Georges et Camille forment un couple fantasque et passionné, vivant leur existence comme une fête permanente rythmée par la chanson "Mr Bojangles" qu'ils écoutent en boucle. Leur fils, témoin émerveillé de cette vie extraordinaire, grandit au cœur de cette folie douce et de cet amour débordant. Mais peu à peu, le comportement de Camille laisse transparaître des signes inquiétants d'un déséquilibre psychologique de plus en plus difficile à ignorer. La famille doit alors affronter la dure réalité qui vient percuter leur bulle de fantaisie et de légèreté apparente.
Le film adapte le roman à succès d'Olivier Bourdeaut, publié en 2015 et rapidement devenu un phénomène littéraire salué pour son style enlevé et sa capacité à mêler légèreté et gravité dans le portrait d'une famille hors norme. Régis Roinsard, séduit par la dimension romanesque et musicale du roman, a voulu préserver l'équilibre délicat entre fantaisie enchanteresse et tragédie sous-jacente qui caractérise l'œuvre originale. Le réalisateur s'est particulièrement attaché à retranscrire le regard de l'enfant narrateur du roman, cherchant à préserver au cinéma cette focalisation si particulière sur l'émerveillement enfantin face à la folie grandissante de sa mère. L'adaptation a nécessité un important travail de réécriture pour transposer à l'écran la voix littéraire très singulière du roman original.
L'accueil critique a été partagé, certains saluant la reconstitution flamboyante et l'énergie du film ainsi que la performance habitée de Virginie Efira, tandis que d'autres ont jugé l'adaptation trop sage par rapport à l'inventivité stylistique du roman original. Plusieurs observateurs ont néanmoins salué la capacité du film à aborder frontalement la question de la maladie mentale sans jamais sombrer dans le pathos excessif.
Le public, nombreux à avoir découvert au préalable le roman à succès d'Olivier Bourdeaut, a réservé un accueil chaleureux au film, séduit par son atmosphère envoûtante et par la alchimie entre Romain Duris et Virginie Efira. Le film a connu un bon succès en salle, porté par la notoriété préexistante du roman auprès du grand public français.
Le film n'a pas été particulièrement distingué lors des grandes cérémonies de récompenses, restant avant tout un succès populaire porté par l'engouement pour son matériau littéraire d'origine.
Régis Roinsard s'est directement inspiré du roman d'Olivier Bourdeaut, cherchant à en préserver l'équilibre subtil entre fantaisie débridée et gravité sous-jacente, tout en développant sa propre vision cinématographique de cet univers très singulier.
La reconstitution de l'appartement flamboyant du couple, véritable personnage à part entière du récit, a représenté un défi de décoration considérable, l'équipe artistique ayant conçu un espace surchargé de couleurs et d'objets fantasques reflétant la personnalité extravagante de Camille.
Une scène de fête costumée, tournée dans cet appartement haut en couleur, a nécessité une chorégraphie précise entre de nombreux figurants afin de restituer l'énergie chaotique et joyeuse caractéristique du couple.
Virginie Efira s'est particulièrement documentée sur les troubles bipolaires afin d'incarner avec justesse la dégradation psychologique progressive de son personnage, cherchant un équilibre délicat entre fantaisie touchante et détresse réelle.
Le film explore la maladie mentale et son impact sur l'entourage familial, en particulier sur le regard d'un enfant confronté à la dégradation progressive de sa mère. Il aborde également la fantaisie comme échappatoire face à la dureté du réel, le couple ayant construit toute son existence autour d'un refus assumé de la banalité quotidienne. L'amour inconditionnel malgré la souffrance traverse l'ensemble du récit à travers la relation entre Georges et Camille. Le film questionne enfin la frontière ténue entre l'excentricité assumée et la véritable pathologie psychiatrique, brouillant volontairement les repères du spectateur jusqu'aux dernières scènes.
À mesure que l'état psychologique de Camille se dégrade irrémédiablement, Georges doit se résoudre à la faire interner contre son gré, malgré la promesse qu'ils s'étaient faite de ne jamais se laisser enfermer dans une vie ordinaire. Camille, incapable de supporter cette privation de liberté qu'elle assimile à une trahison de leur pacte amoureux, choisit de mettre fin à ses jours plutôt que de vivre enfermée. Cette fin tragique vient percuter brutalement la légèreté apparente du récit, révélant rétrospectivement la gravité de la maladie qui se dissimulait derrière la fantaisie du couple depuis le début du film. Le fils, devenu adulte, referme le récit sur un hommage à la mémoire de sa mère, choisissant de retenir la beauté et l'amour de cette enfance extraordinaire plutôt que sa fin douloureuse.
Le titre "En Attendant Bojangles" fait référence à la chanson "Mr Bojangles", inlassablement écoutée et dansée par le couple tout au long du récit, devenue le symbole musical de leur amour fusionnel et de leur refus commun de céder à la banalité du quotidien.
La chanson "Mr Bojangles", initialement composée par Jerry Jeff Walker et rendue célèbre par plusieurs reprises célèbres, occupe une place centrale et récurrente dans le film, structurant les grands moments de bonheur comme de bascule dramatique du couple.
Le succès du roman original ayant déjà largement précédé celui du film, l'adaptation a contribué à relancer les ventes en librairie de l'ouvrage d'Olivier Bourdeaut plusieurs années après sa publication initiale.
La Vie devant soi (2020), Silver Linings Playbook (2012), Populaire (2012), Amélie Poulain (2001)