Martin, professeur d'histoire quadragénaire, traverse une profonde crise existentielle, englué dans la routine et le désenchantement d'une vie qui semble avoir perdu tout éclat. Avec trois collègues et amis proches, il décide de mettre à l'épreuve une théorie selon laquelle l'être humain fonctionnerait mieux avec un taux d'alcool constant dans le sang. Ce qui commence comme une expérience presque scientifique et libératrice bascule peu à peu vers une spirale incontrôlable, entre euphorie retrouvée et dérives inquiétantes. Le film interroge avec justesse la frontière ténue entre évasion salvatrice et autodestruction.
Le scénario s'inspire d'une théorie réelle popularisée par le psychiatre norvégien Finn Skårderud, selon laquelle l'être humain naîtrait avec un déficit d'alcool dans le sang qu'il conviendrait de compenser légèrement pour retrouver créativité et assurance. Thomas Vinterberg s'empare de cette idée pour construire un récit à la fois drôle et bouleversant sur la crise de la quarantaine et le besoin de retrouver un sens à l'existence. Le projet prend une dimension particulièrement personnelle et douloureuse après le décès accidentel de la fille du réalisateur survenu quelques jours seulement après le début du tournage, événement auquel le film est finalement dédié.
Le film est accueilli très favorablement par la critique internationale, saluée pour son équilibre subtil entre comédie sociale et tragédie intime, ainsi que pour la performance magistrale de Mads Mikkelsen, notamment lors de la scène de danse finale devenue emblématique. De nombreux observateurs soulignent la capacité de Thomas Vinterberg à traiter un sujet grave, celui de l'alcoolisme, sans jamais sombrer dans le moralisme ni la caricature. Le public réserve également un accueil enthousiaste au film, qui rencontre un succès notable en salles au Danemark avant de se propager internationalement grâce au bouche-à-oreille et à sa reconnaissance dans les grands festivals. La scène de danse conclusive est rapidement devenue virale et largement partagée sur les réseaux sociaux. Drunk remporte l'Oscar du meilleur film international en 2021, ainsi que le prix de la mise en scène au Festival de Cannes la même année. Thomas Vinterberg obtient également une nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur pour ce film.
Thomas Vinterberg avait initialement envisagé un projet plus léger et festif avant que le tournage ne soit endeuillé par la mort accidentelle de sa fille Ida, survenue quatre jours après le début du tournage, ce qui a profondément transformé la tonalité et l'intention du film, désormais dédié à sa mémoire. La production a dû composer avec cette tragédie personnelle en adaptant le calendrier et l'approche du tournage, l'équipe se soutenant collectivement pour mener le projet à son terme dans des conditions particulièrement éprouvantes. La scène de danse finale de Mads Mikkelsen, devenue l'un des moments les plus célébrés du cinéma européen récent, a été tournée en une seule prise quasiment continue, l'acteur puisant dans sa formation de danseur professionnelle acquise avant sa carrière au cinéma. À l'origine, le scénario prévoyait un dénouement encore plus sombre pour les personnages, que Thomas Vinterberg a choisi d'adoucir après le drame personnel traversé pendant le tournage.
Le film explore la crise de la quarantaine, la perte du sens et de l'élan vital, ainsi que la dépendance à l'alcool envisagée d'abord comme une échappatoire avant de révéler ses dangers. Il questionne également l'amitié masculine, la difficulté de communiquer ses failles, et la possibilité de retrouver une forme de joie de vivre malgré l'adversité.
Après la mort tragique de l'un des quatre amis emporté par les excès de leur expérience, Martin choisit de renoncer définitivement à l'alcool tout en retrouvant, lors d'une célébration de fin d'année scolaire, une explosion de joie et de vitalité purement physique à travers une danse libératrice, suggérant que le véritable remède à son mal-être résidait moins dans l'alcool que dans la redécouverte de l'instant présent.
Le titre original danois, Druk, signifie littéralement "beuverie" ou "soûlerie", renvoyant directement à l'expérience menée par les personnages, tandis que le titre français, Drunk, reprend cette même idée en insistant sur l'état d'ébriété au cœur du récit.
Depuis sa consécration aux Oscars, le film continue d'être régulièrement cité comme l'une des œuvres les plus marquantes du cinéma européen des années 2020, et la scène de danse finale de Mads Mikkelsen demeure un extrait largement partagé et commenté.
La Chasse, Festen, La Communauté.