Jack Campbell est un riche et brillant courtier en bourse de Wall Street, célibataire endurci, parfaitement satisfait de sa vie de luxe à New York. Un soir de Noël, après avoir interjeté un braquage de supérette de manière pacifique, il s'endort dans son somptueux appartement d'un gratte-ciel de Manhattan. Le lendemain matin, il se réveille mystérieusement dans une modeste maison de banlieue du New Jersey, marié à Kate, son amour de jeunesse qu'il avait quittée treize ans plus tôt pour sa carrière, et père de deux enfants. Confronté à cet univers de père de famille de la classe moyenne qu'il méprise, Jack va devoir apprendre le sens des vraies valeurs humaines.
Le projet s'inscrit dans la grande tradition hollywoodienne des contes de Noël fantastiques et moraux, s'inspirant très largement du chef-d'œuvre de Frank Capra, La vie est belle, réalisé en 1946. L'idée originelle des scénaristes David Diamond et David Weissman était de poser la question universelle du ""et si ?"" appliquée aux choix de carrière professionnels par opposition aux engagements sentimentaux de la jeunesse. Le réalisateur Brett Ratner, qui sortait du triomphe commercial d'action de Rush Hour, souhaitait démontrer sa polyvalence artistique en s'attaquant à une comédie dramatique romantique intime et sophistiquée. Ratner a puisé son inspiration dans sa propre vie de célibataire hollywoodien pour nourrir les doutes du personnage principal face à la vie de famille. Le script a été conçu pour offrir un véhicule émotionnel idéal à Nicolas Cage, permettant à l'acteur de passer de la comédie cynique à l'émotion pure. La genèse du projet s'est finalisée sous l'égide du studio Universal Pictures.
Au moment de sa sortie sur les écrans mondiaux pour les fêtes de fin d'année en 2000, le long-métrage a reçu un accueil critique professionnel globalement positif et bienveillant. Les critiques de cinéma ont encensé l'alchimie étincelante et naturelle entre Nicolas Cage et Téa Leoni, louant la capacité du duo à rendre crédible cette fable fantastique urbaine. La presse a apprécié le ton doux-amer du scénario, qui évite habilement les pièges du sentimentalisme excessif pour proposer une réflexion sincère sur le couple. Du côté du public, la réception a été particulièrement chaleureuse, le film s'imposant comme le rendez-vous familial incontournable de la saison de Noël avec plus de cent dix millions de dollars de recettes au box-office américain. Téa Leoni a d'ailleurs remporté le Saturn Award de la meilleure actrice en 2001 pour sa performance lumineuse, tandis que le film a été nommé dans plusieurs cérémonies de prix populaires.
Le tournage s'est partagé entre le faste des rues enneigées de Manhattan et le calme résidentiel de la banlieue de Teaneck dans le New Jersey, offrant un contraste visuel saisissant qui appuie le propos narratif. Une anecdote amusante raconte que la luxueuse voiture de sport Ferrari conduite par Jack au début du film appartenait en réalité à Nicolas Cage lui-même, l'acteur étant un collectionneur passionné d'automobiles d'exception. Les difficultés de production étaient principalement liées à la météo capricieuse, l'équipe ayant dû utiliser d'immenses quantités de neige artificielle pour garantir l'ambiance féerique de Noël tout au long des scènes extérieures. Pour le casting initialement prévu, le rôle de Kate avait été envisagé pour plusieurs actrices de premier plan avant que le charme pétillant et la répartie naturelle de Téa Leoni ne séduisent définitivement le réalisateur. Les scènes impliquant le grand chien de la famille ont exigé une patience infinie de la part des techniciens de surface.
Le long-métrage explore en profondeur le thème des choix de vie cruciaux et des sacrifices nécessaires qui séparent l'ambition professionnelle matérialiste du bonheur domestique simple. Le film propose une critique amusée mais lucide du cynisme du monde de la haute finance de Wall Street face à la solidarité et à l'authenticité des relations humaines de la classe moyenne. L'acceptation des responsabilités de la paternité, la redécouverte du compromis amoureux au sein du mariage et l'importance de l'instant présent traversent tout le récit moral.
La fin du film voit le sort magique prendre fin brusquement, renvoyant Jack à sa réalité solitaire de riche courtier de Manhattan le jour du réveillon de Noël. Bouleversé par les souvenirs de la vie alternative qu'il a partagée avec Kate, il décide de la retrouver en urgence avant qu'elle ne s'envole pour s'installer à Paris pour sa propre carrière d'avocate internationale. Il la rattrape de justesse à l'aéroport et lui livre un discours bouleversant, décrivant en détail la famille qu'ils auraient pu avoir et l'avenir merveilleux qui les attend s'ils se laissent une chance. Touchée par la sincérité magique de ses mots, Kate accepte de rester, et la scène finale montre le duo discutant paisiblement autour d'un café à l'aéroport sous la neige, ouvrant la voie à une reconstruction amoureuse réelle.
Le titre original et français, ""Family Man"", se traduit littéralement par ""un homme de famille"" ou ""un bon père de famille"". Il souligne avec ironie la transformation identitaire du protagoniste, passant d'un loup solitaire égoïste de la finance à un homme accompli qui place le bien-être de ses proches au centre de ses priorités existentielles.
La bande originale bénéficie d'une mention spéciale délicieuse grâce aux compositions élégantes de Danny Elfman, associées à une sélection de morceaux pop et de jazz rétro mémorables. La scène où Nicolas Cage chante maladroitement la chanson ""La La (Means I Love You)"" à sa femme pour son anniversaire reste l'un des moments musicaux les plus touchants et cultes du film.
Le long-métrage a acquis au fil des ans le statut de grand classique moderne du cinéma de Noël, faisant l'objet de diffusions télévisées annuelles traditionnelles en décembre et restant l'une des comédies romantiques les plus appréciées de la filmographie de Nicolas Cage.