Domino Harvey, fille de l'acteur britannique Laurence Harvey, délaisse une carrière de mannequin prometteuse pour devenir chasseuse de primes à Los Angeles. Formée par le vétéran Ed Moseby et son acolyte Choco, elle intègre une équipe redoutable qui traque les fugitifs les plus dangereux de la ville. Leur notoriété grandissante attire bientôt une émission de télé-réalité, brouillant les frontières entre spectacle et réalité. Lorsqu'un casse de plusieurs millions de dollars tourne mal, Domino se retrouve interrogée par le FBI et doit reconstituer, à travers ses souvenirs fragmentés, les 36 heures qui ont précédé le chaos.
Domino s'inspire de la vie réelle de Domino Harvey, chasseuse de primes anglaise et fille de l'acteur Laurence Harvey, dont l'histoire hors du commun est portée à la connaissance de Tony Scott en 1994 par un article de presse britannique. Fasciné par cette figure singulière, le réalisateur rencontre Domino Harvey elle-même à Beverly Hills et lui rachète les droits de sa vie pour près de 360 000 dollars. Plusieurs scénaristes se succèdent sur le projet pendant près d'une décennie, Tony Scott refusant systématiquement les versions trop classiquement biographiques, jusqu'à ce que Richard Kelly, remarqué pour Donnie Darko, soit chargé d'écrire une adaptation résolument plus libre et fragmentée. Le film sort tragiquement quelques mois après le décès de Domino Harvey, d'une overdose accidentelle, à qui l'oeuvre est finalement dédiée.
À sa sortie, Domino reçoit un accueil critique majoritairement négatif, de nombreux observateurs reprochant au film son intrigue jugée trop complexe et excessive ainsi qu'un montage frénétique poussé à l'extrême, à l'image du célèbre commentaire de Roger Ebert comparant le rythme du film à celui d'un furet sous amphétamines. Le public se montre également peu réceptif à cette proposition stylistique radicale, ce qui se traduit par un échec commercial pour le film, qui ne rapporte qu'environ 23 millions de dollars pour un budget de 50 millions. Malgré cet accueil défavorable à sa sortie, Domino a depuis gagné une réputation d'oeuvre culte et clivante parmi les amateurs du cinéma frénétique et hyper-stylisé de Tony Scott, certains spectateurs redécouvrant le film avec un regard plus indulgent.
Tony Scott a pensé à Keira Knightley pour le rôle-titre après l'avoir vue dans Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl, convaincu que son tempérament rebelle et son refus des conventions faisaient écho à la personnalité de Domino Harvey. Mickey Rourke a d'abord refusé le rôle d'Ed Moseby, le jugeant trop unidimensionnel, avant d'accepter lorsque Tony Scott a accepté de retravailler le personnage pour lui donner davantage de profondeur. Domino Harvey elle-même a passé plusieurs heures avec le scénariste Richard Kelly pour lui raconter sa vie, et s'est même vue offrir une brève apparition sur le tournage par Tony Scott, quelques mois avant son décès prématuré. Le tournage s'est déroulé à Los Angeles puis dans le Nevada, notamment au Hoover Dam et à l'hôtel Stratosphere de Las Vegas, dont l'utilisation dans le film a été négociée directement avec les propriétaires du casino.
Domino explore la quête d'identité d'une femme refusant les conventions sociales de son milieu d'origine pour se forger une existence à sa propre mesure, quitte à évoluer dans un univers marginal et violent. Le film interroge également la frontière de plus en plus poreuse entre réalité et spectacle télévisuel, la traque des criminels par l'équipe de Domino devenant elle-même un objet de divertissement médiatique.
Après avoir démêlé l'écheveau de mensonges et de trahisons qui a conduit au vol des dix millions de dollars, Domino parvient à s'innocenter auprès du FBI en révélant la vérité sur cette affaire complexe mêlant faux-semblants et complicités inattendues. Le film se referme sur une note doucement mélancolique, rappelant que l'histoire s'inspire d'une femme bien réelle dont la vie, tout aussi rocambolesque que romancée à l'écran, s'est achevée tragiquement peu avant la sortie du film.
Le titre Domino reprend simplement le prénom de l'héroïne du film, Domino Harvey, personnage directement inspiré d'une chasseuse de primes britannique bien réelle dont l'existence hors norme a fasciné Tony Scott pendant plus d'une décennie.
True Romance (1993), Man on Fire (2004), Donnie Darko (2001).