Angela, journaliste de télévision, suit avec son cameraman Scott une équipe de pompiers lors d'une nuit de service ordinaire à Los Angeles. Un appel les mène dans un immeuble résidentiel où une vieille femme semble très agitée. Quand ils réalisent que les résidents de l'immeuble sont atteints d'une maladie qui les rend violents et incontrôlables, les autorités décident de mettre en quarantaine tout le bâtiment — habitants, pompiers et journalistes compris. Remake américain du film espagnol [REC], Quarantine transpose avec efficacité l'un des found footage les plus intenses de son époque dans un contexte américain reconnaissable.
Quarantine est le remake américain du film espagnol [REC] (2007) de Jaume Balagueró et Paco Plaza, qui avait été l'une des révélations du cinéma d'horreur de cette année-là avec sa caméra portée permanente et son escalade de tension quasi insoutenable dans le huis clos d'un immeuble barcelonais. Dowdle avait été profondément impressionné par [REC] et a voulu transposer ce concept pour un public américain qui n'aurait pas nécessairement vu l'original en version originale espagnole. La décision de transposer plutôt que de simplement distribuer [REC] en version doublée reflétait la conviction du producteur que le public américain répondrait mieux à des cadres culturels et des environnements qui lui sont familiers — pompiers américains, building américain, télévision locale américaine. Le scénario a ainsi conservé la structure et l'escalade de l'original tout en remplaçant les détails espécifiquement espagnols par leurs équivalents américains.
Résumé des critiques professionnelles : Quarantine a reçu des critiques favorables de la part des journalistes américains qui ne connaissaient pas [REC], et des critiques plus réservées de la part de ceux qui avaient vu l'original espagnol et le trouvaient inévitablement supérieur. La fidélité de la transposition a été saluée comme une qualité tout en étant, paradoxalement, sa principale limite créative — Dowdle ne cherchant pas à surpasser son modèle mais à le rendre accessible.
Réception du public : Le film a connu un bon succès commercial aux États-Unis, le public americain découvrant à travers lui le concept d'un found footage de zombie/infection qui lui était moins familier qu'il ne l'est devenu depuis. La tension du film a fonctionné efficacement sur un public vierge de [REC].
Récompenses obtenues : Quarantine n'a pas reçu de distinctions notables, son statut de remake le plaçant hors des catégories habituellement récompensées. Il est généralement considéré comme inférieur à [REC] par les connaisseurs du genre.
Inspirations du réalisateur : John Erick Dowdle s'est inspiré directement de [REC], dont il a conservé de nombreuses scènes plan par plan, tout en cherchant à Américaniser le film pour qu'il résonne naturellement avec les codes et les angoisses propres au public américain — notamment la peur de la contamination et la méfiance envers les autorités gouvernementales.
Difficultés de production : Filmer entièrement en caméra portée dans des espaces étroits et obscurs tout en maintenant une lisibilité suffisante de l'action représentait les mêmes défis techniques que l'original espagnol, que Dowdle avait pu étudier minutieusement pour les résoudre de façon similaire.
Casting initialement prévu : Jennifer Carpenter, connue pour la série Dexter, a été choisie pour jouer Angela en raison de sa capacité naturelle à exprimer la panique et la terreur d'une façon qui semblait authentique plutôt que performée, qualité essentielle pour maintenir l'illusion documentaire du found footage.
Quarantine, comme [REC], explore la peur de la contamination et la claustrophobie institutionnelle — être enfermé contre son gré par une autorité qui nie toute information et coupe toute communication. La caméra comme dernier lien avec le monde extérieur, seul outil de transmission possible d'une vérité que les autorités voudraient dissimuler, est le motif central du film. La rapidité de la dégradation de la situation — en quelques heures, un bâtiment ordinaire devient un enfer — est une métaphore de la fragilité de l'ordre social face à la catastrophe. Enfin, la solidarité entre inconnus dans la crise est testée jusqu'à l'extrême limite par la nature contagieuse de la menace.
La révélation finale — que la maladie est le résultat d'une expérimentation sectaire sur la rage et la possession démoniaque — transforme rétrospectivement le film d'un simple survival infection en quelque chose de plus ambigu, mêlant l'horreur biologique à l'horreur religieuse. Angela et Scott sont les derniers survivants et sont traînés dans l'obscurité par le patient zéro alors qu'ils tentent de s'échapper, l'image s'éteignant sur leur disparition. La fin est la même que l'original espagnol, dans son refus absolu de la survie ou du dénouement rassurant.
Quarantine — Quarantaine — désigne le dispositif sanitaire qui piège les personnages dans l'immeuble mais constitue aussi une métaphore du film found footage lui-même : des images mises en quarantaine, retenues, dont la diffusion est contrôlée par des autorités qui préfèrent que leur contenu ne soit pas vu. La quarantaine est à la fois la situation des personnages et celle de la vérité que leur caméra enregistre.
Quarantine reste principalement intéressant dans son rapport à [REC] — l'original espagnol dont il confirme rétrospectivement l'exceptionnelle qualité par comparaison. Le film a engendré une suite directe, Quarantine 2 (2011), sans rapport avec [REC] 2 et de moindre qualité. John Erick Dowdle a depuis réalisé d'autres films d'horreur comme Devil (2010) et No Escape (2015).
[REC] de Jaume Balagueró et Paco Plaza (2007) est l'original espagnol dont ce film est le remake direct, et reste supérieur à tous égards. Paranormal Activity de Oren Peli (2007) partage le même format de found footage et a rencontré la même année. 28 Jours Plus Tard de Boyle (2002) explore le même type de contamination rapide et violente. The Crazies de Breck Eisner (2010) traite d'une épidémie de rage similaire dans un contexte américain sans found footage. Enfin, Contagion de Soderbergh (2011) aborde la peur de l'épidémie dans un registre réaliste sans horreur mais avec une précision documentaire comparable.