Tinja, douze ans, s'entraîne assidûment à la gymnastique sous la pression constante de sa mère, obsédée par l'image d'une famille parfaite qu'elle cultive sur son blog. Une nuit, la fillette découvre un œuf étrange dans la forêt et décide de le ramener secrètement chez elle pour le couver. Lorsque l'œuf éclot, une inquiétante créature en sort, qu'elle baptise Alli et dont elle prend soin en cachette de ses parents. Mais à mesure qu'elle grandit, la créature se transforme en un double monstrueux de Tinja, capable d'agir sur ses pulsions et ses frustrations les plus refoulées.
Egō, présenté à l'international sous le titre Hatching, est le premier long métrage de la réalisatrice finlandaise Hanna Bergholm, écrit par le scénariste Ilja Rautsi à partir d'une histoire originale coécrite avec la réalisatrice elle-même. Le film explore, sous la forme d'un body horror teinté d'humour noir, les ravages du perfectionnisme parental et de la pression sociale exercée sur les jeunes filles, incarnée ici par une mère obsédée par l'image de famille idéale qu'elle diffuse sur son blog. Bergholm a voulu créer une créature la plus organique et la moins numérique possible, confiant sa conception à une marionnette animatronique réalisée par le designer Gustav Hoegen. Le tournage a débuté en juillet 2019 en Lettonie, le casting du rôle principal ayant nécessité une recherche particulièrement exigeante puisque la jeune actrice devait incarner à la fois Tinja et la créature Alli.
Egō a été très bien accueilli par la critique internationale, recueillant un score largement positif sur Rotten Tomatoes où le film est salué comme un message fort enveloppé dans une coquille d'horreur pure, révélant en Hanna Bergholm une nouvelle réalisatrice de talent. Plusieurs critiques ont souligné la performance de Sophia Heikkilä dans le rôle de la mère toxique, ainsi que l'efficacité de la marionnette animatronique incarnant la créature, jugée bien plus organique que des effets numériques. Le public s'est montré globalement conquis, appréciant l'originalité du postulat et l'équilibre trouvé entre satire sociale, fable adolescente et horreur corporelle, même si certains ont trouvé le dénouement un peu prévisible. Egō a remporté le Grand Prix ainsi que le Prix du jeune public au Festival international du film fantastique de Gérardmer 2022, confirmant la reconnaissance critique du film dès sa sortie.
Hanna Bergholm a débuté le casting du film dès 2018, la recherche de l'actrice principale s'étant révélée particulièrement difficile puisque le rôle exigeait d'incarner à la fois la jeune Tinja et la créature Alli qui devient peu à peu son double. Le tournage s'est déroulé à partir de juillet 2019 en Lettonie, la créature ayant été incarnée par une marionnette animatronique conçue par le designer Gustav Hoegen, avant d'être interprétée par différents performeurs à mesure que le monstre évolue au fil du récit. Les effets spéciaux de maquillage ont été confiés à l'artiste Conor O'Sullivan, nommé aux Oscars, ce qui a permis de donner à la créature un rendu particulièrement organique et dérangeant, en cohérence avec le ton du film.
Egō explore le perfectionnisme toxique imposé par une mère obsédée par l'image de la famille parfaite, et la manière dont la pression sociale peut pousser une adolescente à réprimer ses véritables émotions jusqu'à ce qu'elles resurgissent sous une forme monstrueuse. Le film interroge aussi le passage à l'adolescence, la construction de l'identité féminine sous le regard des autres, et la violence latente que peut receler le désir de plaire à tout prix.
Le titre français Egō joue sur la ressemblance visuelle avec le mot anglais egg, l'œuf étant à l'origine de la créature, tout en évoquant la part refoulée de la personnalité de Tinja que cette créature incarne peu à peu ; le titre original, Pahanhautoja, signifie littéralement couveuse de malheur, une expression finnoise désignant celui qui rumine sa rancœur.
On peut rapprocher Egō d'autres œuvres de body horror mettant en scène un double monstrueux né des tensions familiales et sociales, comme les films de David Cronenberg, ou de récits d'adolescence traités par le prisme du fantastique, comme Ginger Snaps.