Sous contrôle judiciaire strict, Yann rêve d'une nouvelle vie loin de la banlieue où il a grandi, mais une dette pressante l'empêche d'envisager tout nouveau départ. Pour s'en acquitter, il accepte la proposition du caïd local Sumaï : convoyer jusqu'en Espagne Dara, une jeune Nigériane prisonnière d'un réseau de prostitution qu'il dirige. Alors que le voyage semble d'abord se dérouler sans accroc, Yann comprend rapidement que Dara n'a nullement l'intention de se laisser conduire docilement vers son exploitation. Traqué de toutes parts, Yann va devoir choisir entre se protéger lui-même et aider Dara à reconquérir sa liberté, au cœur d'un road-movie aussi tendu que violent.
Du crépitement sous les néons est très librement adapté du roman du même nom de Rémy Lasource, pseudonyme d'un policier toujours en exercice au moment de l'écriture de son livre, initialement découvert par le réalisateur Fabrice Garçon à travers un précédent ouvrage du même auteur intitulé Bienvenue en banlieue. Le duo de réalisateurs formé par Fabrice Garçon et Kévin Ossona, connu sous le nom collectif FGKO, signe ici son second long métrage après Voyoucratie sorti en 2018, qui abordait déjà le thème de la délinquance urbaine. Les deux cinéastes ont choisi de s'attaquer frontalement au sujet des réseaux de prostitution nigérians actifs en France, notamment à Paris et dans sa banlieue, un phénomène qu'ils jugent encore trop peu traité au cinéma malgré son ampleur bien réelle. Fabrice Garçon explique avoir été profondément marqué par l'idée que des hommes continuent aujourd'hui de décider du sort d'autres êtres humains, uniquement en fonction de rapports de domination et d'exploitation économique. Le scénario a été co-écrit par Shérazade Khalladi aux côtés des deux réalisateurs, apportant sa propre sensibilité d'écriture à l'adaptation du roman policier original.
La critique française a salué un thriller social efficace et rythmé, saluant l'audace du sujet traité, encore rarement abordé frontalement dans le cinéma hexagonal. Le journal Le Monde a notamment souligné le mérite du film d'installer très rapidement, grâce à son rythme d'action soutenu et à son réalisme cru, une atmosphère à la fois épaisse et fébrile qui happe le spectateur dès les premières minutes. D'autres observateurs ont comparé la démarche esthétisante de FGKO à celle de Martin Scorsese dans sa manière de filmer le monde de la délinquance, un rapprochement qui a pu susciter un certain malaise chez certains critiques face à la stylisation de la violence dépeinte. Les interprétations de Jérémie Laheurte et Tracy Gotoas ont en revanche fait consensus, saluées pour leur investissement dans des rôles physiquement et émotionnellement exigeants.
Le public a réservé un accueil favorable au film lors de sa sortie en salles françaises en novembre 2022, saluant notamment un scénario bien construit et des comédiens investis dans un sujet peu commun pour le cinéma populaire français. Plusieurs spectateurs ont souligné la tension permanente du récit, portée par une mise en scène qu'ils ont jugée particulièrement soignée pour ce type de production à budget modeste.
Le film n'a pas été identifié comme lauréat de récompenses particulières dans les sources disponibles, sa reconnaissance ayant surtout tenu à son accueil critique globalement favorable et à l'originalité de son sujet au sein du paysage cinématographique français.
Fabrice Garçon raconte avoir découvert l'univers littéraire de Rémy Lasource par hasard, en cherchant des romans inspirants pour un futur projet, avant de tomber sur son livre Bienvenue en banlieue puis sur le roman Du crépitement sous les néons qui allait devenir la base de ce second long métrage du duo FGKO. La particularité de ce roman tient à l'identité de son auteur, un policier toujours en activité au moment de l'écriture qui a choisi de publier sous pseudonyme, apportant au récit une authenticité rare sur les mécanismes de la délinquance urbaine et des réseaux criminels. Fabrice Garçon et Kévin Ossona ont souhaité mettre en lumière un phénomène selon eux encore trop peu représenté au cinéma français, celui des réseaux de prostitution nigérians actifs en région parisienne, un sujet qu'ils jugent d'autant plus important à traiter qu'il reste largement méconnu du grand public. Le casting a réuni Jérémie Laheurte, déjà remarqué la même année dans Notre-Dame brûle et Une belle course, et la comédienne Tracy Gotoas, aperçue précédemment dans L'Horizon et Neuilly sa mère, sa mère !, aux côtés d'acteurs comme Abel Jafri et Nacho Fresneda pour incarner les figures du réseau criminel espagnol.
Du crépitement sous les néons explore frontalement le trafic d'êtres humains et l'exploitation sexuelle organisée par des réseaux criminels transnationaux, un sujet encore peu traité par le cinéma français grand public. Le film aborde aussi la spirale de la délinquance et la difficulté à s'en extraire une fois pris dans l'engrenage de la dette et de la violence, à travers le parcours de Yann. La résilience et la détermination des victimes de la traite humaine occupent également une place centrale, incarnées par le personnage de Dara qui refuse de se résigner à son sort. Enfin, le film interroge la possibilité d'une rédemption personnelle et d'une solidarité inattendue entre deux personnages que tout semblait pourtant opposer au départ.
Le film se referme sur la confrontation directe entre Yann et le réseau criminel qui exploite Dara, un affrontement qui pousse Yann à choisir définitivement son camp plutôt que de continuer à naviguer dans une zone grise entre complicité forcée et rédemption personnelle. Cette bascule finale transforme le convoyeur contraint et réticent du début du récit en acteur déterminé de la libération de Dara, complétant ainsi son propre arc de rédemption personnelle amorcé dès les premières scènes du film. La conclusion privilégie une résolution qui célèbre la solidarité née de la nécessité plutôt qu'un simple dénouement d'action, cohérente avec la volonté des réalisateurs de traiter ce sujet grave avec une certaine humanité.
Le titre Du crépitement sous les néons évoque l'ambiance urbaine et nocturne dans laquelle se déroule une grande partie de l'intrigue, entre les bars underground, les quartiers de banlieue et les routes empruntées lors du convoyage de Dara vers l'Espagne. Le mot crépitement renvoie à une forme de tension permanente, presque électrique, qui parcourt le récit du début à la fin, tandis que les néons évoquent la lumière artificielle et froide des lieux de la nuit où se joue le destin des personnages. Ce titre poétique contraste volontairement avec la brutalité du sujet traité, apportant une dimension presque lyrique à ce thriller social par ailleurs très réaliste dans son traitement de la violence.
Du crépitement sous les néons est sorti dans les salles françaises le 16 novembre 2022, produit par Bonne Pioche Cinéma, Logical Pictures et Lip Productions. Le film a ensuite connu une exploitation en DVD et sur les plateformes de vidéo à la demande, confirmant la place progressivement acquise par le duo FGKO dans le paysage du thriller social français après leur précédent film Voyoucratie.
Les amateurs de ce thriller social sur les réseaux criminels transnationaux pourront se tourner vers Les Promesses de l'ombre de David Cronenberg, qui explore lui aussi les rouages de la traite humaine et de la criminalité organisée en Europe, ou vers Sin Nombre de Cary Fukunaga, autre road-movie tendu autour d'un périple forcé et d'une improbable solidarité entre deux personnages traqués.