour naissante entre deux personnages que la vie n'aurait jamais dû réunir. Le réalisateur a expliqué que le mélange entre violence extrême et romance s'était imposé naturellement à ses yeux, expliquant que son film parle de hors-la-loi désespérés cherchant à profiter au maximum de l'existence tout en risquant la mort à chaque instant, ce qui donne précisément naissance à leur histoire d'amour. Le film a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2019, une reconnaissance internationale confirmant le statut de Miike comme figure incontournable du cinéma de genre japonais contemporain.
Les critiques ont accueilli First Love, le dernier yakuza avec un enthousiasme marqué, saluant la maîtrise avec laquelle Takashi Miike parvient à faire cohabiter des tonalités radicalement différentes, entre thriller policier, comédie loufoque, romance touchante et gore assumé, sans jamais perdre la cohérence globale du récit. Plusieurs observateurs ont particulièrement apprécié le montage nerveux et la mise en scène énergique des scènes de combat, notamment la séquence de boxe filmée de façon brute et physique, ainsi que la reprise musicale d'un thème emblématique de Sukiyaki Western Django, précédent film de Miike, composée par son fidèle collaborateur Kôji Endô. D'autres critiques ont jugé la première partie du film un peu longue avant que l'intrigue ne s'emballe véritablement, une structure jugée nécessaire malgré tout pour installer la multiplicité des personnages et des intrigues croisées. Le public a réservé un accueil très favorable au film, séduit par ce mélange singulier de genres caractéristique du style de Takashi Miike, entre poursuites effrénées, humour noir et émotion sincère. Les amateurs de longue date du cinéma du réalisateur ont particulièrement apprécié ce retour au genre du film de yakuza qui a fait sa réputation, tout en saluant la fraîcheur apportée par l'intrigue amoureuse centrale. First Love, le dernier yakuza n'a pas été distingué par une récompense majeure lors de sa présentation cannoise, mais a obtenu un score moyen élevé sur les agrégateurs de critiques spécialisés, confirmant la reconnaissance internationale toujours vive dont bénéficie Takashi Miike.
Takashi Miike retrouvait pour ce film le scénariste Masaru Nakamura, avec lequel il n'avait plus collaboré depuis God's Puzzle en 2008, une association ayant pourtant déjà donné naissance à plusieurs films marquants de sa filmographie comme Sukiyaki Western Django, Dead or Alive 2 ou encore Big Bang Love, Juvenile A. Le compositeur Kôji Endô, collaborateur musical fétiche de Takashi Miike depuis de nombreuses années, a livré pour ce film une reprise saisissante de l'un des thèmes emblématiques de Sukiyaki Western Django, un clin d'œil musical direct à un précédent film du réalisateur apprécié par les fans de longue date. Le tournage de la séquence de boxe mettant en scène le personnage de Leo a été filmé de manière particulièrement brute et physique, un choix de mise en scène volontairement dépourvu d'artifices esthétiques excessifs pour renforcer la crédibilité et l'intensité de cette discipline sportive centrale au parcours du personnage principal.
First Love, le dernier yakuza explore l'amour naissant entre deux êtres désespérés, chacun confronté à sa manière à la perspective imminente de la mort ou de la déchéance, dans un contexte de violence extrême qui paradoxalement leur permet de se rencontrer. Le film aborde également la corruption généralisée touchant aussi bien les forces de police que le monde criminel, aucune institution n'échappant à cette gangrène morale dépeinte avec un humour noir mordant. La question du hasard et du destin traverse également le récit, une simple rencontre nocturne entraînant une cascade d'événements bouleversant le sort de nombreux personnages en apparence sans lien entre eux. Le film interroge enfin, à travers le personnage de Leo confronté à sa propre mortalité, la manière dont l'urgence de la mort peut paradoxalement libérer un homme de ses peurs et lui permettre d'aimer pleinement pour la première fois.
Le titre original, Hatsukoi, signifie littéralement « premier amour » en japonais, désignant la relation naissante entre Leo et Monica au cœur du chaos nocturne qui les emporte, une histoire d'amour d'autant plus poignante qu'elle survient dans les circonstances les plus périlleuses et les plus inattendues. Le titre français, First Love, le dernier yakuza, ajoute une dimension supplémentaire en mettant en avant l'univers criminel qui sert de toile de fond à cette romance improbable, situant d'emblée le film dans la tradition du polar japonais dont Takashi Miike est l'un des maîtres incontestés.
First Love, le dernier yakuza a confirmé la vitalité créative de Takashi Miike, réalisateur toujours aussi prolifique qui a depuis poursuivi une filmographie abondante mêlant films de genre et projets plus expérimentaux, continuant d'être régulièrement présenté dans les grands festivals internationaux de cinéma.
Sukiyaki Western Django, précédent film de Takashi Miike également coécrit par Masaru Nakamura, permet de mesurer la continuité stylistique et musicale entre les deux œuvres, notamment à travers la reprise thématique présente dans First Love. Dead or Alive 2, autre collaboration marquante entre les deux hommes mêlant elle aussi violence extrême et émotion sincère, partage avec le film cette même capacité à faire cohabiter des tonalités contrastées. Confidence de Ryan Coogler, ou plus largement les films noirs mêlant romance et milieu criminel nocturne, offrent une résonance internationale avec le postulat central de First Love, le dernier yakuza.