Des années après avoir quitté leur village de Brescello, Don Camillo et Peppone ont tous deux fait carrière à Rome : le premier est devenu prélat au Vatican, le second sénateur de la République. Un conflit local les ramène toutefois sur le terrain de leurs anciennes joutes, lorsque Peppone souhaite faire construire une Maison du peuple à l'emplacement d'une petite chapelle. Le mariage civil du fils de Peppone offre à Don Camillo une nouvelle occasion de reprendre l'avantage sur son éternel rival. Entre chantage amical et coups bas fraternels, les deux hommes retrouvent avec plaisir le goût de leurs affrontements d'antan.
Don Camillo Monseigneur constitue le quatrième volet de la saga cinématographique tirée des nouvelles de Giovannino Guareschi, six ans après La Grande Bagarre de Don Camillo. Le réalisateur italien Carmine Gallone, qui avait déjà repris le flambeau de la série après le départ de Julien Duvivier, retrouve une seconde fois les personnages de Don Camillo et Peppone pour cette nouvelle aventure. L'idée du film consiste à faire évoluer les deux personnages dans leurs nouvelles fonctions institutionnelles, prélat pour l'un, sénateur pour l'autre, tout en les ramenant dans leur village d'origine pour raviver leur rivalité fondatrice. René Barjavel, fidèle collaborateur de la saga depuis son tout premier épisode, signe une nouvelle fois les dialogues français du film.
À sa sortie, Don Camillo Monseigneur reçoit un accueil critique modéré, certains observateurs jugeant ce quatrième épisode moins inspiré que les précédents, la mécanique comique de la saga commençant à montrer des signes d'essoufflement selon une partie de la presse. Le public reste cependant fidèle au duo Fernandel-Gino Cervi, dont la complicité continue de faire recette auprès des familles françaises et italiennes, assurant au film un succès commercial honorable dans la continuité de la saga. Le film ne reçoit pas de récompense marquante à sa sortie, mais s'inscrit dans la longévité remarquable d'une franchise qui aura marqué durablement le cinéma populaire européen des années 1950 et 1960.
Comme pour les épisodes précédents, le tournage s'est déroulé en Italie avec Fernandel et Gino Cervi, dont la complicité à l'écran et à la ville dépassait le seul cadre de la saga Don Camillo, les deux acteurs s'étant également retrouvés dans plusieurs autres films au cours de cette période. Le scénario reprend la structure classique de la saga en confrontant à nouveau les deux personnages sur un différend local concret, ici la construction d'une Maison du peuple à la place d'une chapelle, afin de raviver leur rivalité par un prétexte concret et universel. Les dialogues français du film ont été confiés à René Barjavel, fidèle de la saga depuis 1952, qui a su conserver la tonalité chaleureuse et le sens de la répartie propres à la série malgré le changement de statut social des deux personnages principaux.
Don Camillo Monseigneur poursuit l'exploration de la rivalité amicale entre foi catholique et engagement communiste, tout en interrogeant la manière dont l'ascension sociale et institutionnelle de deux hommes que tout oppose n'entame en rien leur attachement profond à leurs racines communes. Le film aborde également, avec tendresse, la nostalgie du terroir et des origines face aux nouvelles responsabilités que confèrent le pouvoir et la reconnaissance officielle.
Après moult rebondissements autour de la chapelle menacée et du mariage du fils de Peppone, un compromis est trouvé entre les deux hommes, qui ne satisfait pleinement ni l'un ni l'autre mais préserve leur amitié fondamentale. Don Camillo profite de la situation pour obtenir du mariage religieux souhaité pour le fils de son rival, prouvant une fois de plus que leurs éternelles joutes verbales masquent une profonde estime réciproque.
Le titre Don Camillo Monseigneur fait référence à la nouvelle fonction obtenue par le personnage principal, devenu prélat au Vatican, tout en conservant dans son surnom populaire de "Don Camillo" le souvenir de ses origines de simple curé de village.
Le Petit Monde de Don Camillo (1952), La Grande Bagarre de Don Camillo (1955), Don Camillo en Russie (1965).