Pour Tim et Chloé, le bonheur se vit au jour le jour, libre de toute attache et de toute contrainte sociale conventionnelle. Mais l'été touche à sa fin, et leur fille Tommy doit impérativement retourner à l'école, une promesse que ses parents lui ont faite de ne pas manquer cette fois-ci. Alors que la petite famille sillonne les routes à bord de leur véhicule, une série d'événements aussi rocambolesques qu'inattendus vient bouleverser leurs plans, entre disparition soudaine, voiture volée et rencontre improbable avec un mystérieux cosmonaute. Cette dernière journée de vacances se transforme en une odyssée aussi burlesque qu'émouvante pour cette famille pas comme les autres.
Bruno Merle, qui avait mis plus de dix ans à réaliser ce second long métrage après son premier film remarqué "Héros" présenté à la Semaine de la critique du Festival de Cannes, a voulu construire un récit ludique en forme de balade narrative, où le spectateur serait autant baladé que les personnages eux-mêmes. Le titre du film s'inspire directement de la célèbre chanson italienne des années 1980 "Felicità", qui occupe une place centrale lors d'une séquence solaire du récit. Le réalisateur a puisé dans sa propre expérience de la parentalité décomplexée pour construire les dialogues et l'humour du film, cherchant à désacraliser le mythe de la famille traditionnelle sans pour autant sombrer dans une vision anxiogène de la cellule familiale. Merle a choisi de tourner avec sa propre fille, Rita Merle, dans le rôle de Tommy, ainsi qu'avec sa compagne dans un second rôle, ancrant le projet dans une dimension personnelle et intime.
La critique a salué la fraîcheur et la malice du film, saluant en particulier la mise en scène ludique de Bruno Merle qui multiplie les surprises narratives tout au long du récit. Certains observateurs ont toutefois noté un léger essoufflement du procédé narratif sur la durée, jugeant le film parfois trop prévisible dans sa volonté constante de surprendre.
Le public a réservé un accueil chaleureux au film, séduit par l'alchimie entre Pio Marmaï et Camille Rutherford ainsi que par la fraîcheur de la jeune Rita Merle dans le rôle de Tommy. Le film a été perçu comme une bouffée d'air frais parmi les comédies françaises plus conventionnelles de sa saison de sortie.
Le film n'a pas été particulièrement distingué lors des grandes cérémonies de récompenses françaises, restant une œuvre plus confidentielle appréciée avant tout par la critique spécialisée et un public cinéphile averti.
Bruno Merle s'est inspiré de sa propre expérience de père ainsi que de la chanson italienne "Felicità" pour construire un récit ludique et décalé sur la parentalité non conventionnelle, cherchant à surprendre constamment le spectateur d'une scène à l'autre.
Le tournage s'est déroulé en septembre et octobre 2018, principalement en Bretagne, dans les Côtes d'Armor et en Ille-et-Vilaine, la région offrant des paysages variés propices à ce road-movie estival.
Le choix de confier le rôle de Tommy à sa propre fille, Rita Merle, ainsi que celui d'un second rôle à sa compagne, Emmanuelle Destremau, a donné au tournage une dimension particulièrement familiale et intime, renforçant l'authenticité des liens affectifs représentés à l'écran.
Pio Marmaï, habitué à des registres plus dramatiques, a particulièrement apprécié la liberté d'interprétation offerte par ce personnage de père fantasque et imprévisible, s'appuyant sur sa formation en Commedia dell'Arte pour construire son jeu.
Le film explore une vision alternative et décomplexée de la structure familiale traditionnelle, à travers ce couple de parents refusant les conventions sociales habituelles sans pour autant négliger l'amour porté à leur fille. Il aborde également le passage à l'âge de raison de l'enfant, Tommy incarnant paradoxalement une maturité plus grande que celle de ses propres parents. La notion de vérité et de mensonge au sein de la cellule familiale traverse l'ensemble du récit, les histoires racontées par les parents brouillant constamment la frontière entre réalité et fiction. Le film questionne enfin la liberté individuelle face aux responsabilités parentales, suggérant qu'il est possible de concilier les deux sans renoncer à sa propre identité.
Au terme de cette journée mouvementée marquée par la disparition de Chloé, le vol d'une voiture et la rencontre d'un mystérieux cosmonaute, la petite famille parvient finalement à se retrouver réunie à temps pour la rentrée scolaire tant redoutée de Tommy. Cette conclusion, bien que légère en apparence, vient clore un récit qui n'a cessé de brouiller les pistes entre réalité vécue et histoires inventées par les parents pour distraire ou protéger leur fille. Le film laisse entendre que la vérité de cette famille réside moins dans les faits eux-mêmes que dans la force du lien affectif qui unit ses membres, quelles que soient les circonstances traversées. Cette fin ouverte et joyeuse referme le récit sur une note d'apaisement, célébrant la capacité de cette famille non conventionnelle à rester unie malgré le chaos permanent de leur existence.
Le titre "Felicità" reprend celui de la célèbre chanson italienne popularisée dans les années 1980, dont la mélodie solaire et insouciante accompagne un moment clé du film et résume à elle seule la philosophie de vie du couple, fondée sur un bonheur simple, immédiat et sans attache.
La chanson italienne "Felicità", interprétée dans sa version originale des années 1980, occupe une place centrale et emblématique dans le film, structurant l'un de ses moments les plus solaires et devenant l'hymne officieux de la philosophie de vie du couple.
Bruno Merle poursuit depuis une carrière discrète mais remarquée entre réalisation et écriture pour le cinéma et la télévision, "Felicità" ayant contribué à confirmer sa singularité de cinéaste attaché aux récits familiaux décalés.
Little Miss Sunshine (2006), La Famille Bélier (2014), Ricky (2009), Le Grand Bain (2018)