Bianca est une lycéenne intelligente et dynamique qui mène une vie tranquille jusqu'au jour où son voisin de palier, le sportif populaire Wesley, lui révèle une vérité cruelle. Elle apprend qu'elle est la « DUFF » de son groupe d'amies, c'est-à-dire la fille moins séduisante et plus accessible que les garçons approchent uniquement pour obtenir les faveurs de ses copines sublimes. Blessée dans son amour-propre et humiliée publiquement sur les réseaux sociaux par la terrible Madison, Bianca décide de réagir fermement. Elle conclut un pacte secret avec Wesley : il l'aide à changer d'image et à séduire le garçon de ses rêves, tandis qu'elle lui donne des cours pour sauver son année scolaire.
Cette comédie lycéenne énergique est l'adaptation cinématographique du roman à grand succès écrit par la jeune auteure Kody Keplinger alors qu'elle n'avait que dix-sept ans. L'idée originelle est née du sentiment d'insécurité vécu par l'écrivaine dans les couloirs de son propre lycée, où elle s'est un jour sentie cataloguée sous cet acronyme cruel. L'inspiration est venue de la volonté de dénoncer les étiquettes destructrices imposées aux adolescents à l'ère des smartphones et du cyberharcèlement généralisé. Le réalisateur Ari Sandel a eu l'inspiration de moderniser les codes de la comédie pour ados des années quatre-vingt-dix en y intégrant la culture des mèmes et de la réputation virtuelle instantanée. Le script a été écrit de manière à donner à l'héroïne un humour décapant et une autodérision salvatrice pour le jeune public. La production a misé sur un casting de visages frais et charismatiques pour porter ce message d'acceptation de soi.
La presse professionnelle a accueilli le long-métrage avec des critiques étonnamment positives, saluant la fraîcheur du ton et l'intelligence du message anti-harcèlement développé. Les critiques ont unanimement encensé la performance de Mae Whitman, louant son timing comique irrésistible et son charme naturel loin des standards hollywoodiens habituels. De nombreux journalistes ont apprécié l'alchimie pétillante entre l'héroïne et Robbie Amell, qui transcende les clichés du sportif superficiel au grand cœur. Quelques critiques ont déploré une trame narrative générale qui respecte un peu trop fidèlement les codes établis de la métamorphose lycéenne à la fin du film. Du côté du public, les adolescents ont plébiscité le film en masse, en faisant un véritable succès surprise au box-office américain. Le long-métrage a remporté plusieurs nominations prestigieuses aux Teen Choice Awards.
Le metteur en scène s'est ouvertement inspiré de chefs-d'œuvre du genre des années quatre-vingt signés John Hughes, comme Mean Girls ou Breakfast Club, pour construire sa hiérarchie lycéenne à l'écran. Le tournage s'est déroulé entièrement à Atlanta, en Géorgie, exploitant de véritables établissements scolaires durant les vacances d'été pour asseoir le réalisme des décors. Une anecdote de tournage rapporte que Mae Whitman a insisté pour choisir elle-même les vêtements volontairement amples et décalés de Bianca pour accentuer son refus initial des diktats de la mode. Les difficultés de production étaient liées au calendrier serré, obligeant l'équipe à tourner les scènes de bal de fin d'année en seulement deux nuits intensives. Pour le casting, la présence de Bella Thorne apportait une dimension de peste populaire parfaite pour le rôle de Madison.
Le film explore les thèmes du cyberharcèlement chez les adolescents, de la tyrannie des étiquettes sociales au lycée et de la quête d'estime de soi. Il aborde également l'amitié féminine mise à l'épreuve de la jalousie, les relations de confiance homme-femme et la déconstruction des standards de beauté superficiels.
La conclusion du film se déroule lors du traditionnel bal de fin d'année, où Bianca décide de s'afficher fièrement avec une robe qui reflète sa véritable personnalité, refusant de se cacher. Face aux humiliations publiques répétées orchestrées par Madison, Bianca trouve le courage de prendre le micro pour proclamer que tout le monde est le faire-valoir de quelqu'un d'autre, détruisant ainsi le pouvoir de l'étiquette. Le dénouement montre sa réconciliation émouvante avec ses meilleures amies et sa déclaration d'amour sincère à Wesley, qui plaque la reine du lycée pour la rejoindre. La scène finale montre Bianca épanouie, écrivant son article final sur son ordinateur, libérée des complexes de l'adolescence et prête à entrer dans le monde adulte avec confiance. C'est une fin joyeuse et positive qui célèbre le triomphe de l'authenticité humaine.
Le titre est l'acronyme cruel de « Designated Ugly Fat Friend » (l'amie moche et grosse désignée), terme utilisé ironiquement pour dénoncer les rôles injustes attribués au sein des groupes d'adolescents.
Le long-métrage s'est imposé comme une œuvre culte de la culture pop des années deux mille dix pour la jeunesse et reste massivement visionné et commenté sur les réseaux sociaux pour son message bienveillant.
On peut inscrire cette comédie pour adolescents dans la digne lignée d'autres classiques modernes du genre comme « Lolita malgré moi », « Easy Girl » ou « Dix bonnes raisons de te larguer ».