Deux astronomes découvrent qu'une comète gigantesque fonce droit vers la Terre et menace d'anéantir toute vie sur la planète dans les six mois à venir. Lorsqu'ils tentent d'alerter les autorités et l'opinion publique, ils se heurtent à l'indifférence, au cynisme politique et à la désinformation médiatique généralisée. La présidente des États-Unis, davantage préoccupée par sa popularité que par la menace existentielle, minimise le danger pour des raisons électoralistes. Le film suit leur combat désespéré pour faire entendre la vérité scientifique dans un monde saturé de divertissement et de déni collectif.
Adam McKay, connu pour ses satires politiques et économiques comme "The Big Short" et "Vice", a conçu ce film comme une métaphore directe du déni collectif face au changement climatique, en s'inspirant des difficultés rencontrées par la communauté scientifique pour alerter l'opinion publique sur l'urgence environnementale. L'idée de la comète menaçante lui est venue comme un moyen de rendre visible et incontournable une catastrophe habituellement perçue comme lointaine et abstraite. McKay a coécrit le scénario avec le journaliste David Sirota, s'appuyant sur son expérience de l'écosystème médiatique et politique américain pour construire une satire mordante des mécanismes de désinformation contemporains. Le réalisateur a délibérément choisi un ton de comédie noire pour aborder un sujet aussi grave, convaincu que le rire pouvait être un vecteur efficace de prise de conscience collective.
L'accueil critique a été particulièrement partagé, certains saluant l'audace satirique du film et sa distribution exceptionnelle, tandis que d'autres ont jugé son propos trop appuyé et son humour parfois trop démonstratif pour convaincre pleinement. Plusieurs observateurs ont néanmoins reconnu la pertinence de sa charge contre la désinformation et l'inaction climatique.
Le public s'est montré largement enthousiaste, le film devenant l'un des plus regardés de l'histoire de la plateforme Netflix lors de sa sortie. De nombreux spectateurs ont salué la manière dont le film mettait des mots simples et satiriques sur leur propre frustration face à l'inaction climatique mondiale.
Le film a été nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film ainsi que du meilleur scénario original, et a remporté plusieurs récompenses lors de cérémonies dédiées à la comédie, confirmant son statut de phénomène culturel de l'année.
Adam McKay s'est directement inspiré de la crise climatique et des mécanismes de déni qui l'entourent, ainsi que de son expérience personnelle de militant engagé sur ces questions, pour construire l'ensemble de la satire politique du film.
Le tournage a dû composer avec les strictes contraintes sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, l'ensemble du casting principal ayant dû respecter un protocole rigoureux tout au long de la production menée en grande partie au Massachusetts.
Une scène de talk-show télévisé, tournée avec un rythme volontairement chaotique pour illustrer la superficialité des médias contemporains, a nécessité de nombreuses prises afin de trouver le ton satirique juste recherché par le réalisateur.
Meryl Streep a construit le personnage de la présidente en s'inspirant de plusieurs figures politiques contemporaines sans jamais les incarner directement, cherchant à composer une satire générale du cynisme politique plutôt qu'un portrait ciblé.
Le film constitue avant tout une satire du déni climatique et de l'incapacité collective à agir face à une menace existentielle scientifiquement avérée. Il dénonce également la starisation de la science et la manière dont les médias transforment les enjeux les plus graves en simple divertissement consommable. La corruption et le cynisme du pouvoir politique, prêt à sacrifier l'intérêt général pour préserver sa popularité, traversent l'ensemble du récit. Le film questionne enfin la place de la vérité scientifique dans une société saturée d'opinions contradictoires et de désinformation permanente.
Malgré tous leurs efforts, les deux astronomes ne parviennent pas à empêcher la collision de la comète avec la Terre, une tentative privée d'exploitation minière orchestrée par un magnat de la technologie ayant fait échouer la mission de destruction initialement prévue. Le film se conclut sur l'anéantissement de l'humanité, filmé sur un ton étonnamment paisible, les personnages principaux choisissant de passer leurs derniers instants entourés de leurs proches plutôt que dans la panique. Cette fin radicale et pessimiste tranche avec les codes habituels du film catastrophe hollywoodien, refusant tout sauvetage de dernière minute pour mieux souligner la gravité de son propos allégorique. Une scène post-générique montre la survie improbable d'un petit groupe de privilégiés partis coloniser une autre planète, prolongeant la satire du film jusque dans sa toute dernière image sur les inégalités face aux catastrophes.
Le titre "Don't Look Up" (littéralement "Ne regardez pas en haut") devient un slogan politique utilisé dans le film par les autorités pour inciter la population à ignorer la menace bien réelle de la comète, incarnant à lui seul la mécanique du déni collectif que dénonce l'ensemble du récit.
Le film a rapidement été adopté comme un objet de débat politique et médiatique bien au-delà du monde du cinéma, de nombreux scientifiques et militants climatiques s'étant appropriés son propos pour alimenter leurs propres campagnes de sensibilisation.
The Big Short : Le Casse du siècle (2015), Vice (2018), Armageddon (1998), Idiocracy (2006)