Erin Brockovich est une mère célibataire sans diplôme, sans emploi et fauchée qui réussit à se faire embaucher comme assistante juridique dans le cabinet de son avocat. En classant des dossiers, elle découvre presque par hasard les traces d'une contamination massive de l'eau potable à Hinkley, en Californie, par la compagnie Pacific Gas & Electric, qui a délibérément caché ses rejets de chrome hexavalent dans la nappe phréatique locale. Guidée par son instinct et son entêtement hors du commun, elle va construire seule le plus grand dossier de recours collectif de l'histoire du droit américain, représentant plus de 600 habitants contaminés.
Erin Brockovich, seule contre tous est basé sur l'histoire vraie d'Erin Brockovich, assistante juridique qui a effectivement mené ce combat judiciaire exemplaire à partir de 1993. L'affaire, qui s'est conclue en 1996 par un accord de 333 millions de dollars — à l'époque le plus grand règlement de recours collectif de l'histoire américaine —, était déjà bien documentée dans la presse quand le réalisateur Steven Soderbergh et le producteur Danny DeVito ont décidé d'en faire un film. Le scénario a été écrit par Susannah Grant, qui a rencontré la vraie Erin Brockovich pour s'imprégner de sa personnalité. Julia Roberts a été immédiatement attirée par ce personnage de femme forte, frondeuse et inattendue, et a mis tout son poids de star dans le projet. La vraie Erin Brockovich fait une apparition dans le film en serveuse de restaurant.
Résumé des critiques professionnelles : Erin Brockovich a reçu des éloges quasi unanimes, la presse saluant la flamboyante performance de Julia Roberts et la mise en scène efficace et sobre de Soderbergh. Le film a été qualifié de «thriller juridique populiste» qui réussit à rendre passionnants des enjeux environnementaux complexes.
Réception du public : Avec 256 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 52 millions, le film a été l'un des plus grands succès de l'année 2000. Julia Roberts est devenue la première actrice à décrocher un salaire de 20 millions de dollars pour ce film.
Récompenses obtenues : Julia Roberts a remporté l'Oscar de la meilleure actrice en 2001 — la distinction la plus célébrée de sa carrière. Le film a également été nominé aux Oscars dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur second rôle masculin (Albert Finney) et meilleur scénario original.
Inspirations du réalisateur : Steven Soderbergh voulait filmer Erin Brockovich comme un personnage complexe et contradictoire — à la fois irritante dans son manque de subtilité et magnétique dans son énergie. Il refusait d'en faire une héroïne lisse et prévisible, voulant que les imperfections du personnage soient aussi visibles que ses forces.
Casting initialement prévu : Sharon Stone avait été envisagée pour incarner Erin Brockovich avant que Julia Roberts ne s'empare du rôle. Ce choix de Roberts a fondamentalement modifié la dimension commerciale du projet — sa présence a multiplié le budget et les attentes.
Erin Brockovich explore la responsabilité des entreprises face aux dommages environnementaux qu'elles causent — et leur stratégie de dissimulation et de déni face aux victimes. Le film célèbre le courage d'un individu ordinaire qui, sans diplôme ni réseau, parvient à tenir tête à une multinationale grâce à sa seule détermination. La condition des femmes dans le monde du travail est traitée avec humour et franchise — Erin combat à la fois les injustices environnementales et les préjugés sur sa tenue et son manque de formation. Enfin, le film est une ode à la justice populaire — ces recours collectifs qui permettent aux victimes ordinaires de défier des géants corporatifs.
L'accord de 333 millions de dollars est obtenu — le plus grand versement jamais imposé dans un procès américain direct. Erin reçoit une prime de 2 millions de dollars — la plus haute jamais accordée à une assistante juridique. La fin est le triomphe d'une femme que tout le monde avait sous-estimée, et la victoire des habitants de Hinkley dont la souffrance était réelle et trop longtemps niée. Le film se conclut sur un sentiment de justice accomplie qui ose être satisfait sans fausse modestie.
Erin Brockovich est simplement le nom de la protagoniste réelle. Ce choix de titrer le film d'un nom propre dit l'essentiel : c'est l'histoire d'une femme réelle, pas d'une héroïne de fiction. Le sous-titre français «seule contre tous» ajoute la dimension davidienne du combat — une femme sans ressources ni alliés face à une multinationale et à ses armées d'avocats.
Erin Brockovich reste l'un des plus grands films populaires sur l'activisme environnemental et juridique. La vraie Erin Brockovich est devenue consultante en environnement et continue de défendre des victimes de pollution à travers les États-Unis — notamment dans des affaires liées à la contamination de l'eau potable qui résonnent douloureusement avec la crise de Flint, Michigan. Disponible en VOD et sur les plateformes de streaming.
Erin Brockovich s'inscrit dans la tradition des thrillers juridiques à dimension civique comme Philadelphia (1993) de Jonathan Demme ou À la dérive (1998) de Jan De Bont. Dark Waters (2019) de Todd Haynes revisit le même territoire des recours contre une multinationale polluante. Michael Clayton (2007) de Tony Gilroy explore les coulisses des cabinets d'avocats au service des corporations. Norma Rae (1979) de Martin Ritt partage la même figure d'une femme ordinaire qui défie un système.