Elliot Richards, employé informatique timide et malheureux en amour, est prêt à tout pour séduire sa collègue Alison dont il est secrètement amoureux. Le diable en personne, sous les traits d'une femme fatale, lui propose un pacte : sept vœux exaucés en échange de son âme. Chaque souhait formulé se transforme en situation catastrophique, le diable détournant systématiquement ses demandes de façon perverse. Elliot doit alors comprendre ce qui compte réellement pour être heureux, avant qu'il ne soit trop tard pour se racheter.
Endiablé est un remake du film britannique éponyme sorti en 1967, dont Harold Ramis a voulu conserver le postulat fantastique tout en modernisant considérablement le contexte et l'humour. Le scénario original n'est tiré ni d'un livre ni d'une histoire vraie, mais s'inspire du mythe classique du pacte faustien revisité sur un mode comique. Ramis souhaitait offrir à Brendan Fraser un rôle mêlant comédie physique et quête existentielle sincère. Il voulait aussi construire une galerie de sketches comiques à travers les différents vœux catastrophiques formulés par le héros, chacun se transformant en situation absurde. Le réalisateur a choisi de féminiser le personnage du diable, incarné par Elizabeth Hurley, pour renouveler l'imagerie traditionnelle associée à cette figure. Le projet s'inscrivait dans la continuité de la carrière de Ramis, déjà connu pour des comédies fantastiques populaires comme Un jour sans fin.
La critique a jugé le film inégal, saluant certains sketches comiques réussis tout en regrettant un ensemble parfois répétitif dans sa structure épisodique. Plusieurs journaux ont souligné le charisme d'Elizabeth Hurley dans le rôle du diable, considéré comme l'un des points forts du film. D'autres critiques ont estimé que Brendan Fraser peinait parfois à porter seul l'ensemble du récit sur la durée. Le public a réservé un accueil modéré au film, qui n'a pas rencontré le succès commercial espéré à sa sortie en salles. Les spectateurs ont néanmoins apprécié l'humour visuel généré par les différents vœux catastrophiques du héros. Le film a depuis trouvé un public plus fidèle lors de ses diffusions télévisées répétées. Le film n'a pas été récompensé lors de cérémonies prestigieuses et n'a pas non plus été particulièrement retenu dans les sélections de festivals reconnus.
Harold Ramis s'est inspiré directement du film britannique original de 1967 pour construire cette relecture américaine du mythe faustien. La production a dû imaginer sept univers visuels distincts correspondant à chacun des vœux catastrophiques du héros, ce qui a nécessité un travail de costumes et de décors particulièrement varié. La transformation d'Elliot en rappeur, en basketteur ou encore en président des États-Unis a nécessité des changements de registre comique très différents d'une séquence à l'autre. Brendan Fraser a dû interpréter de nombreux personnages radicalement différents tout au long du film, un défi d'acteur salué par la production. Le rôle du diable avait été envisagé pour plusieurs actrices avant qu'Elizabeth Hurley ne soit choisie pour incarner cette figure séductrice et perverse.
Le film explore la thématique classique du pacte faustien et des conséquences imprévues de désirs mal formulés. Il aborde également la quête du bonheur authentique, souvent confondu à tort avec la richesse, la popularité ou le pouvoir. La question de l'amour sincère, au-delà des apparences et des artifices, occupe une place centrale dans l'évolution du personnage principal. Le film traite aussi, avec humour, de la manipulation et de la mauvaise foi, incarnées par le personnage du diable. Enfin, il interroge la responsabilité individuelle face aux tentations et aux raccourcis faciles vers le bonheur.
À la fin du film, Elliot comprend que son ultime souhait ne doit pas porter sur lui-même mais sur le bonheur véritable d'Alison, geste d'altruisme qui lui permet finalement d'échapper au pacte diabolique. Cette prise de conscience marque l'aboutissement de sa transformation intérieure, d'homme égoïste et naïf à personnage capable de sacrifice désintéressé. Le diable, vaincu par cet acte de générosité inattendu, doit renoncer à réclamer son âme, la clause du contrat étant techniquement respectée sans que cela profite réellement au mal. Cette conclusion souligne le message moral du film : le véritable bonheur naît de l'amour désintéressé plutôt que de la satisfaction de désirs égoïstes. Elliot termine le film métamorphosé, plus mature et sincère qu'au début de son aventure.
Le titre français Endiablé fait directement référence au pacte conclu avec le diable au cœur de l'intrigue du film, jouant sur le double sens d'une vie soudainement transformée par une influence démoniaque. Le titre original, Bedazzled, signifiant littéralement ébloui ou fasciné, renvoie à l'éblouissement d'Elliot face aux promesses tentantes du diable incarné par une femme séduisante. Ces deux titres soulignent ainsi la dimension à la fois fantastique et morale du récit, entre tentation et rédemption.
Endiablé reste aujourd'hui une comédie fantastique appréciée pour son casting et son postulat classique revisité avec humour. Brendan Fraser a depuis connu un retour marquant sur le devant de la scène cinématographique après plusieurs années plus discrètes. Elizabeth Hurley reste associée à ce rôle emblématique de séductrice diabolique. Le film continue d'être régulièrement diffusé à la télévision et reste une référence parmi les comédies fantastiques du tournant des années 2000.
Les amateurs de ce film pourront apprécier Un jour sans fin, autre comédie fantastique réalisée par Harold Ramis explorant la transformation personnelle à travers un postulat surnaturel. Le film britannique original de 1967, dont ce long-métrage constitue le remake, séduira les curieux de l'œuvre originelle. Faust, œuvre littéraire classique, éclaire les origines du mythe du pacte diabolique revisité ici sur un mode comique. Enfin, Le Diable s'habille en Prada propose une autre variation moderne sur la tentation et le compromis moral.