Boring, Oregon, 1996. Luke est un garçon de quatorze ans qui rejoint le club audiovisuel de son lycée — un groupe de marginaux passionnés de cinéma qui vont se retrouver impliqués dans le tournage d'un film scolaire épique. Luke tombe éperdument amoureux de Kate, la fille timide du proviseur, qui découvre au même moment sa propre identité et les premières émotions de sa vie amoureuse. Une comédie adolescente des années 90 qui mélange nostalgie musicale, maladresses sentimentales et quête identitaire dans l'Amérique grunge et cassettes.
Everything Sucks ! est une série Netflix créée par Ben York Jones et Michael Mohan, tous deux anciens adolescents des années 1990 qui voulaient capturer avec authenticité l'atmosphère de cette décennie particulière — le grunge, les cassettes VHS, les premiers groupes de discussion en ligne, l'ère pré-internet généralisé. Jones et Mohan avaient collaboré précédemment sur Like Crazy (2011), et cette série représentait leur premier projet long pour la télévision. La ville de «Boring, Oregon» existe réellement — son nom improbable a inspiré l'idée d'un lycée banal où des choses extraordinaires (pour les adolescents qui les vivent) se produisent. La série a été saluée pour sa représentation sincère de l'éveil à l'identité sexuelle, notamment à travers le personnage de Kate.
Résumé des critiques professionnelles : Everything Sucks ! a reçu un accueil critique très positif à sa sortie en février 2018, la presse saluant l'authenticité de la représentation des années 1990 et la délicatesse avec laquelle le coming-out de Kate était traité. Beaucoup ont comparé la série à Freaks and Geeks (1999) pour son regard tendre et précis sur la marginalité adolescente. La bande originale, constituée de hits des années 90, a été unanimement applaudie.
Réception du public : La série a été bien reçue par le public et a rapidement acquis une base de fans fidèles, notamment parmi les adolescents LGBTQ+ qui se reconnaissaient dans le personnage de Kate. La nostalgie des années 90 a aussi joué un rôle important dans son attrait.
Inspirations du réalisateur : Ben York Jones et Michael Mohan ont puisé dans leurs propres souvenirs d'adolescents des années 1990 pour créer une série qui sonnait juste — les vêtements, la musique, les expressions, les attitudes. Ils voulaient une reconstitution affectueuse et précise, pas une caricature nostalgique.
Anecdote sur une scène particulière : Le tournage du film dans le film — le projet audiovisuel catastrophique du club — est l'une des séquences les plus drôles et les plus touchantes de la série, résumant en quelques scènes toute la maladresse créatrice de l'adolescence.
Everything Sucks ! explore la marginalité adolescente et la façon dont les «clubs de losers» créent souvent les amitiés les plus profondes. La quête identitaire — notamment l'éveil à l'orientation sexuelle de Kate — est au cœur de la série, traitée avec une douceur et une précision rares. La nostalgie des années 1990 est un moteur thématique constant, mais jamais un obstacle — la série rappelle que les années 90 étaient aussi l'époque où être différent pouvait coûter cher. La création artistique comme espace de liberté — le club audiovisuel comme refuge — est un thème central.
La saison unique s'achève sur des notes de réconciliation et d'ouverture : Luke et Kate ont grandi, Kate a commencé à s'accepter, et les différents groupes sociaux du lycée ont trouvé un terrain commun autour de leur projet artistique partagé. La fin est douce et mélancolique — Everything Sucks ! n'a eu qu'une saison, annulée par Netflix, ce qui lui confère aussi une dimension d'inachèvement poétiquement cohérente avec son titre.
Everything Sucks ! («tout est nul !») est l'expression adolescente par excellence — cette conviction que tout va mal, que tout est décevant, que le monde ne comprend rien à rien. Ce titre résume le sentiment intérieur de toute une génération d'adolescents des années 90, porteurs du grunge et du désenchantement de l'époque. Mais c'est aussi ironique : dans la série, même quand «tout est nul», les choses les plus importantes — l'amitié, l'amour, la création — se passent.
La bande originale d'Everything Sucks ! est l'un de ses atouts les plus célébrés. Elle réunit une sélection soigneuse de hits des années 1990 — Alanis Morissette, Oasis, Radiohead, Veruca Salt, Sublime — qui reconstituent avec précision l'atmosphère musicale de la décennie grunge. La série utilise la musique non pas comme simple fond sonore mais comme marqueur émotionnel et générationnel, chaque morceau ancrant les personnages dans leur époque avec une authenticité qui a fortement contribué à la popularité de la série.
Everything Sucks ! a été annulée par Netflix après une seule saison en mars 2018, malgré son accueil critique positif — une décision qui a suscité la déception des fans. La série reste disponible sur Netflix et continue d'être recommandée comme l'une des meilleures séries adolescentes de la plateforme. Ben York Jones et Michael Mohan continuent de travailler dans l'industrie audiovisuelle américaine.
Everything Sucks ! s'inscrit dans la tradition des séries adolescentes des années 2000 comme Freaks and Geeks (1999) de Paul Feig ou My So-Called Life (1994). Pour le coming-of-age LGBTQ+, Love, Simon (2018) ou Heartstopper (série, 2022) partagent la même sensibilité. La nostalgie des années 90 est aussi présente dans Stranger Things (série Netflix) et The Goldbergs (série ABC).