Andy et Vicky McGee ont participé, des années plus tôt, à une expérience clinique clandestine qui leur a conféré des pouvoirs psychiques hors du commun. Leur fille Charlie a hérité d'une capacité bien plus redoutable encore, celle de déclencher des incendies par la seule force de sa pensée. Lorsque son pouvoir se manifeste de façon incontrôlable à l'école, la petite famille devient la cible d'une organisation gouvernementale secrète bien décidée à récupérer l'enfant pour ses propres besoins. Andy doit alors tout mettre en œuvre pour protéger sa fille d'un système prêt à tout pour s'approprier son don.
Firestarter est l'adaptation du roman du même nom publié par Stephen King en 1980, et constitue également un remake du film sorti en 1984 avec Drew Barrymore dans le rôle de Charlie. Le projet de nouvelle version est annoncé dès 2017 par Universal Pictures et Blumhouse Productions, avec plusieurs changements de réalisateur avant que Keith Thomas ne soit finalement choisi fin 2019. Le scénario est confié à Scott Teems, chargé de moderniser l'intrigue du roman de King tout en conservant son postulat central autour d'un programme d'expérimentation gouvernemental clandestin inspiré des théories de manipulation mentale de la Guerre froide. L'idée du studio était de proposer une relecture plus resserrée et plus intimiste du roman, centrée sur la relation entre le père et sa fille plutôt que sur l'ampleur du complot gouvernemental déjà traité dans la version des années 1980. Keith Thomas, venu du cinéma d'horreur indépendant après son premier long métrage The Vigil, voyait dans ce projet l'occasion de retrouver l'un des piliers de l'œuvre de Stephen King consacrés à l'enfance et aux pouvoirs surnaturels, dans la lignée de Carrie ou de Shining. Le tournage s'est déroulé au Canada, à Toronto et Hamilton, durant l'été 2021.
L'accueil critique a été très largement négatif, la majorité des observateurs jugeant ce remake nettement inférieur à la version de 1984 et dénonçant un manque d'ambition visuelle et narrative. Sur Rotten Tomatoes, le film ne recueille qu'environ 11 % de critiques positives, avec un consensus soulignant que le film peine à s'élever au-dessus d'un bas niveau déjà fixé par l'original. Plusieurs critiques ont toutefois salué la partition musicale signée John Carpenter, Cody Carpenter et Daniel Davies, jugée nettement supérieure au reste de la réalisation, ainsi que la performance de la jeune actrice Ryan Kiera Armstrong dans le rôle de Charlie. Le public s'est montré tout aussi sévère, avec une note moyenne de « C moins » lors des sondages en salle et une majorité de spectateurs jugeant le film oubliable. De nombreux commentaires regrettent le choix de Zac Efron dans un rôle jugé peu convaincant, ainsi qu'une mise en scène jugée plate et sans identité propre. Le film a néanmoins trouvé un public plus large grâce à sa diffusion simultanée sur la plateforme Peacock, qui lui a permis de toucher des millions de foyers dès sa sortie. Le film n'a remporté aucune récompense notable et a même vu la jeune actrice Ryan Kiera Armstrong nommée au Razzie Award de la pire actrice, une nomination finalement annulée après une controverse sur le jeune âge de l'actrice au moment des faits.
Le réalisateur Keith Thomas s'est inspiré de son admiration pour l'œuvre de Stephen King consacrée aux enfants dotés de pouvoirs surnaturels, cherchant à retrouver l'esprit de Carrie et de Shining tout en modernisant le postulat de Firestarter pour un public contemporain. La production a dû composer avec les nombreux changements de metteur en scène survenus durant le développement du projet, initialement confié à Akiva Goldsman puis Fatih Akin, avant que Keith Thomas ne soit désigné en 2019, ce qui a retardé le tournage de plusieurs années. Le compositeur John Carpenter, réalisateur de l'original de 1984, avait lui-même été un temps pressenti pour mettre en scène le premier film avant d'être écarté au profit de Mark L. Lester ; il a finalement pris sa revanche sur ce projet en signant, avec son fils Cody Carpenter et Daniel Davies, la musique de ce remake. Plusieurs comédiens avaient été envisagés pour le rôle principal avant que Zac Efron ne soit confirmé dès 2017, dans le cadre d'un développement qui s'est étalé sur près de cinq ans avant d'aboutir.
Le film interroge les dérives des expérimentations gouvernementales clandestines sur des civils, un thème récurrent chez Stephen King inspiré des véritables programmes de manipulation mentale menés par certains services secrets pendant la Guerre froide. Il traite également de la responsabilité parentale face à un enfant doté d'un pouvoir incontrôlable et potentiellement destructeur, ainsi que de la difficulté à concilier protection familiale et fuite permanente face à une menace institutionnelle toute-puissante.
Confrontée à l'agent Rainbird, envoyé par l'organisation gouvernementale pour capturer sa famille, Charlie finit par perdre le contrôle de son pouvoir pyrokinétique dans un déchaînement de violence destructrice. Cette scène finale scelle la bascule du personnage, jusque-là présenté comme une victime innocente, vers une figure bien plus ambiguë et redoutable, laissant planer le doute sur ce qu'elle pourrait devenir si son pouvoir n'est jamais maîtrisé. Le film se referme ainsi sur une note ouverte, suggérant que la menace que représente Charlie pour elle-même et pour son entourage est loin d'être résolue.
Le titre Firestarter, littéralement « celle qui déclenche le feu », désigne directement le pouvoir pyrokinétique de la jeune Charlie McGee, capable de provoquer des incendies par la seule force de son esprit, faisant d'elle à la fois une victime et une arme potentielle aux yeux de ceux qui cherchent à l'exploiter.
La musique du film a été composée par John Carpenter, réalisateur culte de la première adaptation ainsi que de films comme Halloween, associé à son fils Cody Carpenter et à Daniel Davies, offrant une partition électronique reconnaissable entre mille qui a été saluée par une partie de la critique comme le meilleur élément du film.
Malgré son accueil très critique, le réalisateur Keith Thomas avait évoqué peu après la sortie du film l'éventualité d'étendre l'histoire vers une possible franchise, un projet qui n'a toutefois pas connu de suite concrète depuis.
Les amateurs d'adaptations de Stephen King consacrées à des enfants dotés de pouvoirs pourront se tourner vers Carrie au bal du diable ou vers Shining, deux œuvres majeures de l'auteur également portées à l'écran, ainsi que vers Stranger Things, dont le personnage d'Eleven doit beaucoup à celui de Charlie McGee.