Moïse et Ramsès grandissent ensemble comme des frères au sein de la cour égyptienne, unis par une profonde loyauté malgré leurs différences de statut. Lorsque Ramsès accède au trône, il découvre que Moïse est en réalité d'origine hébraïque et le bannit du royaume, le condamnant de fait à une mort quasi certaine dans le désert. Des années plus tard, Moïse revient, investi d'une mission divine, pour libérer le peuple hébreu réduit en esclavage et affronter la tyrannie de son ancien frère devenu pharaon. Ce conflit fraternel et spirituel va déclencher une série de fléaux destinés à faire plier l'Égypte tout entière.
Ridley Scott développe le projet Exodus: Gods and Kings à partir de 2012, avec l'ambition de proposer une relecture épique et spectaculaire de l'histoire biblique de Moïse et de l'Exode des Hébreux hors d'Égypte. Le scénario, écrit à quatre mains par Adam Cooper, Bill Collage, Jeffrey Caine et Steven Zaillian, s'appuie sur le récit du Livre de l'Exode tout en cherchant des explications plus rationnelles à certains miracles, notamment une origine sismique et tsunamique pour l'ouverture de la mer Rouge. Le film, initialement titré simplement Moses, est renommé Exodus: Gods and Kings après que la MGM eut fait valoir ses droits sur le titre Exodus. Le tournage se déroule principalement en Espagne à partir d'octobre 2013, avec des prises de vue complémentaires aux studios Pinewood en Angleterre. Le projet est dédié à Tony Scott, frère du réalisateur, décédé peu avant le lancement de la production.
Résumé des critiques professionnelles : Exodus: Gods and Kings reçoit un accueil critique majoritairement négatif, de nombreux observateurs reprochant au film un scénario jugé mou et une mise en scène qui privilégie le spectacle visuel au détriment de l'émotion. Si les scènes de fléaux et les effets visuels sont globalement salués, le rythme général du film et la caractérisation des personnages sont fréquemment critiqués. Le film suscite également une importante controverse concernant le choix d'acteurs majoritairement occidentaux pour incarner des personnages du Proche-Orient antique. Réception du public : Le film obtient un succès commercial mitigé au regard de son budget très élevé, générant environ 268 millions de dollars de recettes mondiales pour un coût de production compris entre 140 et 200 millions de dollars. Le public se montre partagé, certains spectateurs saluant l'ampleur visuelle du spectacle biblique tandis que d'autres regrettent un traitement jugé trop académique de l'histoire. Le film est par ailleurs interdit de diffusion en Égypte et aux Émirats arabes unis, les autorités locales invoquant des inexactitudes historiques. Récompenses obtenues : Exodus: Gods and Kings obtient deux nominations aux Saturn Awards, principalement pour ses qualités techniques et visuelles, sans toutefois s'imposer comme un film marquant lors des grandes cérémonies de récompenses.
Inspirations du réalisateur : Ridley Scott a choisi de privilégier une approche plus rationnelle des événements bibliques, expliquant par exemple l'ouverture de la mer Rouge par un tsunami provoqué par un tremblement de terre sous-marin, plutôt que par une intervention strictement surnaturelle. Difficultés de production : Le tournage en Espagne, choisi pour ses paysages désertiques capables de recréer l'Égypte antique, a nécessité une logistique considérable pour la construction des décors monumentaux et la gestion de figurants nombreux lors des scènes de fléaux et de bataille. Anecdote sur une scène particulière : La reconstitution des dix plaies d'Égypte a représenté l'un des plus grands défis techniques du tournage, mêlant effets pratiques et images de synthèse pour donner corps à des phénomènes aussi variés que l'invasion de sauterelles ou la transformation du Nil en sang. Casting initialement prévu : Le choix de Christian Bale et Joel Edgerton pour incarner Moïse et Ramsès a suscité une vive polémique dès l'annonce du casting, de nombreux observateurs dénonçant l'absence d'acteurs originaires du Proche-Orient pour des rôles historiquement situés en Égypte antique.
Exodus: Gods and Kings explore la relation fraternelle complexe entre Moïse et Ramsès, unis par leur enfance commune mais séparés par leurs origines et leurs convictions respectives. Le film questionne également la nature de la foi et du rapport à Dieu, Moïse étant confronté tout au long du récit à une divinité exigeante et parfois effrayante. La tyrannie et l'esclavage occupent une place centrale, le récit dénonçant l'oppression subie par le peuple hébreu sous la domination égyptienne. Le film aborde aussi la question du sacrifice et du devoir, Moïse devant renoncer à son statut privilégié pour accomplir sa mission libératrice. Enfin, la confrontation entre raison et surnaturel traverse l'ensemble du récit, Ridley Scott cherchant constamment un équilibre entre explication rationnelle et dimension mystique des événements bibliques.
Après la mort de son fils aîné, dixième et dernière plaie infligée à l'Égypte, Ramsès finit par céder et autorise le départ des Hébreux, conduits par Moïse à travers le désert vers la mer Rouge. Poursuivis par l'armée égyptienne, les Hébreux parviennent à traverser la mer Rouge grâce à un phénomène naturel exceptionnel, avant que les eaux ne se referment brutalement sur les troupes de Ramsès venues les rattraper. Le film se conclut sur une note plus intime, montrant un Moïse vieillissant achevant la rédaction des tables de la loi, tandis que Ramsès, resté seul et vaincu, contemple les conséquences de son entêtement, offrant une dernière confrontation silencieuse entre les deux anciens frères devenus ennemis.
Le titre Exodus fait directement référence au Livre de l'Exode, second livre de la Bible hébraïque et de l'Ancien Testament, qui relate la sortie d'Égypte du peuple hébreu conduit par Moïse. Le sous-titre Gods and Kings, ajouté après un conflit de droits sur le simple titre Exodus, souligne quant à lui l'affrontement central du film entre pouvoir divin et pouvoir royal, incarnés respectivement par Dieu et par le pharaon Ramsès.
Les amateurs d'Exodus: Gods and Kings apprécieront naturellement Les Dix Commandements, film culte de Cecil B. DeMille sorti en 1956, qui aborde le même récit biblique de façon plus classique. Le Prince d'Égypte, version animée de l'histoire de Moïse produite par DreamWorks en 1998, séduira également les spectateurs curieux d'une approche différente du même sujet. Noé, réalisé par Darren Aronofsky la même année, partage cette ambition de relecture spectaculaire d'un récit biblique majeur, tout comme Gladiator, autre grande fresque historique signée Ridley Scott.