Félix, douze ans, vit avec sa mère et sa petite sœur aux Îles-de-la-Madeleine depuis que son père a disparu en mer deux ans plus tôt en quête d'un trésor légendaire. Convaincu que son père est toujours en vie, il profite du départ en vacances de sa mère pour partir clandestinement à sa recherche, accompagné du vieux marin à la retraite Tom, d'un perroquet unijambiste et d'un chat qui se prend pour un chien. Leur périple les conduit jusqu'à l'Île-de-la-Nuit-Éternelle, où se cache une cité souterraine dirigée d'une main de fer par la mégalomane Morgäa, gardienne d'un trésor qu'elle protège farouchement. Félix devra affronter bien des dangers avant de découvrir que le véritable trésor qu'il cherche ne se trouve peut-être pas là où il l'imaginait.
Félix et le trésor de Morgäa n'est pas tiré d'un livre préexistant, mais d'une idée originale du réalisateur québécois Nicola Lemay, qui avait d'abord envisagé son histoire sous la forme d'un roman graphique avant de la proposer aux Productions 10e Avenue comme un projet de long métrage d'animation. Le scénario a ensuite été confié à l'écrivain Marc Robitaille, chargé de développer cette idée originale en un récit complet pour le grand écran. L'histoire s'inscrit dans la tradition du récit initiatique maritime, avec des influences assumées de l'aventure de pirates classique revisitée à hauteur d'enfant. Le choix de situer l'intrigue aux Îles-de-la-Madeleine, un archipel emblématique du Québec, ancre le film dans un imaginaire régional fort tout en lui donnant une dimension universelle propre aux histoires de quête initiatique. En amont de la sortie du film, l'autrice jeunesse Édith Bourget a également publié une novélisation de l'histoire, destinée à accompagner le lancement du long métrage auprès du jeune public.
La critique québécoise s'est montrée partagée, plusieurs médias saluant la qualité de l'animation et la générosité du divertissement familial proposé, tandis que d'autres ont regretté un récit initiatique jugé trop convenu et prévisible pour vraiment se démarquer. La Presse a notamment salué la capacité du film à parler autant d'aventure extérieure que de voyage intérieur vers la famille et le deuil, quand d'autres critiques ont pointé des personnages jugés trop manichéens et des dialogues parfois faibles. Le travail musical du compositeur Gilles Léveillé a en revanche fait l'unanimité, salué pour son ampleur symphonique digne des grandes productions américaines.
Le public familial a réservé un accueil chaleureux au film, en particulier lors de sa sortie stratégique le jour de la réouverture des salles de cinéma québécoises pendant la période de la relâche scolaire de 2021, un timing particulièrement favorable pour un film destiné aux familles. Les spectateurs ont notamment apprécié les personnages secondaires attachants comme le perroquet unijambiste Quack et le chat Ulysse, qui apportent une touche d'humour bienvenue au récit.
Le film a obtenu deux nominations selon les données recensées par la profession, sans toutefois être identifié comme lauréat d'un prix majeur dans les sources disponibles.
Nicola Lemay avait initialement imaginé son histoire comme un roman graphique avant de la retravailler en projet de long métrage d'animation destiné aux Productions 10e Avenue. La production a rassemblé une distribution vocale francophone prestigieuse, avec notamment Karine Vanasse dans le double rôle de Morgäa et de Madeleine, Guy Nadon en vieux marin Tom et Marc Labrèche en antagoniste secondaire Klaus. Une erreur de continuité amusante a été relevée par les spectateurs anglophones concernant l'utilisation des termes maritimes port et starboard, inversés par erreur dans une scène de navigation en pleine tempête. La sortie du film, prévue initialement plus tôt, a coïncidé avec la réouverture des salles de cinéma au Québec après une fermeture liée à la pandémie de Covid-19, un symbole fort pour cette production entièrement québécoise. Le film a ensuite été distribué au-delà du Québec, avec des sorties successives au Royaume-Uni, en France, en Espagne et aux États-Unis dans les mois suivant sa sortie initiale.
Félix et le trésor de Morgäa explore avant tout le deuil et l'espoir à travers le refus de Félix d'accepter la disparition présumée de son père, un moteur émotionnel fort pour un film destiné au jeune public. Le film aborde aussi le passage à l'âge adulte et la prise de responsabilité, Félix devant apprendre à faire confiance à ses propres capacités loin du regard protecteur de sa mère. L'amitié intergénérationnelle occupe également une place importante à travers la relation entre Félix et le vieux marin Tom, qui lui transmet son expérience et sa sagesse. Enfin, le film véhicule un message final sur la véritable nature du trésor recherché, suggérant que les liens familiaux comptent davantage que n'importe quel butin matériel.
Au terme de son périple sur l'Île-de-la-Nuit-Éternelle, Félix parvient à déjouer les plans de la mégalomane Morgäa et à retrouver la vérité sur la disparition de son père, tout en réalisant que la quête d'aventure qu'il avait entreprise l'a surtout aidé à mieux comprendre l'importance de sa famille restée derrière lui. Le film choisit une conclusion résolument optimiste et rassurante, conforme aux codes du cinéma d'animation familial, où l'aventure extérieure sert avant tout de prétexte à un cheminement intérieur vers l'acceptation et la maturité. Cette fin réaffirme le message central du film selon lequel le véritable trésor est avant tout celui des relations humaines plutôt que celui, matériel, que cherchait initialement à atteindre le père de Félix.
Le titre du film associe le nom du jeune héros, Félix, à celui de son antagoniste, Morgäa, la mégalomane gardienne du trésor convoité, opposant ainsi d'emblée les deux figures centrales du récit. Le nom Morgäa évoque par sa sonorité les récits de pirates et de créatures marines légendaires, en résonance avec le personnage de la Fée Morgane des légendes arthuriennes, figure féminine à la fois puissante et menaçante. Le titre annonce ainsi directement la structure du récit, celle d'une quête au trésor classique revisitée par le prisme d'un antagoniste féminin singulier.
La musique originale du film, composée par Gilles Léveillé, a été spécifiquement saluée par la critique pour son ampleur quasi symphonique, jugée digne des grandes productions américaines et particulièrement efficace pour porter l'énergie des scènes d'aventure du film.
Sorti en salles au Québec le 26 février 2021, le jour même de la réouverture des cinémas après une période de fermeture liée à la pandémie, Félix et le trésor de Morgäa a ensuite été distribué à l'international, avec des sorties successives au Royaume-Uni, en France, en Espagne puis aux États-Unis au cours de l'année 2021. Le film a également profité d'une sortie en vidéo à la demande dès le mois de mai 2021, accompagnée de la publication de sa bande originale sur les plateformes de streaming musical.
Les jeunes spectateurs amateurs d'aventures maritimes animées pourront se tourner vers L'Île au trésor, dans ses nombreuses adaptations animées, ou vers Vaiana de Disney, autre récit initiatique mettant en scène une jeune héroïne affrontant l'océan pour sauver ceux qu'elle aime.