Au début du dix-huitième siècle, en pleine guerre du Nord, la confrontation fait rage entre l'Empire russe de Pierre le Grand et le Royaume de Suède. Deux duellistes français, exilés par le roi Louis XIV, se retrouvent plongés malgré eux dans ce conflit titanesque, chacun dans un camp opposé. L'un devient le conseiller militaire secret des troupes russes tandis que l'autre rejoint les lignes de front de l'armée suédoise. Leurs destins croisés vont les mener jusqu'à la légendaire et sanglante bataille de Poltava, où se jouera l'avenir de l'Europe.
Ce film de guerre historique à grand spectacle est né de l'ambition du réalisateur Oleg Ryaskov de mettre en scène l'un des affrontements les plus décisifs de l'histoire militaire russe. L'idée originelle était de mêler l'aventure de cape et d'épée à la française avec la rigueur des fresques historiques nationales. L'inspiration est venue de documents d'archives réels évoquant la présence de diplomates et de militaires français envoyés en mission d'observation dans l'Est de l'Europe à cette époque. La production a bénéficié d'un budget considérable pour reconstituer fidèlement les uniformes, les armes de l'époque et les stratégies militaires du début du dix-huitième siècle. Le scénario a été articulé autour de la vision de ces deux étrangers servant de guides pour le public au milieu du chaos de la guerre.
La presse professionnelle a salué l'ambition visuelle du film et l'ampleur impressionnante des scènes de reconstitution historique lors de sa sortie. Les critiques ont loué la virtuosité des séquences de duels à l'épée et la violence réaliste de la grande bataille finale. Quelques journalistes occidentaux ont toutefois regretté un certain nationalisme dans le traitement de la figure de Pierre le Grand et un manque de nuances chez les antagonistes. Du côté des spectateurs, les amateurs de fresques épiques et d'histoire militaire ont été conquis par le réalisme des combats et le rythme de l'aventure. Les retours du public ont mis en avant la qualité des costumes et le souffle épique de la mise en scène. Le film a réalisé de belles performances au box-office sur son marché national.
Le metteur en scène s'est fortement inspiré des tableaux militaires d'époque et des grands récits d'aventures d'Alexandre Dumas pour insuffler du panache à son film. Le tournage des grandes scènes de bataille a nécessité des milliers de figurants en costumes militaires d'époque ainsi que la fabrication de dizaines de répliques de canons fonctionnels. Une anecdote de tournage rapporte que les cascadeurs ont dû suivre un entraînement intensif au maniement des armes blanches anciennes pour éviter les accidents réels lors des combats rapprochés. Les conditions climatiques extrêmes des plaines d'Europe de l'Est ont parfois ralenti le calendrier des prises de vues extérieures. Pour le casting, le réalisateur a fait appel à de grandes figures du cinéma d'action russe de l'époque.
Le film explore les thèmes du sacrifice héroïque, de la loyauté militaire face au devoir national et de la tragédie des guerres impériales. Il aborde également l'honneur chez les duellistes, la géopolitique européenne du dix-huitième siècle et le destin tragique des soldats de première ligne.
La conclusion du long-métrage culmine avec la débâcle de l'armée suédoise à Poltava et les retrouvailles dramatiques des deux protagonistes français sur le champ de bataille jonché de corps. Au milieu des ruines et de la fumée, la futilité de leur ancienne rivalité de cour leur apparaît évidente face à l'horreur de la guerre industrielle qui s'annonce. Les dernières images montrent le triomphe historique de Pierre le Grand, marquant la naissance de la Russie moderne comme superpuissance européenne, tandis que les survivants contemplent le coût humain de cette victoire.
Le titre français souligne le rôle sacrificiel des soldats d'infanterie, envoyés seuls face au danger en première ligne, loin des intrigues dorées des cours royales.
Le film reste une œuvre de référence en matière de reconstitution historique du dix-huitième siècle et fait régulièrement l'objet de diffusions sur les chaînes de télévision thématiques dédiées à l'histoire.
On peut associer cette fresque historique épique à des œuvres comme « Le Patriote » de Roland Emmerich ou la superproduction russe « L'Amiral » pour son ampleur militaire.