Une escouade de soldats britanniques est envoyée en exercice d'entraînement dans les Highlands écossais, censé n'être qu'une simple mission de routine contre une équipe des forces spéciales. Mais la patrouille découvre bientôt les restes sanglants de cette dernière équipe et comprend qu'une menace bien plus terrifiante rôde dans la forêt. Traqués par une meute de loups-garous à la tombée de la nuit, les soldats trouvent refuge dans une ferme isolée avec l'aide d'une mystérieuse naturaliste. Coupés du monde et à court de munitions, ils devront tenir jusqu'à l'aube pour espérer survivre à cette nuit de cauchemar.
Dog Soldiers marque les débuts de Neil Marshall en tant que réalisateur de long métrage, après plusieurs années passées comme monteur dans l'industrie britannique. Grand amateur de cinéma de genre, il conçoit le projet comme un hommage assumé aux films d'horreur et d'action des années 1980, en particulier Aliens de James Cameron, dont il reprend la structure d'un groupe de militaires assiégés par une menace surpuissante. Marshall choisit délibérément de situer l'action dans les paysages sauvages des Highlands écossais afin de conjuguer folklore britannique du loup-garou et tradition du survival horror. Réalisé avec un budget très limité, le film mise sur des effets spéciaux mécaniques et des costumes plutôt que sur les images de synthèse pour donner corps à ses créatures.
À sa sortie, Dog Soldiers reçoit un accueil critique très positif dans la presse spécialisée horreur, saluant l'efficacité de la mise en scène de Neil Marshall, l'humour noir distillé tout au long du récit et le classicisme assumé de son approche du survival horror. Le public de genre réserve au film un accueil enthousiaste, qui lui vaut rapidement un statut culte auprès des amateurs de films de loups-garous, contribuant à faire de Neil Marshall une figure montante du cinéma d'horreur britannique. Bien que n'ayant pas obtenu de récompense majeure lors de sa sortie en salles, le film reçoit plusieurs prix dans des festivals de genre spécialisés et permet à Neil Marshall de lancer une carrière prometteuse, le menant notamment à réaliser The Descent quelques années plus tard.
Pour créer ses créatures, Neil Marshall a délibérément privilégié des costumes et effets mécaniques plutôt que des images de synthèse, jugeant cette approche plus crédible et plus effrayante à l'écran malgré le budget très restreint dont il disposait. Le réalisateur revendique ouvertement l'influence d'Aliens de James Cameron sur la construction narrative de son film, notamment la dynamique de groupe militaire assiégé et la montée en tension progressive face à un ennemi invisible. Le tournage s'est déroulé au Luxembourg plutôt qu'en Écosse pour des raisons budgétaires, la production ayant recréé les paysages des Highlands à l'aide de décors et de choix de cadrage soigneusement pensés pour tromper les spectateurs.
Dog Soldiers explore la camaraderie et la solidarité militaire mise à l'épreuve par une menace surnaturelle totalement hors de contrôle, dans la tradition du survival horror où un groupe assiégé doit apprendre à composer avec la peur et l'épuisement. Le film joue également sur le folklore britannique du loup-garou, en l'ancrant dans un décor rural contemporain qui contraste avec le classicisme du mythe.
Au terme d'une nuit de combat acharné, seul le caporal Cooper survient à l'assaut des loups-garous, aidé par les explosifs improvisés de la ferme, tandis que ses camarades tombent un à un pour permettre sa fuite. Le film s'achève sur une note amère de survie plutôt que de triomphe, laissant entendre que la menace lycanthrope, incarnée jusque dans les rangs mêmes de l'armée, continuera de rôder dans les Highlands écossais.
Le titre Dog Soldiers joue sur un double sens volontairement ambigu, désignant à la fois les soldats confrontés aux créatures canines mutantes du film et, par extension ironique, ces mêmes soldats transformés malgré eux en une sorte de meute traquée dans la forêt écossaise.
Aliens, le retour (1986), The Descent (2005), Predator (1987).